15 février 2014

Défi #286

Juste une image pour guider

vos plumes :

 

livre-foret

 

 Libre interprétation !

A tout bientôt à

samedidefi@gmail.com

 -Une oeuvre de Su Blackwell -

 

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Le porte-plume (Célestine)

cél

Le petit garçon mâchouille son porte-plume. Un beau porte-plume bleu tout mâchouillé au bout.  Le petit garçon regarde le plafond. Les traits du plafond descendent doucement vers lui comme un filet à papillon. Il se sent comme pris au piège. La voix du maître raconte une histoire d’oiseau qui s’envole de sa cage, une histoire de cage qui s’efface, de peinture et d’arc en ciel. Le petit garçon mélange les histoires comme les couleurs de ses crayons. Il dessine un oiseau dans la marge de son cahier de brouillon, à côté des multiplications, et l’oiseau, le bel oiseau bleu porte-plumes quitte les lignes Séyès et s’envole sur le rebord de la fenêtre, il a un petit œil doré de pigeon, et un grand sac de voyage sur le dos. Et de belles plumes bleues un peu mâchouillées au bout. Et le petit garçon arrondit sa bouche et le pigeon sourit. Quelle différence y-a-t-il entre un pigeon ? Viens avec moi, viens ! dit le pigeon. Viens loin du sol, parsemer de vent les nuages, vient faire éclater tes poumons de l’air du vent. Mais le petit garçon doit encore revoir sa conjugaison. Je vais venir,  je voudrais venir,  je viendrai,  je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu. Vingt culs ? dit le pigeon, peut-être pas, mais tu as la bouche en cul-de-poule, tu vas gober les moucherons !

Et le pigeon s’envole. Pourquoi faut-il toujours que tout s’envole ? se dit le petit garçon.

-As-tu fini ta rédaction ? dit le maître.

Et le petit garçon se souvient que le sujet de la rédaction était le rêve.

 

 

En hommage à Robert Doisneau, Jean Rivet, Coluche, Jacques Prévert, Maurice Druon, Selma Lagerlöf, Richard Bach, Jean Richepin, Cocteau et quelques autres grands poètes que j’aime.

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Voilà pourquoi la tour de Pise penche encore (Joe Krapov)

 Oh comme il y a longtemps que je ne vous ai pas gratifié(e)s d'un petit tibouque !
N'oubliez pas de zoomer pour le lire !

Il est téléchargeable ici en pdf et là (mais pendant un mois seulement) au format .doc

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Participation d'Adrienne

Le prof de maths a 55 ans, des verres épais comme des fonds de bouteille et une réputation d’ours.

- Chaque fois qu’on a un test de maths, dit Stijn, le premier de la classe, je stresse comme un fou.
- Mais pourquoi donc ?

Ce n’est pas toujours rationnel, à quoi tient la réputation d’un prof, d’où elle lui vient et s’il la mérite vraiment. Dans le cas du collègue de maths, ses grands coups de gueule le font passer pour un rustre sans cœur – ce qu’il est loin d’être – mais le plus bizarre de tout, c’est qu’il a une réputation d’alcoolique, alors qu’il ne boit que des canettes de coca light.

Puis, tôt ou tard un sourire légèrement moqueur apparaît sur toutes les lèvres quand quelqu’un dit : « En zijn duivenkot ! »

Parce qu’il est colombophile. Donc ringard.

Jusqu’à ce quelqu’un lance :

- L’oncle de ma copine, il est aussi colombophile, et il vend les œufs de ses meilleurs pigeons à 1500 euros pièce !

Au  silence qui suit, on sent tout le respect dû à l’argent, parmi ces jeunes qui font des études d’économie.

- Bon, dit Madame, à moitié rassurée sur la vision qu’ils ont de son collègue. Il se fait tard. Si on allait manger ?

Le pigeonneau, se dit-elle en fermant à clé la porte de sa classe, c’est tout de même excellent. Avec des petits pois et du gratin dauphinois.

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Cartes postales de Homie (par joye)

5000

Vous voudrez bien nous excuser de nous immiscer dans votre conversation, juste le temps de vous signaler qu'aux erreurs de comptage près, ce qui suit se trouve être la cinq millième participation à notre blog.

joye remporte donc le prix y attaché :

notre parfaite considération !

Bien, nous lui laissons la parole...

 

 

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Apprendre à chier sur les piétons en 12 leçons seulement (Stella No.)

Sommaire :

 

st01

 

Préface : De l’importance de perpétuer le rite par Harold The Seagull.

