Mon père lui, avait le bras long .quoiqu’à y repenser il ne semble pas que ses bras fussent longs. Ils étaient normaux et de taille égale .Par piston, c’était un ami du Maire il me fit embauché, malgré mon handicap au service technique de ma ville où, mon chef, pensait que j’avais des dispositions particulières pour effectuer le remplacement des ampoules grillées des lampadaires. Ce dernier pensait faire l’économie de l’utilisation d’une nacelle élévatrice, car, Ah oui j’ai oublié de vous en faire part, je suis affublé d’un bras long, même très long. Mais un seul bras long ne sert à rien si l’autre est de longueur conventionnelle. Je pus facilement dévisser le hublot en verre mais le fit tomber sur le sol ou il se brisa. En effet je ne pouvais tenir d’une seule main le tournevis et le hublot. Apres plusieurs essais tous catastrophiques je fus remercié le soir même. Avoir le bras long n’avantage pas toujours. A l’école primaire où, pensant bien faire, m’évitant ainsi un  déplacement, j’écrivais la réponse à la question posée par mon instituteur directement au tableau de ma place, eut pour effet de déclencher un fou rire généralisé de la part de mes camarades. Le seul à ne pas rire fut l’instituteur. Il me prit en grippe et me relégua au fond de la classe et je ne fus plus interrogé.je me renfermais sur moi-même, mon bras sagement roulé sur mes genoux. Choux hiboux cailloux etc. … je fus donc orienté en CLISSE puis SECPA. Le système m’évacua très vite. J’étais diffèrent et me retrouvait seul. Dans le bus quand je voulais aider une Mamy en appuyant depuis le siège arrière sur le bouton déclenchant l’ouverture des portes je déclenchais chez elle des hurlements. J’étais un monstre. Aucune intervention chirurgicale n’était envisageable. Cas unique .Etais je donc le seul à avoir le bras long sur cette planète ?

Une seule fois, avoir le bras long me servit. Je fus, bien malgré moi pris en otage dans un holdup à ma banque, où j’étais venu d’arrache-pied, renégocier un prêt pour lequel je n’arrivais plus à joindre les deux bouts. A peine entré un gangster patibulaire me braqua avec un énorme pistolet en hurlant « les mains en l’air » Effrayé, je m’exécutais prestement et lançais donc mon bras démesuré vers le haut. Il heurta violement le faux plafond qui s’écroula sur le bandit malchanceux. Je fus, une fois n’est pas coutume le héros du jour.

J’allais baisser les  bras et balayait d’un revers de main les conseils les plus avisés. Heureusement j’avais gardé la tête sur les épaules et je pris le problème à bras le corps.

Voilà toute l’histoire mais avoir le bras long cela me fait une belle jambe. J’ai surtout envi que l’on me lâche les baskets.

 

ser03