Je suis quelques jours à Paris et je profite de musarder le long des Champs-Elysées.

Entre la Place de la Concorde et l'Arc de Triomphe, la rue est large. Il y a des arbres des deux côtés de la chaussée qui est envahie par des fiacres, des omnibus et des bicyclettes. Pas de tramways, c'est une des rares grandes artères de la ville qui n'aient pas de rails enfoncés  dans le revêtement. J'entends aussi quelques pétarades de voitures automobiles. Elles ne sont pas trop fréquentes, fort heureusement. J'espère qu'il n'y aura pas un jour un flot de ces véhicules. Comment ferai-je pour traverser si l'espace est envahi par ces engins ?

Il fait si bon aujourd'hui de flâner par-ci, par-là, et de rencontrer du monde habitant Paris ou venant d'ailleurs. Tenez, j'observe au numéro 26 un monsieur qui sort de chez lui. Son crâne est dégarni et a une barbe. Ses grands yeux semblent fixer quelque chose de bien précis, sans que je sache quoi. Surtout je pense le connaître, j'ai déjà aperçu son portrait.

Ah mais oui ! C’est lui ! Je m’en souviens maintenant, c'est le sénateur Poincaré ; Raymond Poincaré, notre ancien ministre des Finances. Succédera-t-il à Armand Fallières en tant que Président de la République ? Ne sait-on jamais.

Une chose est sure : quelle belle époque nous vivons !