Je pensais que la semaine avait bien commencé que çà allait être le pied. J'étais plutôt en forme, tranquille les pieds en éventail, surtout pas encore prêts à partir les deux pieds devant. J'avais tout pour réussir, aidé, ont m'avait mis le pied à l'étrier. J'étais prêt à braver les océans, j'avais réussi à faire un pied de nez à mon environnement. Plus sur de moi et prêt à affronter les ennuis de pieds fermes, rien ne me ferait tomber de mon piédestal . C'était mal connaître le monde où je vivais, j 'allais vivre un fâcheux contre pied. Avec les femmes je m'efforçais d'être à pied d'oeuvre, elles prenaient leurs pieds, enfin c'est ce qu'elles me faisaient croire. Avec certaines je ne savais plus sur quel pied danser, alors pour me sentir plus mâle, je me durcissais avec l'impression de me lever du pied gauche. Et quelques temps plus tard, je n'avais plus rien. Licenciement à cinquante ans, moins d'argent, moins de femmes, moins de confiance en moi, je perdais pied, plus de maisons, plus de travail, je commençais ma longue descente six pieds sous terre. Je me suis battu d 'arrache pied, mais lorsque la société ne veut plus de vous, elle vous jette à grands coups de pied au cul, et vous ne pouvez que subir. Et quelques temps après, j'ai commencé à fréquenter les va nu pieds, j'étais devenu et accepté "le pied tendre" de la colonie. Ce fut pour moi une dure période où j ai appris et tiré des leçons. Maintenant que j ai relevé la tête, et que je croise des gens dans le besoin, je m'approche et je discute plus volontiers, je traîne moins les pieds en allant les voir. Je ferais des pieds et des mains pour qu'ils aient un peu plus de chaleur et rien que pour eux je garde les pieds sur terre. Un coup de pied que je donnerais plus volontiers dans la fourmilière politiquement respectable du monde ou nous vivons. Un pas difficile à franchir.