Quand Morphée, fils de Nyx et d’Hypnos
Part gigoter ses douces ailes de papillon
Et faire une teuf d’enfer, à Ibiza ou Mykonos,
En tout cas bien trop loin de mon édredon.

Je commence par le traiter de tous les noms :
Freluquet, paltoquet, tête de limace,
Petit foutriquet et même histrion,
Cela n’est, bien sûr, pas très efficace.

Cela soulage au moins et apaise ma rage.
Après, je prends quelques lambeaux de rêve,
Des copeaux de mots, des bouts de nuage,
Dans ma boîte à merveilles qui cogite sans trêve.

Je tisse une jolie toile sur ma nuit blanche,
Je pose le décor et distribue chaque rôle,
Dans mon théâtre intérieur, pas besoin de planches,
Pour y jouer la scène, inédite, d’une Antigone drôle.

Hamlet, Elvire, Mère courage et Ubu lui-même,
Rien ne résiste à mon talent vainqueur,
Et quand, épuisée, j’aborde enfin Chimène,
Le public, à mes pieds, dépose mille fleurs.

Alors, au sommet de la gloire, dans un dernier effort….
Bzzzz...Bzzzz…Bzzzz…Bzzzz...

JE DORS !!