Ce matin là, je partais à la recherche de mon gland... comme d'habitude, toute la journée je vais jouer à faire semblant (pardon, j'peux pas m'empêcher d'fredonner des trucs) sauf que la chasse au gland , en janvier c'est pas l'top.
Je trouve qu'on s'caille les noisettes pour pas grand chose, même si mes patrons disent que les traditions c'est important.
Au fait mes patrons, c'est la Caisse d'Ep.
Si vous avez jamais été élu mascotte de l'année de la Caisse d'Epargne, vous pouvez même pas imaginer comme c'est relou de bosser là!
Au départ c'était une idée à la noix d'mes vieux de m'inscrire au concours et quand j'me suis retrouvé en finale - et qu'y m'voyaient déjà en haut de l'affiche - j'ai compris qu'les ennuis commençaient, bref... j'vous passe les détails, vu qu'c'est pas le thème.
Donc j'arrive sur ce petit chemin qui sent la noisette - et qu'a ni queue ni tête -
quand j'en aperçois une belle tombée de la dernière pluie.
J'me dis comme ça “Toi, t'es faite pour moi, j'te zieute, j'te soupèse, j'te ramène fissa dans ma cachette (enfin à l'Agence comme y disent) et j'aurai fini mon job pour la journée”.
A la Caisse d'Ep, y z'y tiennent au gland quotidien! C'est pour l'image de marque et tout ça. Moi j'y crois pas mais comme je sors d'un séminaire sur la rémunération des livrets, la nouvelle politique sociale et tout l'toutim j'suis motivé d'chez motivé!
Et voilatipa qu'au moment où j'planque mon gland dans ma bajoue...
z'entends piailler dans mon dos - oui, ze sais, c'est sciant d'parler avec un truc dans la bazoue – alors je recrache et j'me retourne - presque malgré moi comme d'habitude - (faites pas attention)
Les quat' poufiasses ont pas l'air clair, pourtant elles sont bien allumées dans leurs fringues à paillettes, titubantes sur leurs cannes de serin et elles m'entourent en jacassant des trucs zarbi!
Elles ont pas dû boire que du p'tit lait et à voir leur dégaine elles doivent sortir de “La Factory”. Ca sent la prise de bec à plein nez.
La plus déplumée m'interpelle: “Hé bonjour l'Ecureuil. Que tu nous semble beau...”
Je pense: “Si vous croyez qu'j'ai pas vu vot' manège, les étournettes!”
(Chez nous les écureuils, les étourneaux femelles on les appelle étournettes)
La plus p'tite s'égosille: “Si ton ramage se rapporte à ton plumage...”
“Vous êtes cintrées les filles! Où vous avez vu mon plumage?”
Et ça continue: “Toi, le Félix des hôtes de ces bois...”
“Non mais ça va pas!! Elle m'appelle Félix maint'nant!”
Y en a même une qu'essaie d'me piquer ma noisette pendant qu'les autres m'embrouillent: “Nous c'est Britney, Aretha et Bonnie... Et toi ma gueule?”
“Quoi ma gueule, qu'est ce qu'elle a ma gueule?”. J'ai pas pu m'en empêcher mais ça a pas l'air de leur plaire.
De toute façon, j'leur dirai pas que j'm'appelle Evarisse.
Elles m'encerclent! Ca sent l'rhum-coca à plein bec et d'aut' machins bizarres.
Ca y est!! Elles m'ont piqué ma noisette, les salopes!
Qui a le droit, qui a le droit, qui a le droit d' faire ça... à part Bruel?
Je tente un truc: “Laissez tomber les filles, ça vaut rien, c'est d'la roupie de sansonnet!”
Ca les fait marrer et j'sais pas pourquoi elles m'ont dit d'aller siffler là-haut sur la colline, d'aller voir si y aurait pas des églantines...
“Sérieusement, vous devriez m'confier ça... à 1.75% l'an, dans un an - même jour, même heure, même port - ça vous f'ra” (ça y est, mon côté pro prend l'dessus).
“T'inquiète ma gueule, nous on consomme sur place” et elles se tirent avec ma noisette.
Qui a le droit... Non, j'l'ai déjà faite celle-là.
Elles s'éloignent déjà, clopin-clopant - pas que d'la Marlborough - bras d'ssus bras d'ssous, ou plutôt bord d'aile à bord d'aile...
“Chuk!Chuk!Chuk! Poufiasses! Connasses! J'espère que vous finirez en pâté!”
(Cherchez pas, y'a aucune chance que ça soient des paroles connues)
Pour me r'mercier, y en a une qui m'fait une aile d'honneur.
Et voilà comment j'ai écopé d'un blâme à la Caisse d'Ep.