 

Leçon 1. L’alimentation adéquate pour un largage de qualité : la production doit être à la juste consistance pour bien adhérer.

 

Leçon 2. La gymnastique du bassin : bien relever l’arrière-train améliore la circonférence des éclaboussures.

 

Leçon 3. Epreuve de tir : plusieurs sessions d’entrainement du haut de la Tour Eiffel afin de tester votre habileté et acquérir une technique imparable.

 

Leçon 4. Repérer une cible statique : identifier les cibles idéales selon des critères précis (vêtements couteux, en groupe, cheveux bien coiffés…).

 

Leçon 5. Cours de physique météorologique : dompter les vents et autres conditions climatiques afin d’obtenir un rendement idéal.

 

Leçon 6. Repérer une cible en plein vol : épreuve en réel avec défi à relever. Objectifs : toucher un enfant, un adulte et un vieillard en un minimum de temps.

 

Leçon 7.  Infiltration et discrétion : apprendre à se déplacer silencieusement afin de se placer incognito sur une corniche, un toit ou tout autre support suspendu.

 

Leçon 8. Le silence : dompter les roucoulements pour ne pas vous trahir.

 

Leçon 9. Vol en formation : apprentissage des manœuvres et des techniques de vol en groupe, idéal pour larguer en toute discrétion.

 

Leçon 10. Technique du bombardier : peu importe la cible, on largue encore et encore. Nécessite une grande maitrise des sphincters.

 

Leçon 11. Technique du « piquez-fuyez » : passer d’une altitude élevée à la cible en quelques secondes, larguer le produit à la dernière seconde.

 

Leçon 12. Technique du « bord de toit » : parvenir à se déplacer sur une petite surface afin de se retourner face au mur et larguer son chargement sur les passants.

 

Remerciements

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Participation de JAK

jak  Un pigeon par amour pigeonné

 

Je suis un pigeon  casanier, moi Biset perché  haut, sur le  clocher de  ce village moyenâgeux au fin fond des Cévennes dans un petit trou perdu.

 

Là, dessous, dans la cour de l’école, les gamins jouent à Pigeon Vole. Ainsi, mes sombres pensées s’envolent.

 

Je  coule  céans une  existence fadasse  depuis que je suis  devenu casanier.

 

Je n’ai même plus de colombier  pour me ressourcer avec mes compères,  comme je le faisais  au retour de mes péripéties.  Non, ici je vis en catimini tout près  des cloches qui perturbent ma sieste, carillonnant toutes les heures, du lever au coucher du soleil.

 

Pourtant j’en ai vécu de grandes  aventures, mais une belle Colombe m’a pigeonné et depuis je vis presque reclus, enchaîné par l’amour.

 

J’avais hérité du don  de mon aïeul qui  travaillait pour Charles Havas, et  n’avait pas son pareil pour remplacer le facteur. Chargé d’une mission, il trouvait illico sa destination  grâce  à une technique génétiquement ancestrale, imparable : le sens d’orientation. Et comme lui, je partais au loin.

 

Je me remémore, accroché à mon clocher….

 Il y a 5 ou 6 ans, jeunet, j’allais et venais sous  tous les vents.

J’en ai parcouru alors  des mers et des continents, survolé des montagnes

En Russie, j’ai connu  le Sotchi d’avant. J’y ai « jeu-té » un œil, indifférent alors, aux palmiers sur fond de montagnes

Dans l’IOWA, je me suis fait de Joyeux copains, on s’écrit par la voie des Mels.

En  Chine, j’ai volé  à tire d’ailes, car en ce pays les pigeons voyageurs sont souvent  kidnappés  en vue de leur faire pratiquer  des courses d’endurance, avec paris à la clé. Alors, perdue la liberté !

 

Je me souviens, en Indes, dans un monastère, des moines [qui protègent notre race depuis qu’un des nôtres chercha refuge dans l’ombre de Bouddha.],  nous servirent  en abondance des grains pour notre route. Mais au premier coup de gong il fallut repartir et les laisser à leur méditation.

En Egypte, notre patrie d’origine, un compagnon de route m’avait dit de ne point m’y attarder, il avait danger : Là, certains mamelouks gavaient les pigeons, et couic plus personne sur le chemin du retour ! Mais n’exagérait-il pas, un peu chauvin, car il était de la branche des pigeons Nègre à Crinière !

J’ai failli mille fois m’égarer de ma voie. Eole furieux soufflait dans tous les sens et changeait souvent  la Route des Vents. Aucun carrefour, ni sens giratoire pour indiquer la direction dans la tourmente.

