Le portail de tes rêves
Est resté entrouvert,
Je m'y glisse, m'y élève,
Nu comme un ver.

Le portail de tes rêves
Est resté un trou vert
Où coule la sève
D'un jardin extraordinaire.

C'est une resplendissante friche,
Eden luxueux et riche
En séneçons et plantains,
En pissenlits et pâquerettes,
En liserons et pâturins,
En herbes folles guillerettes.

Sans semailles ni Versailles,
Sans entailles ni tenailles,
C'est le nôtre ce jardin !
Sans tambour ni bataille,
Ô chant d'amour en pagaille,
C'est le nôtre ce jardin !

Sous l'épi courbé de la paille,
On peut y suivre le chemin
De nos tendres chamailles.
Des méandres de nos câlins,
Faire l'inventaire, l'éventail,
De nos ébats clandestins.

Cette resplendissante  friche,
C'est le nôtre jardin !
Eden luxueux et riche,
En séneçons et plantains,
En pissenlits et pâquerettes,
En liserons et patûrins,
En herbes folles guillerettes.
C'est le nôtre ce jardin !

Si mes écritures sont folles,
Tes herbes le sont plus encore
Quand elles volent, frivoles,
Aux vents de l'ouest et du nord.