Depuis quelques temps, lorsque j'allume mon ordinateur, je n'ai plus de caractères irrésistibles, fous et drôles à offrir en cadeau aux pages blanches des Sans nom 1, 2, 3 et plus – OpenOffice.org Writer. Je ne peux que recopier quelques haïkus que j'ai griffonnés par ci par là entre deux arrêts de bus, entre deux virées vélocipédiques, entre deux rêveries de promeneur solitaire.

Mais je ne soumets plus leur candide innocence à une police quelconque, souvent, comme dans nos sociétés, choisie par défaut. Je fuis cet infini immaculé et m'en vais vaguement surfer, de blogs en blogs. Un petit commentaire par ci pour la qualité photographique et l'amusement des bons mots, puis un petit tour par là sur les statistiques de mes écritures qui se disent folles. Quelques visiteurs égarés tout de même... échoués ici comme sur une île déserte après une navigation hasardeuse... Et finalement, retour sur la page planche que je finis par fermer car les mots ne me grisent pas et je ne la noircis plus... Je ne fais que marmonner et je mange certainement des phonèmes qui pourraient faire des merveilles mais qui ne sont alors qu'affreuses goinfreries...

Je divague dans le vague et les vagues qui m'emmènent loin de mon écran quand, soudainement, mon ordinateur se met à me parler...! Voilà qui est bien étrange ! J'entends de sa paire de baffles sortir ces mots : You talkin' to me ? You talkin' to me ?!!!

Je luis réponds d'arrêter de suivre le festival de Cannes ! C'est vrai quoi ? Qu'il me conduise où il veut mais je ne veux pas de ce taxi las, de ce taxiphone qui me fait perdre le fil ! Il se moque de moi parce que je ne dis rien, parce que je n'écris plus rien ???

Du cou(p), je n'ai plus de tête du tout ! Aussi, je décide de faire un petit casse-briques pour me défouler et zapper cet intrus inopportun et opportuniste.

Niveau 12. En moins de dix minutes... Les choses se compliquent. Je m'agite un peu plus et alors que je m'excite sur la souris de mon ordi, je l'entends à nouveau me parler, plutôt menaçant :

You fuck my wife ? You fuck my wife ???

C'est alors que j'ai un doute... Je ne sais plus s'il suit le festival de Cannes ou le festival de Strauss-Kahn...

Non mais alors, si lui aussi s'en mêle et s'emmêle, où allons-nous !

Il fait beau, il y a un grand soleil. Je suis sorti en plantant mon ordi sur son bureau.
Ouf... Je me sens libre soudain...  sans palmes ni caution !