La sono est forte mais sans trop et l’acoustique exceptionnelle. Cet ancien établissement hospitalier du Moyen-âge transformé en salle des fêtes et de concerts fait le bonheur des associations universitaires de cette ville de province. Plusieurs fois dans l’année tout ce que la ville compte d’étudiants se donne rendez-vous ici, dans ce cadre extraordinaire pour une soirée mémorable.

 

Après un dernier jerk endiablé, la tension retombe d’un cran et la grande salle se calme. L’orchestre entame le tube du moment pour un dernier slow. Encore essoufflés de la danse précédente où nous venions tout juste de faire connaissance, nous nous interrogeons du regard et, tout naturellement, nous nous enlaçons.

 

Mes mains sur ses hanches, les siennes sur mes épaules, nous nous déplaçons en tournant lentement et voguons en cadence, au rythme de la musique. Les yeux fermés, je ressens du bout des doigts les ondes de sa peau qui frémit. Ses mains se crispent légèrement, j’ouvre les yeux, son regard plonge dans le mien. L’étreinte se resserre, nos souffles se mêlent. Le décor s’estompe et tout semble disparaître autour de nous. Nous sommes seuls, elle et moi enivrés et envoûtés par cette musique. Je la retiens dans mes bras, prisonnière consentante et je savoure ces instants…

 

De ce slow langoureux, un grand amour est né.

Plusieurs années plus tard, les circonstances de nos vies professionnelles on fait que nous sommes séparés… géographiquement, mais nous nous voyons régulièrement pour notre plus grand plaisir.

Et à chacune de nos rencontres, nous ne pouvons oublier celle qui fut la toute première, bercée par cette musique, ce tube planétaire du moment :

« Nights in white satin » des Moody blues

 

Nights in white satin,

Never reaching the end,

Letters I’ve written,

Never meaning to send...

 

 

Nights in White Satin by The Moody Blues on Grooveshark','hspace':null,'vspace':null,'align':null,'bgcolor':null}">