Drrring

Le téléphone a retenti. C’était Walrus.

"-Allo ? Eh ben, Célestine, mon p’tit chat, t’es où ? On t’attend sur le défi !

-Oh, boss, c’est gentil de m’appeler en personne.

-Je m’inquiétais…il est vraiment tard ! je sais que tu publies toujours à une heure indue, mais quand même, là, il est vraiment tard!  Tu viens ?

-Je ne sais pas…

-Que se passe-t-il ?

-Rien. Un peu de vague-à-l’âme, un blues passager…Une impression de lassitude.

-Ah bon ? Toi qui es si optimiste d’habitude…

-Optimiste ? Idéaliste, plutôt, presque un peu naïve. A l’image de mes petits personnages que je dessine pour passer le temps. Des princesses solaires et utopiques qui vivent dans un monde de lapins blancs et de roses apprivoisées. Et cueillent au creux de leurs mains des fragments d’étoiles. De douces et  claires âmes qui aimeraient que tout le monde s’aime … (enfin, qui croient à la poupée qui tousse, en fait) Qui ça peut intéresser, franchement…

-Dis donc, tu ne chercherais pas à m’apitoyer, par hasard ?

-Si, si,  j’avoue, je fais un peu de chleuasme. Tu connais ? C’est un mot grec.

-Bien sûr ! Tu sais bien que j’ai une culture encyclopédique ! Mais c’est un mot peu employé…j’aime bien. C’est ton côté instit, hein, faut que tu nous apprennes des mots, tu peux pas t’en empêcher…Alors, tu viens ?

-Euh…Bon, ok, je viens…tu sais bien que je ne peux pas me passer de vous!

-Tiens, tu me vouvoies, maintenant ?

-Rhôô ! Boss ! "

Il a raccroché le combiné. Moi c’est la plume que je voulais raccrocher ! J’étais en train d’écrire un billet d’adieu aux Défiants.  Et  je me suis fait retourner comme une crêpe. Il est trop fort ce boss ! Du coup, vous allez devoir me supporter encore un peu…

***

Merci à Walrus pour son infinie patience.

Cé