Je me sens si seul dans cette cellule. Ma vie était si belle, si enjouée. Je n'arrive vraiment pas à m'y faire, me retrouver là, au beau milieu de cette prison, je regarde une photo. Je secoue la tête, comment, comment en sommes nous arrivés là. Pourtant toutes les idées qui m'ont poursuivi viennent d'un film"Star wars" et plus particulierement d'un petit robot, R2 D2. Il m'a fasciné et bien fait rire. Mais le rire n'est plus au goût du jour, il en est même devenu amer. Nous avons profité de la faillite, nous avons profité de Détroit, lorsqu'ils ont déposé leur bilan. La ville n'était plus que misère et abandon, les grandes marques fermaient, les usines désertées se multipliaient. Et nous, nous au milieu de ce chaos, des âmes fantômes errantes, ne plus savoir quoi faire. Pourtant cette ville à fait de si grandes choses: c'est un Français qui a bâtit Détroit de ses mains, Ford, fleuron y avaient ses usines, Madonna, Eminen, Stevie Wonder, Tom Selleck y ont vu le jour. Au tout début, nous étions des pionniers, nous avions réussi à fabriquer des robots pour le travail domestique. Chaque année, ils devenaient de plus en plus sophistiqués, à croire que nous frôlions la perfection. A l'image des humains, fiers de pouvoir commander des êtres aussi intelligents, le monde entier nous les arrachaient. Nous avions même réussi, à leurs inculquer des sentiments. Des sentiments  dans de la ferraille si froide, inerte. Mais pourquoi avoir été si loin. Leur façon de nous écouter, de nous regarder surpassaient la nôtre. Ils arrivaient à ressentir, au son de notre voix, notre état d'âme . Ils nous mettaient en garde. Et de domestique, ils se sont transformés en psychologue, de la compassion dans une machine, mais maintenant que j'ai le temps de penser à tout cela, c'était n'importe quoi. Les années passèrent, nous dépérissions , eux se régénéraient. Et au milieu de tout cela nous, moi je travaillais d'arrache-pieds, je te délaissais pour ma réussite, laisser une trace dans ce monde. Maintenant au fond de ma prison, je m'en mords les doigts, je suis mélancolique, triste de ne plus t' avoir à mes côtés. C'est ma punition, mon fardeau, encore plus terrible que d'être enfermé. J'entends des pas dans le couloir, la porte s'ouvre, c'est bientôt la fin.
- Celui là, on doit le démanteler, entièrement et tout effacer, ordre du juge"
- Mais qu'a-t'il fait?
- La ségrégation robotique interdit toute relation amoureuse avec le genre humain , il est tombé amoureux de sa maîtresse, il est persuadé d'être l'homme de la maison.
- Regarde le, comment il est habillé avec son jabot !
Le monde s'écroula, lorsque, dans le couloir de ma mort, je vis le reflet de mon image...