venise1 LA CARTE POSTALE

 

La carte postale réveille une impression d’inattendu, et d’objet dépositaire de temps en lui-même

Elles étaient des prouesses techniques : même ces chats aux yeux d’or, et quand on appuyait sur le renflement de la carte au milieu il couinait.

 Et ces  cartes postales à la surface striée qui selon l’angle nous offraient  une image ou l’autre d’une même ville, jour nuit par exemple et qu’on regardait longtemps, essayant de trouver le point où on pouvait deviner les deux images en même temps.

                                           Les bistrots s’en glorifient, leurs clients en vacances restent leurs clients, idem à l’usine ou au bureau – mais pas chez nous . On stockait la correspondance, souvent dans des cartons à chaussures : les chaussures ne sont pas une dépense mineure, le carton et le papier soie à l’intérieur font partie de la transaction. C’est dans le carton à chaussures que les lettres sont triées par années avec un élastique, les timbres précautionneusement décollés pour qui les collectionne !!!

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venise3                  . C’est dans le carton à chaussures que les lettres sont triées par années avec un élastique, les timbres précautionneusement décollés pour qui les collectionne. Si le texte prime, la carte postale est parmi les lettres, mais à côtés, calées verticalement dans le carton à chaussures, il y a les autres : je peux affirmer, quitte à certaine naïveté, qu’on les regardait pour apprendre. Ce qu’elles nous montraient, nous ne l’avions pas vu. La carte de géographie devenait – lacunairement – un gigantesque puzzle à recouvrir. Nous connaissions Nice et les montagnes, l’Italie et la tour Eiffel. Cela aussi semblait une donnée à jamais pérenne. Nous aussi, lorsque plus tard nous avions l’âge d’aller  seuls dans les villes, ;;;;;;;

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