Je t'ai connue plus sobre et moins sujette au vent
ma rage, au demeurant prête à jeter l'opprobre
- et comme !
sur l'impudent écu d'outrages anonymes

Quelle paix d'apparat, tel un vol d'étourneaux
entre des cardinaux négociant leurs climats
chez l'Homme
dévoya le lent flux des cycles en abyme ?

Tandis que la saison s'octroie quelque douceur
chargée de ces humeurs favorables aux fièvres
sous un ciel de laiton qui s'est mordu la lèvre
une journée sans nom étale ses langueurs
en fumées indociles...

Septentrion s'ennuie près de l'Ourse Polaire
Ils attendent la nuit pour lancer des clins d’œil
dans l'idée qu'ici-bas une âme les recueille
puisque c'est notre lot dans ce coin d'univers
et pour cause !

(Quoi ! Vous je ne sais pas, mais regarder le ciel
jamais ne me suffit à me donner ma dose
d'éternel
mais j'en cause)

L’Austral en prend aussi, vlan ! derrière la nuque
et mange sa perruque aux crins blancs, déjà roux
Tu nous l'auras prédit, mais jusqu'à quand, Guru
pourrons-nous déguiser sa tragédie de stucs ?
Ah, sentences !
qu'on ignore à vouloir trop se flatter la panse !

Tandis que l'oraison s'attribue des hauteurs
l'ineffable primeur de respirer l'air pur
une journée sans nom s'arroge des voilures
dérobées à des ponts d'escales sans valeur
au blason mercantile...

Et quoi ! mettre à l'amende un monde industrieux
crachant des miséreux sur d'impropres séquelles ?
Parlez-moi de vœux pieux ! En ai plein la sébile
À nous, Fatalités; l'espoir est trop aux dieux !
Piétinons dans la file

Et quoi ! choper Untel en le priant « Môssieu
ce papier tant graisseux mérite la poubelle »
et s'attirer - au mieux ! un regard imbécile
un juron - « va au pire !..." » : un geste belliqueux
suivant l'autre, puéril ?

Je t'ai connue plus faste et mûre, cependant
ma verve réfutant l'idée qu'on n'est que nombre
- et sombres !
et pas foutus de chanter de concert

Perdure, Anonymat ! Eh, Planète, sanglote !
Moi, les nerfs en pelote, ai cessé le combat
M'en va
soldé mon dévolu, m'être, les yeux au Vers
et Ça ira !