Près tout près à faire le saut, j'ai été sauvé par hasard, par erreur ? En tout cas je ne regrette rien, je pleure juste les miens, qui croyaient que l'eldorado était de l'autre côté de la frontière. Pourtant l'eldorado c'était nous c'était mes frères, mes soeurs, nos pères, nos soeurs, nos racines, nos traditions, notre mémoire.

On parle beaucoup de mon peuple en moment, d'après notre calendrier c'est bientôt la fin du monde. Il y a quelques années j'aurais pris  peur, je me serais posé beaucoup de questions mais plus maintenant. Un jour dans mon village une américaine est venue nous parler, nous raconter notre histoire, faire résonner les pierres sacrées en nous. Je ne sais pas si c'est Dieu qui me l'a envoyée mais merci d'avoir illuminé ma vie d'avoir creusé le tunnel du savoir comme une vis sans fin qui perfore ma façon de vivre de penser, comme un trou béant que je rempli des  vies de mes ancêtres.

Mes parents m'amenaient devant ces temples, ces pyramides de ruines où ils s'agenouillaient sans que nous puissons comprendre ses dessins, comme j'ai appris bien plus tard des glyphes comme des rébus qui les racontent qui nous fait revivre. La chercheuse américaine m'a appris à lire ces dessins, à les comprendre, à me faire revivre le grand peuple intelligent que nous étions. Des mathématiciens des astrologues des guerriers la culture du maïs de la fève de cacao.

C'est vrai nous arrachions le coeur à des humains  pour le sacrifice au dieu soleil pour le bien de la société. Nous vivions dans des cités états avec des pyramides qui prenaient de la hauteur par vanité un peu comme les clochers des églises pour être le plus grand mais juste en hauteur et pas par la gardeur du coeur et l'amour de son prochain. Nous avions même pensé à récupérer le fil de l'eau, les grandes places étaient badigeonnées d'enduits qui faisaient glisser l'eau avec une pente astucieuse qui remplissait trois réservoirs. Le premier, le plus propre, pour les hauts dignitaires qui vivaient dans les pyramides puis plus bas un deuxième et troisième pour les paysans et leurs cultures, la banlieu quoi.

J'ai appris la datation des calendriers, nous en avions plusieurs, le tzolkin,13 mois de 20 jours puis celui pour usage agricole Haab de 18 mois de 20 jours plus 5 jours à la fin ce qui nous faisait 365 jours. La datation de départ, les cycles,  il y a 16,4 milliard d'années; celui où nous sommes a commencé il y a 3114 av JC et ce termine le 21 décembre 2012, fin d'un solstice et ensuite? ensuite?   

 Un nouveau cycle. A part le vers qui pourrit la pomme de l'intérieur et le soleil, qui lui reste 5 milliard d'année à vivre, que peut il arriver? Nous avions l'eldorado et pour nous, Mayas, la colombe volait la plupart du temps au dessus de nos têtes, sur notre monde, avant que n'arrive là Colomb et Cortez sur leur bateau pour nous voler nous  enlever nous amputer de nos connaissances, notre intelligence, nos vies, nos traditions, au nom de quoi ? D'un dieu, un dictateur, nous on sait, des hidalgos avides de faire parti de la haute. Pour arriver là ou je suis,à vous raconter que le monde serait peut être different, maintenant que je connais mon passé, que je le lis, je le transmets à mon peuple avec fierté, pour que ensemble, un jour,conquistador nous redevenions l'Eldorado, pour les autres.