22 février 2014

Défi #287

 

La pirogue glissait rapidement sur l'eau. Ils entrèrent dans un canal qui débouchait de l'autre côté de la rivière. Il était très étroit et l'embarcation y passait de justesse. Ils pointèrent la pirogue vers le canal. Ils avançaient lentement, tête baissée, à cause des branches qui pendaient au-dessus de l'eau. Après avoir fait une centaine de mètres, ils aperçurent .......

A vous de continuer à votre façon ce texte d'Antonieta Dias de Moraes intitulé :

"Trois garçons en Amazonie"

Pirogue et enfants

Bon voyage et belles découvertes !

Nous attendons vos récits à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

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Suite pour EVP (Sergio)

Je m’étais levé tôt ce matin .Le soir j’avais préparé minutieusement mon matériel, ma canne Orvis (neuf pieds pour soie de cinq) mon moulinet favori, un Vivarelli une soie neuve et un bas de ligne tressé, ma casquette, quelques biscuits, un coca & mon gilet multipoches, jamais lavé contenant tout un tas de fils, boites à mouches, pinces, ciseaux etc. Tout un fourbi plus ou moins utile mais qui a valeur de talisman. Comme tous les pêcheurs, depuis des temps immémoriaux j’exécutais un rite immuable. Départ sous cycle lunaire, adoration matinale du soleil, sacralisation du matériel et port de gri-gri s’imposaient. Sans cela je ne serai pas accepté par la rivière & la pêche serait mauvaise.

J’aimais cet instant ou la nature se réveille ou la lumière revient & nous rassure. A ce moment précis j’étais entré dans la rivière. Dans ce calme paisible  qui fait suite à des passages nerveux, chaotiques où les eaux se chahutent & se bousculent. Dans cette partie plane je faisais le héron, attendant dans une bienheureuse quiétude que l’ensemble m’accepte, non plus comme un pêcheur, un prédateur mais comme une pièce du puzzle & là dans la douce attente, dans le jour naissant j’étais immobile. J’avais toujours fait cela. Je pensais « je suis là depuis un million d’années » Cette pensée me rassurait.

Un craquement, faible mais incongrue en cet instant me fit tourner la tête vers la berge. Il était là. Dans sa tenue camouflage je n’aurai pu le voir. Des éclairs de dysharmonie troublèrent le lieu. Soudain j’eu peur. Personne ne m’avait entendu partir de la maison & je tenais ce lieu secret. Tant d’histoire circulaient sur le fils Borne, additionnées de nos affabulations. Il me sourit & passa son chemin. Je remarquai que lui aussi avait une canne-fouet et marchait avec des waders. Cela me rassura. Je pêchai calmement une partie de la matinée relâchant consciencieusement les belles imprudentes. Je les trouve plus belle dans le courant.

Vers dix heure je sorti de la rivière & me dirigeait vers une petite clairière où un rocher ombragé faisait une halte idéale. Sur de mon territoire j’arrivais sans le remarquer. Il était là, sur mon banc .Je m’arrêtais mais il me fit signe d’approcher, se leva et me tendant la main me dit «  tu ne serais pas Sergio le fils d’Antone L… »J’étais sans voie& bafouillait un OUI haché & peu audible. Il se rassit m’invitant d’un geste à partager ce banc naturel si bien placé. Une longue minute silencieuse s’écoulât.

