Dans la forêt de Rambouillet

Peinait un tout petit mousseron,

Sur la mousse près d’un châtaignier,

A se hausser vers les rayons pâlichons,

D’un doux soleil, merveille.

 

A quelques feuilles de cet endroit,

Orgueilleusement se dressait

Un cèpe de bon aloi mais fier-à-bras,

Qui du petit mousseron, se gaussait,

Se moquait, ironisait.

 

La mousse te chatouille le chapeau,

Ridicule petit comestible,

Tu ne monteras pas plus haut,

Pour te voir il faudrait des lentilles,

Ou des lunettes, coquettes.

 

Regarde, moi je vis sur un grand pied,

Et mon chapeau : Une capeline !

Je suis un met fort recherché,

Mon goût est tout à fait sublime !

Magique, gastronomique.

 

Un froissement, deux grandes pattes

Qui s’approchent, un panier qui se pose,

Un couteau qui coupe le grand fat,

Dans le panier gît la belle chose.

Avec ses copains, dans le pétrin.

 

Petit mousseron ne veut plus se presser,

Pour devenir grand, il a bien le temps,

Un rayon d’or qui caresse le châtaignier,

C’est beau, et la mousse est si douce à présent,

Où il se tapit, tout petit.

 

Prenez garde à trop vous vanter,

Vous les grands, les puissants,

On vous coupera le pied,

Ou la tête, ça c’est vu, c’est courant

Craignez la révolution des moucherons !!