La porte est fermée, la fenêtre ouverte

Juste assez pour voir dedans la maison

Mais le soir descend et son ombre verte

Embrume les meubles et j’ai un frisson

Y a-t-il quelqu’un ? Je ne vois personne

Ou peut-être un homme au fond du fauteuil ?

Je frappe au carreau et sur la console

On dirait un chat qui n’aurait qu’un œil

J’appelle à mi-voix, on reste immobile

Est-ce vous, Germain ? J’ai peur tout à coup

Le bois est tout près dans ce coin tranquille

Et ce cri soudain, serait-ce un hibou ?

Si Germain se tait c’est qu’il est malade

Prenant mon élan je grimpe à mi-corps

Il me connaît bien, je viens en balade

Dites-moi, Germain…Mais Germain est mort !

Depuis ce jour-là, devant sa fenêtre

Je passe en fermant les yeux sur l’oubli

Pauvre ami Germain ! Il m‘aimait peut-être

Je n’en ai rien su. Je l’aimais aussi…