Aujourd’hui mes pigeonneaux sont équipés d’un GPS et cela les aide bien, mais je crains qu’ils ne deviennent de vrais Ramiers, et que leurs neurones « spéciaux orientation » soient définitivement  inactifs, tout  comme la calculette a annihilé la pratique du calcul mental chez certains écoliers...

Je ne  manquerais pas  de vous dire  aussi, que  j’ai un cousin à Paris nous entretenons  des relations épistolaires ;  mais il est un peu fier d’habiter la capitale

Sa spécialité est de fienter sur les toits de Notre- Dame, ou sur les belles avenues .C’est un Mondain, de vieille souche française.

Lorsqu’il prend ses vacances, 15 jours par an, il descend dans mon trou isolé, au bout du monde, pour se refaire une santé, -c’est ce  qu’il dit-.

Bien sur, ici, pas de pollution urbaine, rien que du bon air, et alors, nuit et jour il roucoule. Ça le change du bruit des klaxons.

Ce qui lui déplait cependant par chez nous, c’est que dans un champ, à proximité,  on y tire des Pigeons d’Argile, alors là,  il prend son air de Mondain offusqué. Mais moi je ris dans ma collerette, car à Paris c’est bien pire, tous ces pigeons qu’on bague et à qui on demande des comptes, leur indépendance  où est elle?

Mais, vous interrogez-vous, encore jeune, ou presque, et à la retraite ? Plus de vols aux longs cours ?

Et bien oui je me la coule douce.

 Comme je vous l’ai déjà exposé,  j’ai rencontré ma belle Colombe un jour d’escale, (je devais  être encore dans mes nuages), elle m’a promis la paix et l’amour, et je l’ai cru !

 Au premier coup d’œil elle m’a plu, avec sa belle gorge de pigeon, coiffée avec grâce en « aile de pigeon »  (une descendante des pigeonnes de Louis XV) .

A notre union, cependant, elle a mis une clause : elle exigeait que je ne m’envole  plus loin de ses yeux, et je n’ai pu résister quand elle m’a roucoulé :

c’est ainsi Mon Petit  Pigeon !

Je lui suis toujours fidèle. Et le sens de la  fidélité dans notre famille,  on l’a depuis des siècles, même qu’un certain  La Fontaine l’a immortalisé dans un livre :

Deux Pigeons S’aimaient D’amour Tendre.

Et c’est ainsi que depuis,  de voyageur, je suis devenu sédentaire.

Ce qui me console, c’est que vu mon âge, je ne finirai sûrement pas dans une assiette  avec des petits pois !

 

 

PS : Ah, j’oubliais, aujourd’hui 14 février ma Colombine m’envoie, (de son voyage en Russie, où elle a été préposée d’office à la flamme des JO),

Un message crypté : 

jak2

J’en batifole d’aise !

 

Jakolombophile  pour Défi #285 14 02 2014

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le pigeon voyageur (Sergio)

 

  • OH Marcel, viens voir il y a de la lumière chez les Borne
  • Qu’est-ce que tu racontes ? ils sont morts depuis au moins cinq années.
  • Je sais mais je te dis que j’ai vu……… viens voir !!
  • Ah oui tu as raison mais c’est une lanterne. Cela doit être des Roms qui s’installent. Demain avec les copains chasseurs, on les déloge. On va se faire emmerder par ces loqueteux .Viens te coucher.

 

Marcel j’ai préféré appeler la gendarmerie. Ils arrivent et je préfère cela. Avec ta bande d’excités de la gâchette, vous me faites peur. Vous n’êtes capable que de bêtises que tout le monde regrettera après.

 

Je regardai caché derrière le vieux Berlingot de chasse de mon oncle. Ils s’étaient tous armés comme pour partir à la guerre. Heureusement les gendarmes étaient arrivés avant & avaient pris les choses en main. Devant la maison, au milieu des ronces, des herbes folles et des arbres renversés était garé un vieux pick-up Toyota  jaune sale. Le portail avait été ouvert de force. Derrière les vitres sales, ou du moins ce qu’il en restait après le passage de nos frondes, vacillaient des lueurs tremblantes. Le capitaine Anglada, peu rassuré pris son courage à deux mains et bougea son quintal en direction de la maison. Ses deux collègues en retrait assuraient sa sécurité. Ils semblaient peu rassurés et il est vrai qu’avec  ces squatters on ne savait pas trop à quoi s’attendre. Le capitaine de son pas léger mis le pied sur la première marche qui grinça dans le silence épais du petit matin. Aussitôt la lumière à l’intérieur s’éteignit. Plus personne n’osait respirer. De mon observatoire je voyais la sueur dégouliner dans le cou du capitaine. Il s’avança et frappa à la porte .Un bruit métallique de chien de fusil que l’on arme déchira le silence. Tout s’arrêta. Il me semble que même les oiseaux& les insectes se turent. La porte s’ouvrit. Le bruit d’armement n’était que le bruit de la serrure grippée par le temps. Le capitaine avança, salua d’un doigt porté à son képi et entama une discussion avec les occupants tapis dans l’obscurité. Il resalua, serra une main & reparti vers le petit groupe d’hommes qui attendait au bout du chemin.

