image

Le baiser de l'Amour d'Antonio Canova

 

 

http://www.deezer.com/track/13404862

 

Pour connaître la douceur du baiser de l’Amour, et l’enivrement de ses caresses, il  lui avait fallu  en accepter les morsures. La passion coulait en son sang comme une lave bouillante, et le mezcal et la tequila brûlaient ses artères,  plus fort  qu’un poison violent. Mais qu’importaient les précipices devant le  vertige des hauteurs !

Pour connaître les délices et les orgues des grandes amours au souffle lyrique, elle avait suivi toute sa vie des chemins tortueux ou rectilignes, sans jamais renoncer à ce frisson suprême et le frémissement de ses sens, et cet indéfectible sourire qui illuminait ses traits de l’insolence d’une jeunesse éternelle  lui indiquaient qu’elle ne s’était pas trompée. Jamais.

Elle contemplait la statue et effleurait du bout des doigts le marbre de Carrare, semblant vivant et palpitant comme la gorge d’un pigeon. Et pour elle, en cet instant de toute éternité, où l’amour tapait  dans son cœur comme un balancier aux veines de ses tempes, cependant que résonnait à ses oreilles le credo de la Missa Brevis de Mozart, la parfaite concordance des sons et des formes lui procura une sorte d’orgasmique soupir de bonheur esthétique.

L’alliance de l’humain et du divin lui apparut, dans sa plus impérieuse pureté, réalisée à tout jamais dans cet instant de grâce. Elle devint elle-même œuvre d’art.