Au cœur de ce musée, lisse, propre, aseptisé,

La statue blanche aux formes acérées s’en va.

Ailleurs.

Entre chien et loup, à l’heure des derniers visiteurs qui s’attardent.

Elle est lasse d’être exposée là à toutes les mains, à tous les regards.

Blafards.

Pantin désarticulé qui se découvre une âme,

Mais ne peut verser une larme.

Sècheresse.

Son enveloppe de plastique et de carton reste sur son socle

Même position rigide et impersonnelle figée par l’artiste.

Mais elle est partie, elle, la statue.

Forme humaine asexuée qui erre dans le musée

A la recherche d’autres âmes solitaires, en peine.

Alors si au détour d’un dédale de musée vous sentez quelque chose vous frôler

Un souffle frais qui vous fait frissonnez

Accueillez-le, c’est peut-être le corps éthéré

D’une statue blanche ou d’une autre œuvre d’art

A la recherche d’un peu de tendresse et de reconnaissance.