  • Alors capitaine, on les vire ?
  • Non
  • Mais qu’est ce qui se passe ? on ne va pas se laisser envahir, il faut réagir. Si les pandores ne font rien, nous on y va !!
  • Vous n’allez nulle part.
  • Et pourquoi ?
  • Parce qu’on ne déloge personne, car personne est chez lui. C’est chez lui !!
  • Chez lui ?
  • Oui c’est le fils Borne. c’est jean.
  • Il est revenu. Il est chez lui et on lui fiche la paix. Circulez !!!

 

Le retour du pigeon voyageur.

J’appris au repas qu’il était parti il y vingt-deux ans le jour de ses dix-huit ans. Cela se passait très mal avec le vieux.il était parti à Orange  par le train .il s’était engagé dans la légion étrangère. D’abord le troisième REC à Orange puis le deuxième REP à CALVI Il n’avait jamais donné de nouvelles. Ma mère qui ne parlait jamais à table dit « si il donnait des nouvelles mais uniquement à sa mère en poste-restante »je le sais par Henriette, la postière. C’est une ami d’enfance & elle lui portait les lettres, discrètement après ses tournées. Nous apprîmes qu’il avait été engagé au Liban puis au Tchad et enfin en Afghanistan.il avait été blesse grièvement, démobilisé et n’avait plus donné e signe de vie depuis.sa mère était morte de chagrin et son père l’avait suivi de près. Lui aussi était mort de chagrin mais à l’intérieur, consumé, cramé mais muré derrière son entêtement et son mutisme.

La vie reprit. Il ne parlait à personne, ne jetant même pas un regard. Personne ne lui parlait .Tout le monde l’évitait soigneusement. Tout un chacun avait quelque chose à se reprocher .Tout le monde était allé se servir dans la maison et l’atelier des vieux, une fois qu’ils furent décédés. Certains n’attendirent  pas très longtemps. « On n’allait pas s’laisser perdre toutes ces choses, ma bonne dame ! »

Il avait défriché, coupé des arbres,  redressé les clôtures en bois et les avait repeint d’un joli vert anglais qui fit beaucoup parler .il avait remis les bardeaux de la toiture en place et replacé tous les carreaux de fenêtre qui avait été cassé par les gamins du quartier.

Sans crier gare il disparaissait des jours, des semaines & un matin en partant à l’école on voyait le pickup décrépi garé dans la cour. Notre imagination allait bon train, suivait des chemins de traverse et nous lui attribuions des histoires épiques, des aventures secrètes et des voyages insolites dans des lieux où nous n’irions jamais pour la plupart d’entre nous.  Nous lui bâtissions une légende. Il était notre héros.

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Pigeon voyageur (Flo)

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Voler, j’aurais aimé savoir voler et pouvoir voler comme n’importe quel volatile ou insecte possédant des ailes. Petite, j’affirmais à ma grand-mère que je volais en position «  apesanteur ». Convaincue, et donc dans l’affirmative je lui disais : « je vole, et en plus je sais comment faire, pour voler. C’est simple. Pas plus tard qu’hier, je l’ai fait. Je survolais le vallon et ses restanques. »

Ma grand-mère ne m’a pas contrarié. Mais elle voulait en savoir plus, confrontée à tant de certitudes. « Et, quelle est ta position alors si tu voles ?
- J’avais la même position que lorsque je fais la brasse en nageant.
- Nager n’est pas voler.
- Si, si, si, c’est tout pareil ; je survolais les collines tout pareil, les crêtes et les trous en nageant dans l’air ».
Comment vous expliquer qu’au souvenir de ce rêve, je conserve encore les sensations de savoir voler ? Dure réalité et douce imagination que de croire encore pouvoir voler à l’évocation de ces sensations procurées par un rêve immortel. Encore maintenant, je peux affirmer : « Je vole ».

Quant aux « Geon- pi », voler a une signification plus lucrative mais, ce n’est que mon avis.

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