  • OUI j’en étais sûr. tu ressembles à ton père, comme deux gouttes d’eau.
  • Comme deux gouttes d’eau, on nous le dit souvent.
  • Tu viens souvent ici ?
  • Dès que je peux, le plus souvent possible. J’aime beaucoup cette vallée calme & oubliée.
  • Ah, c’est drôle. J’étais comme toi, à ton âge mais nous pêchions au toc & nous avions un matériel plus rustique. Tu es bien équipé, dis donc ! et tu pêches à la mouche. C’est nouveau dans la vallée.
  • Environ dix ou quinze ans, dès que les usines ont fermé et que la station d’épuration a été mise en service des truites ont été réinstallées & la communauté de communes a pris en charge le nettoyage des cours d’eau. C’est comme cela, avec l’école que j’ai participé à cette tache & ai découvert ces endroits puis la pêche à la mouche. Mon instituteur m’a refilé ce virus. Ma mère dit que je suis piqué. Et vous ?
  • D’abord pas VOUS mais TU. Nous sommes presque voisins & même si l’ambiance n’est pas des plus amicales. Mais c’est un peu de ma faute, je suis renfermé et j’ai appris à être silencieux.
  • Tout le monde se demande pourquoi vous OH pourquoi tu es revenu ?
  • C’est une longue histoire. je suis simplement revenu pêcher chez moi. je ne fais plus que cela. Quand je pars, tu as du le remarquer, comme tous les autres …………………..je pêche. Je prends mon barda, quelques vivres, mon hamac & je remonte une rivière, une gorge seul pendant deux, trois, cinq jours, le temps nécessaire. Il faut peu de choses pour vivre. Le soir, un hamac, un bon livre, une frontale & sous la voie lactée j’ai les plus belles soirées du monde.
  • Pensée « j’aimerai bien mais il faudra convaincre les parents … et ???
  • Je suis surtout revenu à cause d’un gamin, comme toi, même âge mais plus frêle que j’ai croisé par hasard.

C’était il y a six ans dans une très belle vallée, la vallée d’Uzbin en Afghanistan. Une belle vallée comme tu aimerais, sauvage, éloignée dans les montagnes, oubliée avec une belle rivière claire & tempétueuse   qui serpente dans des gorges magnifiques. Quelques habitants, quelques hameaux ou vivent des paysans. Le tout surplombé par des montagnes gigantesques, rocheuses, poussiéreuses, écrasées de soleil ou de froid. Mais dans cette vallée s’était invitée la folie des hommes & avec elle la barbarie & la mort.

Nous étions cette fin d’après-midi au bout de la piste empruntable par nos VAB, juste après un petit village ocre gris écrasé de lumière que l’on aurait jugé désert. Là, seul au bord de la piste étroite & enclavée j’ai vu un gamin pied nu qui me souriait. Il tenait dans ses mains un drôle de petit théâtre de marionnette  qu’il avait dû fabriquer. Dans ce théâtre de poche, un décor sinistre fait d’arbustes gris, figés, pétrifiés. Ce garçon, seul être vivant que nous avions rencontré me souriait et ses yeux gris bleu s’illuminaient. Je lui rendis son sourire & lui fit un salut amical. Il détala à toutes jambes.

Toute la nuit, jouant au chat & à la souris, après une marche éprouvante nous étions arrivés près d’un groupe de masures couleur muraille que des drones espion avaient identifié comme étant un poste de commandement & un dépôt de munition de talibans. Nous étions huit en position, deux guetteurs excentrés, deux en appuis, tireur d’élite et arme lourde d’appuis équipée d’un M16 beowulf échangé à des ricains contre une demi palette de Viognier Gangloff 2006 comme quoi même les ricains ont de vrais valeurs  (dans un accrochage le beowulf tire du calibre 50 BMG anglais, autrement dit du 12.7x99 mm Même un fanatique baisse la tête et tente d’entrer dans le boitier de sa montre.) Et enfin deux binômes chargés de la pose au plus près des désignateurs laser. Ces sources qui n’opèrent pas dans le spectre visible pour l’homme illuminent la cible pour un missile de type AS 30. La pose effectuée, j’étais en poste à environ cinq cent metres et envoyait le signal codé. Dans ma lunette je vis la porte d’entrée de la ferme fortifiée et qu’elle ne fut ma stupeur quand je vis le petit garçon sur le pas de porte comme me regardant de son regard enfantin. Il n’était pas possible qu’il m’est vu, aussi loin et enterré mais ce fut l’impression troublante que je ressenti, d’autant qu’il regardait vers le soleil levant. Il ne vit ni n’entendit le missile largué par un avion une dizaine de kilomètres avant .Celui-ci se ruait vers sa cible, croisant à trente metres du sol à une vitesse de quatre cent cinquante metres par seconde. Il était plus rapide que le son. De fait on ne pouvait l’entendre arriver. Au moment le plus beau de la journée dans ce petit jour naissant, dans cette lumière pure, dans ce calme absolu du  petit matin une boule de feu accompagné d’un hurlement cataclysmique déchira, en un instant la petite vallée. Une minute après il ne restait plus rien qu’un amas dévasté & fumant .le petit garçon n’était plus. Son image était restée imprimée sur mes rétines. J’envoyais le signal crypté de la mission réussie. Nous restâmes toute la journée enterré dans nos trous individuels, que nous avions pris soin de creuser la nuit précédente, silencieux, écrasés par le soleil. Toute la journée je vis ce petit garçon. Nous nous repliâmes de nuit.

