Elle sort de la chambre où règne une tiédeur fade.
Elle referme doucement la porte derrière elle, le cœur serré, comme chaque soir.
Elle marche sous les néons d’un couloir aux odeurs diverses et aux bruits de télé.
Elle redescend tous les étages à pied parce qu’elle a besoin de marcher.
Elle sort prestement à l’air libre et respire à fond.
Elle se sent un peu coupable du petit bonheur qu’elle ressent à être dehors.
Elle cherche des yeux parmi toutes les fenêtres, là-haut, celle de la chambre qu’elle vient de quitter.
Là, elle est là.
Elles se font un petit signe de la main.
Aucune des deux ne sait si l’autre l’a vue.
Aucune des deux ne sait si elles se reverront.

Car un de ces soirs est le dernier.
Le lendemain, l’hôpital l’appelle : « Votre grand-mère est DCD »

Aujourd’hui encore quand elle repasse devant, elle reconnaît la fenêtre.
Alors elle la regarde intensément, comme si elle guettait quelqu’un pour lui faire un ultime signe de la main.