Le taillis premier, c’était les mots danger.
Les mots violents le pas qui coupe et déchire,
Pas désiré, pas aimé, alors pas exister ?
Tu as vu l’herbe des phrases qui si fort respirent.

D’arbustes en bosquets, tu cherches le velours,
La sente enivrante, la bruyère et la mousse,
La forêt t’enseigne une autre joie du jour.
Enfin, c’est l’arbre entier à l’écorce si douce.

Tu te perds ensuite dans l’amazone de tes livres,
Poucet sans cailloux ni miettes, es-tu perdu ?
Cet humus n’est pas le tien, il te faut vivre.
 Prend cette allée ombreuse, ne l’as-tu pas vu ?

Une porte s’entrouvre au fond de la trouée
Tu caresses encore les pages des ramures.
Ramasse tes racines, il te faudra sauter.
Tu plonges, tu suffoques, à toi-même fêlure.

Et si quelques épines encore te déchirent,
Tu retournes aux frondaisons apaisantes,
Dostoïevski, Cervantès ou bien Shakespeare,
Racines en éventail, dans la source chuchotante.