VENISE_123

Une incompatibilité sourde m’unissait à ce torche cul
Ses grivoiseries que je ne comptais plus pillaient mes terres et mes héritages.
A ma silhouette gracile venait me rejoindre sa corpulence obscène.
Il n’avait de glorieux que sa difformité, alors que ma frêle apparence s’estompait dans le jour.
Il avait un humour qui lui faisait cacher son argent dans le cul d’une mule pour duper les idiots et leur faire croire qu’elle déféquait de l’argent pour leur vendre le bestiaux à prix d’or.
J’écoutais lasse ses tours de passe-passe alors que mes doigts gantés sur le dos de la harpe frissonnaient de plaisir.
A Vérone pourtant sa vivacité d’esprit suppléait chez lui à la beauté.
Lorsqu’il parlait, semblaient autant de marmites cuisant à gros bouillions.
Mon charme passait pour de la coquetterie, ma séduction pour un pouvoir néfaste, ma poitrine de cigale ne remplissait pas ces mains de géants.
La médisance enflait dans le royaume.
A quoi donc ressemble cette union ?
Regardez son regard, disaient les médisantes de ma personne. Ses yeux reflètent des choses inconnues.
Que produira cette union ? Un étrange enfant moitié carpe moitié lapin.
A la place des bras de petites branchies, l’enfant respirait comme une huître.
A sa naissance il se mit tout de suite à hurler. Il courait de ci de là dans tous les coins.
Mais des femmes heureusement expertes le saisirent par ses oreilles de lapin, se jetèrent sur lui et l’étouffèrent.
Dans sa sagesse la nature soupire d’aise.
L’inconciliable n’a pas d’union féconde.