Lentement mes pas tracent cette route dont j'ai toujours rêvé.

Je n'ai pas forcément suivi le chemin qu'il fallait. Nous avons eu de nombreuses pertes. Minute de silence pour toutes ces larmes tombées sur ce champs de bataille qu'est la vie.

Non, je n'oublierai pas tous ces moments. Oui, chaque souvenir me transperce le coeur d'une pointe affutée arrosée de poison. Que c'est doux de se souvenir et douloureux à la fois.  Les bons se mélangent aux mauvais. Le blanc n'existe que grâce au noir.

Je me souviens de cette sieste sous la tente. J'ai cette petite voix qui me murmure toute mon enfance en l'espace d'un rêve : mes nombreuses cicatrices sur les genoux, les actions man de mon frère, la pâte que je pétrissais avec maman ...

Qu'il parait loin le temps de l'enfance et l'insconcience.

Je marche, je monte, je grandis. 

Je me fixe des buts dans la vie. Je tiens un carnet avec toutes les missions à accomplir dans la journée.

Je me dis que la fin n'approchera pas tant que je n'aurais pas tout coché. Alors, chaque jour, je rajoute de plus en plus de choses : penser à rendre son livre à la médiathèque, imprimer son mémoire, faire sa maquette, l'anniversaire de J., notre week-end, se souvenir.

Se souvenir, de tout ce qui a fait que je suis cette personne d'aujourd'hui. Pleurer en regardant Titanic pour la 5ème fois, se réveiller en pleine nuit pour avoir rêver d'un éléphant qui kidnappait toutes vos peluches, se jeter sur le chocolat quand les nuages se montrent, fermer les yeux en marchant et sentir le soleil carresser son teint pâle et danser en attendant l'ascenceur.

Alors, je monte, je monte. On me dit qu'on m'attend là-haut. On me dit que c'est de là-bas que les gens que j'aime me regardent et prennent soin de moi. Mais pour arriver en-haut : il faut le mériter. Une bonne action équivaut à une marche.

Ecouter sa maman, soutenir son frère, passer son bac, faire les études qu'on aime,  aider ses amis, s'amuser, pleurer, rire, se marier, avoir des enfants, les protéger, les gronder, faire des gâteaux au chocolat, râter son soufflet au fromage, nos premiers moments, nos derniers moments,  avoir des souvenirs. 

Parce que les souvenirs sont ma vie.

Comme un bébé qui apprend à marcher, j'apprends à vivre. 

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