De retour le lendemain, je me présentais au commandant de compagnie, posait mon FAMAS, mes grades et ma plaquette d’identification et lui dit sans commentaires que, jamais je ne retournerai au combat. Apres une tentative que je n’écoutais pas je fus mis aux arrêts, puis transféré dans un hôpital ou des psys bavards déclarèrent doctement que j’étais victime d’un BURN-OUT. Je ne leur parlais pas du garçonnet avec son petit théâtre d’enfant. Que peuvent comprendre des militaires à cela .Je fus démobilisés au vue de mes états de service & pensionnés. J’ai mis six années à revenir, à pouvoir regarder un enfant et à pouvoir supporter le bruit d’une cour d’école.

Tu es le premier à qui je reparle.

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Renaissance (MAP)

livre-foret

Pages blanches ou imprimées

-Senteur de bois et doux feuillages-

vous formez un si bel ouvrage

-lettres et mots disséminés-

 

Voici qu'au fond de votre coeur

-âmes des arbres égarées-

renaît la forêt oubliée

instant de fugace bonheur !

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Elle (Célestine)

 

cél

 

Ça a débuté comme ça.

Un matin de fin d’hiver tout gris. Le petit chat est mort.  Dans sa chemise de soie pâle, Elle est sortie dans l’air glacé, sans même penser à s’habiller. Elle a couru dans le bosquet à moitié nue, le givre perlait à sa bouche. Son chagrin ne sortait pas. Aucun cri. Aucune larme.

« Couvrez ce sein que je ne saurais voir ! a dit la mère supérieure d’un ton sévère. Mais que sait-elle, la vieille,  de son jardin secret ? Ne sait-elle pas que pour Elle, depuis toujours, l’enfer c’est les autres ? Murée dans son autisme, Elle parcourt la vie avec des ailes de géant échoué sur le sol. Etre ou ne pas être, est-ce vraiment la question ? Pour elle rien d’autre n’existait que cette boule de poils. Mais que diable est-il allé faire dans cette galère ?  Hélas ! Il a vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin…

Les arbres menaçants tendent leurs doigts de griffons vers le ciel. La terre est bleue comme une orange.

«  Il faut cultiver notre jardin, dit Sœur Eliette. Car là, tout n’est qu’ordre et beauté.

-Jardin?...Dessine-moi un mouton, dit Elle.

-Pour remplacer ton chat ? Tu es folle, bien sûr, mais va, je ne te hais point. »

Les bouleaux se penchent vers Elle, comme des bras. Elle voudrait dormir pour toujours, dans les draps soyeux de la neige de mars.

 

 

Amusez-vous à retrouver les 12 citations qui se cachent dans le texte...

 

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Participation de Prudence Petitpas

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Pour Alice de la part de Lewis (Joe Krapov)

DDS 286 Su Blackwell Jardin secret

Je ne sais pas ce que raconte cette forêt de signes.

Je ne sais pas ce que dit l’arbre à son voisin.


Je ne sais pas ce qu’il y a derrière la porte.


Je ne sais pas pourquoi on abat l’arbre afin de faire du papier.


Je ne sais pas si ce qu’on écrit sur le papier mérite qu’on abatte des arbres.

Je sais que c’est ton jardin secret et que tu as toutes les réponses à mes questions
Puisque tu es la réponse.

Je sais que mon manuel d’arboriculture était un incunable qui valait une fortune
Mais je te pardonne car ce que tu en as fait est très beau.

Tu voulais peut-être savoir de quel bois je me chauffe ?

La réponse est classique autant que décevante :
Je me réchauffe le cœur à la guitare de Georges.

