C’étaient des couloirs aux pancartes trompeuses. Nous avancions, tournions, reculions, demandions…. L’arrivée semblait impossible, puis finalement survenait. Sortir paraissait tout autant ardu, si ce n’est plus.

Si vite je plongeais dans le souvenir ! Longtemps j’ai paniqué lorsque, trop souvent - même à pied,  mon œil ne retient pas le chemin - je me perdais.

A force de retourner en ce lieu, symbole de toutes mes pertes, à force de m’échapper du labyrinthe, chaque fois, un peu plus vivante, à force de regarder en face le jeu de miroirs déformants, j’ai pris la clef des champs libres. J’ai pu, victoire ultime, me promener dans cet hôpital, m’y sentir un peu chez moi parce que j’avais vécu abondamment là-bas, pas tant en durée mais en jours qui pèsent.  

A force de, j’ai pu devenir maitresse des couloirs. Et repartir.