Ces derniers jours, j’ai fait travailler mes méninges d’arrache-pied pour essayer de trouver quelque chose à dire. Comme je sais que chaque participation au Défi du Samedi est attendue de pied ferme par tous, qu’on est jugé sur pied par ceux qui ont tendance à prendre toutes les consignes au pied de la lettre, je me suis dit que j’avais intérêt à faire des pieds et des mains, pour aboutir à un récit qui pourrait rivaliser, sur un pied d’égalité, avec ceux de mes compagnons de plume !

… Les pieds sur terre, je suis loin de les avoir… Il y a des moments où je perds tout contact avec la réalité. Tout pourrait bien s’écrouler autour de moi, sans que je m’en aperçoive.

Certains se rappellent peut-être de cette pub des années 70/80 (déjà si longtemps ?!) où un gars, en smoking blanc, mange du fromage à tartiner pendant que le décor s’écroule autour de lui… Et bien, si l’on excepte que je ne suis pas un homme, que je ne porte pas de smoking, on pourrait dire que c’est l’image qu’on peut avoir de moi, lorsque je m’adonne à la lecture ou à l’écriture… Le temps, l’espace, les sons autour de moi s’abolissent, les contingences matérielles n’existent plus.

« Tu as la tête dans les étoiles » disait mon père, indulgent (forcément, nous étions un peu semblables !) Mon mari, lui, n’apprécie pas du tout car, du coup, il doit tout gérer. 

Puisqu’on parle de mon mari… on peut dire que j’ai sans doute trouvé chaussure à mon pied puisque je marche d’un même pied (pardon, pas) depuis trente-six ans avec ce bonhomme, sans m’être lassée. C’est qu’un mec comme lui, je vous le dit tout net, ça ne se trouve pas sous le pied (là, j’aurais dit sabot, m’enfin, puisque ça sert mon propos..) d’un cheval !

Que vous dire d’autre ?...

… Je n’ai aucun sens des affaires. Côté finances, je me débrouille comme un pied. Que ce soit un placement, un achat, je m’arrange toujours pour payer le prix fort, je ne sais pas comment je fais. Du coup, je ne risque pas de vivre sur un grand pied !

… Je manque de confiance en moi, je suis très vite déstabilisée par l’opinion des autres…

Vis-à-vis d’eux, je ne sais jamais sur quel pied danser. J’éprouve cela comme un handicap, vraiment.

Ah, j’oubliais ! Je n’ai pas le pied marin, il me suffit d’entrer dans un port et de voir des bateaux, pour attraper le mal de mer !

Pour conduire, je suis plutôt pépère (mémère ?), jamais le pied au plancher. En toutes circonstances, j’adopte un train de sénateur, exaspérant les autres conducteurs.

Mis à part ça, ça peut aller, j’ai bon pied, bon œil, bien qu’à l’approche de la soixantaine, je porte des lunettes et j’aie de l’arthrose dans les genoux !

Par contre, depuis que je suis à la retraite, c’est le pied ! Rendez-vous compte, avoir du temps pour faire que ce qui plait… Car, même si j’aimais beaucoup mon métier, il faut reconnaître que ces dernières années, j’y allais en trainant les pieds.

Ah… Ne plus avoir à se laisser marcher sur les pieds  par … des casse-pieds, quel pied !

Maintenant, le matin, quand je me lève, je fais bien attention à comment je pose les pieds par terre : j’essaie d’éviter de poser le pied gauche en premier… et je ne sais pas si c’est ça, mais il est vrai que mon humeur s’en ressent.