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Le défi du samedi
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29 janvier 2011

Mais demain elle ne sera plus là... (The Unknown)

Enfin du boulot, enfin un taf, enfin un chez moi, plus besoin de squater chez mes vieux, enfin libre, pouvoir me pieuter à l’heure que je veux, voir qui je veux et surtout plus eux, plus leur visages résignés, écouter la zik à donf, plus besoin de casque, plus les entendre se plaindre, mal par ci, mal par là, les tamalous, enfin.

Trois mois que j’ai trouvé cette place, six mois sans rien du tout avant ça, même pas un intérim, que dalle, chier, mais là ça y est, c’est la bonne cette fois, un CDI, un putain de contrat à durée indéterminée, je l’ai, il est signé, période d’essai de mon cul, j’y suis arrivé, mon appart, ma piaule, ma chambre, au fond de la cour, noire, tous les matins quand je rentre, enfin.

Une douche, ça pue dans cette boîte, une boîte de raviolis, l’odeur de la mort, je vais tous les niquer ce matin, l’abattoir, ah le réseau, je me demande si on pue comme ça quand on crève, Enemy Territory ouais, pas sûr, je vais les mettre minables avec mon nouveau flingue, deux heures du mat, vive le travail d’équipe, m’en fout, moins de monde, plus rapide, enfin.

Le réveil, mardi, les carcasses, mercredi, on dirait que ça pue moins aujourd’hui, jeudi, nan en fait, vendredi, ce soir je les mets minables, dimanche, la nuit de folie, le porche, pourquoi elle a pas voulu, la cour sans ombres, dort jamais la vieille, toujours allumé sa fenêtre quand je rentre, ça pue, merde j’ai ramené l’odeur avec moi, pour ça qu’elle a pas voulu, une douche, vivement samedi, enfin.

A la bourre, pas sonné, va encore gueuler, vivement une heure, mince ça chlingue encore ici, pas moi, toujours allumé, pas claire celle-là, m’en fout après tout, pas mes oignons, bien assez de l’autre con qui gueule sans arrêt, plus vite, il a qu’à le prendre le couteau lui, samedi sûr je la ramène, le bus, ce soir j’aurai ma revanche, enfin.

Crevé, quelle journée de ouf, mon arrêt, dès que je peux je me tire de ce taf, quel con, le porche, une douche mon Ronron et au pieu, la cour sans vie, la fenêtre éclairée, cette odeur, elle est space la vioc, on y voit rien avec ces rideaux, elle joue peut-être à Enemy Territory, délire, enfin.

Téléphone, mercredi, au moins lui il sonne, jeudi, un virgule six pourcent super, jeudi, ça c’est de l’augmentation, vive le SMIC, vendredi, y a pire comme boulot au fond, demain Carrouf, samedi, c’est quoi ce Bronx, pompiers, pas assez dormi, les flics, quoi, moi, la vieille, non, des chèques à moi dans sa boîte, ouais mon loyer tous les mois, quoi, morte, un mois.

Dimanche, dormi seul, le bus, chiant elle a dit, le porche, fais la tronche toute la soirée, la cour sans vie, rien à foutre, la fenêtre, la lumière, éteinte, enfin, allo, Maman, ouais c’est moi, moi aussi, pas eu le temps, pas grave, non, je peux venir manger avec vous ce midi, a tout à l’heure, Maman, je t’aime.

Commentaires
T
Nous sommes tous destinés à devenir des t'as mal où, on a trop souvent tendance à l'oublier. Merci pour les com's. Je vais essayer d'en laisser sur vos messages la semaine prochaine.
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M
Entre "les vieux" et "Maman" ... il s'en est passé des choses !!! L'école de la vie ...
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Z
si on se fait traiter de tamalous, vous n'allez pas être en odeur de sainteté ici :-)<br /> bravo pour ce texte très rythmé fait pour essouffler les pauv'tamalous du défi et bienvenue parmi nous.
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T
Belle tranche de vie
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J
Pour une plongée dans l'inconnu c'est une plongée dans l'inconnu !
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