 

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je fuis tes mots (par joye)

je fuis tes mots

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Le prince (Stella No.)

Texte qui fait suite au défi 283 : http://samedidefi.canalblog.com/archives/2014/02/01/29040194.html#c60244538

 

Pour la deuxième fois, Stella tentait de fuir à travers la forêt recouverte de neige. Dès qu’elle avait vu le second message inscrit sur le parchemin, la boule s’était de nouveau éclairée et l’avait projetée face au vieux bonhomme. Tout en courant, elle se remémorait la scène.

-          Peut-être nous ferez-vous l’honneur de rester un peu plus longtemps cette fois, Enchanteresse ?, déclara-t-il.

Pour toute réponse, Stella poussa un cri d’effroi et se jeta sur le vieux sorcier. Ce dernier fut soufflé par la force de la jeune femme et dut prendre quelques instants pour respirer. Lorsqu’il se redressa péniblement, Stella avait disparu dans la tourelle. Il pénétra à son tour dans le château et se rendit à son cabinet. Attrapant quelques potions sur une étagère, il prépara une drôle de mixture dans un petit chaudron. Quelques instants plus tard, il positionna ses mains au-dessus du récipient et murmura : Ostende mihi. Une image de Stella apparut alors à la surface et le sorcier put ainsi suivre sa course effrénée à travers le château. Elle suivit sans le savoir le chemin qu’il avait balisé pour elle. Compte-tenu de sa vive réaction lors de sa précédente visite, le vieux sage avait organisé un trajet qui semblerait sécurisant pour Stella. Il avait prévu ses réactions et s’amusait de la trouver si prévisible. Elle, l’enchanteresse qui était censée les protéger ! Quoiqu’il en soit, le plan fonctionnait à merveille et si cela continuait ainsi, l’enchanteresse resterait.

Stella s’était facilement retrouvée à l’extérieur du château, les gardes devaient être occupés ailleurs car cela avait été bien plus rapide que la première fois. Elle avait décidé d’éviter la grande route car les habitants l’avaient dévisagée avec curiosité et elle avait eu peur qu’ils ne l’arrêtent dans sa fuite. Cette fois, elle se cacha derrière le seul bosquet encore fleuri malgré le froid, patienta quelques instants et escalada une petite pente qui lui permettrait de prendre un peu d’altitude. Elle ignorait comment repartir de cet endroit étrange et prévoyait de se cacher plutôt que d’être aux prises avec l’homme en robe noire. Du haut de la petite colline, elle eut une vue splendide sur la ville, le port et le château. Si elle n’avait pas eu aussi peur, elle aurait été émerveillée par ce monde médiéval qu’elle découvrait. Très haut dans le ciel, un dragon volait d’une drôle de manière. Etonnamment elle ne craignait pas cet animal et reporta distraitement son attention sur la forêt qui s’étalait à ses pieds. La neige lui permettait de distinguer clairement les chemins très fréquentés et les allées délaissées. Elle pouvait apercevoir des habitations dont s’échappaient des volutes de fumée et une autre qui semblait vide. Une seule habitation abandonnée. Stella s’interrogea quelques instants sur la possibilité d’un piège mais elle entendit crier des gardes non loin d’elle. Bravant le froid – quelle idée de la transporter dans ce monde sans chaussures et sans manteau ! – Stella courut en direction de la cabane abandonnée. Ses pieds s’enfonçaient jusqu’aux chevilles dans la neige et très vite, elle commença à ressentir des picotements très douloureux dans ses orteils et dans ses doigts. Ses poumons semblaient prendre feu et elle avait l’impression que chaque ahanement s’entendait à des kilomètres à la ronde. Alors qu’elle hésitait à traverser une clairière qui l’aurait laissée à découvert, Stella crut apercevoir de drôles d’animaux en pierre. Elle secoua la tête en se morigénant et s’élançant franchement. Elle cessa de respirer jusqu’à ce qu’elle fut de nouveau à l’abri des arbres. Elle ne devait plus être très loin de la maisonnette à présent mais elle entendait toujours les gardes et s’inquiétait des animaux qu’elle pourrait croiser. Tout semblait si étrange dans ce monde. Elle aperçut enfin le perron salvateur et s’immobilisa. Il n’y avait aucune fumée s’échappant de la cheminée, pas de traces de pas dans la neige et aucun mouvement à travers les vitres. Stella avança lentement vers la maison tout en essuyant ses empreintes dans la neige à l’aide d’une branche d’arbre. La porte de la maison n’était pas fermée, elle n’émit qu’un petit grincement en s’ouvrant. Stella s’adossa à la porte en soupirant et ferma les yeux quelques instants. C’est alors qu’elle entendit un petit craquement suivie d’une bouffé de chaleur. Son cœur eut un soubresaut mais elle ouvrit les yeux. Elle ne pouvait plus fuir. Aveuglée par la lumière du feu dans la cheminée, elle mit quelques instants à percevoir la silhouette accoudée au manteau de la cheminée. Stella se précipita pour ouvrir la porte mais se trouva face à une dizaine de gardes royaux. Poussant un bref cri de surprise, elle referma le battant et se prépara mentalement à affronter ce qui se passait à l’intérieur de la maisonnette. Cette dernière était d’ailleurs étrangement bien arrangée. L’unique pièce était agréable et bien rangée. Il était fort probable que cette cabane ne fut pas abandonnée tout compte fait. Stella posa enfin son regard sur l’homme face à elle. Plutôt bel homme, brun et grand, il souriait doucement et semblait attendre qu’elle prenne la parole.

