Je fais attention à ma tête depuis toujours. D’abord, parce que je suis migraineuse. Les nausées, les visions troubles, le toc-toc qui bat comme le pic-vert, les rideaux fermés, le masque pour cacher la lumière, les cachets (ah! les cachets) divers et inefficaces jusqu’au jour où on trouva le bon !...

Jeune, j’étais une tête-de-linotte, une tête-en-l’air. il a fallu arranger ça. Garder la tête froide et devenir une tête-pensante. Pas nécessairement facile !

Il a fallu pas mal de tête-à-tête avec moi-même pour rectifier le tir ; attention, je n’ai pas la grosse tête, . Et pas non plus une tête d’enterrement. Je n’étais pas tout à fait une tête de classe, mais une bonne moyenne. Et si je choisissais toujours la tête du train pour voyager, je n’ai jamais été la tête d’un cortège de carnaval. Ni d’aucun autre d’ailleurs. Même si j’entamais toutes mes entreprises musique en tête.

Je n’aimais pas les garçons qui avaient une tête-à-claques, j’avais la tête près du bonnet et la main preste pour envoyer la gifle. Je ne me montais pas la tête ; quand j’ai rencontré l’amour, c’est le cœur qui était pris ! Je n’ai donc pas fait ma mauvaise tête, j’avais la tête qui tourne mais c’était de bonheur. J’ai donc vécu un long tête-à-tête heureux jusqu’au jour où la mort a tout brisé.

Depuis lors, je fais toujours attention à ma tête mais je me garde bien de donner des coups de tête pour enfoncer les portes fermées. Je fais simplement un détour…