Au fond d’un encrier, il y a quelques grains de poussière, de minuscules particules qui empêchent la plume de courir sans heurt sur la feuille. La pointe sent l’obstacle, si infime soit-il, dérape, dévie et parfois projette une gouttelette.

La belle page d’écriture est déparée. On est consterné. On s’appliquait si bien, pourtant, le nez sur la feuille.

Au fond de l’encrier, il y a un reste d’encre dont on s’aperçoit, en l’utilisant, qu’elle n’a plus exactement la même couleur : elle est un peu plus délavée, instable. Elle est moins bleue.

La belle page d’écriture devient grise, avec ici et là des petits points plus sombres. On ne trouve pas ça joli. On soupire.

Au fond de l’encrier, il y a encore tous ces mots qu’on voulait écrire. On n’a que sept ans mais on sait déjà qu’il n’y a pas de temps à perdre.

Heureusement, quelqu’un lève le doigt et dit :

- Madame, je n’ai plus d’encre  dans mon encrier !