-          Qu’est-ce que vous me voulez ?, demanda-t-elle avec hargne.

-          Peut-être pourrai-je commencer par me présenter ?, suggéra-t-il.

Ils commencent tous leurs phrases par « peut-être » ici ou quoi ?, pensa Stella avec mesquinerie. Puis elle acquiesça lentement.

-          Je suis le Prince Heren de Teraliel et j’ai besoin de vous.

-          De moi ?

-          Comment vous appelez-vous ?

-          Ah, heu oui… Heu, je m’appelle Stella No de… heu… France.

-          Stella No. de France, c’est un plaisir de vous trouver enfin. Garenel vous a longtemps cherché.

-          Garenel ?

-          Le sorcier que vous avez molesté.

-          Je ne… Je ne comprends pas ce qui se passe ici ! Je veux rentrer chez moi.

Le prince regarda longuement le brasier avant de tourner vers elle un visage ravagé par l’angoisse.

-          Mon peuple est en danger. L’oracle a dit que vous pouviez nous aider. Je vous demande de considérer ma proposition.

-          Quelle proposition ?

-          S’il vous plait, restez ici quelques jours. Garenel vous expliquera notre monde et notre culture. Il vous parlera de l’Empereur Noir, notre ennemi. Si tout ceci parvient à vous convaincre de vous joindre à nous, vous pourrez nous montrer votre magie.

-          Je n’ai pas de magie !

Le prince en fut stupéfait.

-          L’oracle ne se trompe jamais. Se peut-il que vous n’ayez jamais utilisé la magie ?

-          Dans mon monde, la magie n’est qu’un conte.

-          Un conte ? Quelle hérésie ! La magie vit dans le cœur de chaque homme !

-          Chez vous peut-être !

-          Alors comment explique-t-on ce qui vient de vous arriver, dans votre monde ?

-          Un cauchemar !, s’insurgea Stella.

Le Prince partit d’un éclat de rire qui fit trembler la masure. Stella se sentit happée par une étrange vibration qui semblait provenir de son propre cœur. Spontanément, elle reprit la parole :

-          J’accepte de rester deux jours.

Elle fut si surprise qu’elle plaqua les deux mains sur sa bouche en écarquillant les yeux. Le Prince interrompit son hilarité et lui asséna très sérieusement :

-          Voyez, Stella No. de France, il y a de la magie dans votre cœur. Je suis ravi de faire de vous mon invitée pour les deux prochains jours.

Se déplaçant avec agilité vers la jeune femme, il lui attrapa la main gauche encore posée sur ses lèvres et la lui baisa délicatement.

-          Bienvenue à Teraliel, Enchanteresse. Le dragon nous attend pour rentrer au château.

 

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L'Arbre et le Livre (JAK)

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