J'étais oiseau de feu, Phénix de légende,
J'agonisais le soir pour renaître au matin,
Vénéré des humains j'illuminais le monde,
La mystique du feu tel était mon destin.

Au temple du soleil j'étais l'enfant de Rê,
Sur la barque sacrée nous voguions de concert,
Chevauchant hardiment les vagues de l'Enfer,
J'étais Roi, j'étais Dieu, sur l'autel vénéré.

Un jour les dieux moururent, au progrès sacrifiés,
On célébra l'atome et l'électricité
Puis l'on me délaissa pour le feu nucléaire
Qui déchira mes os et me rongea les chairs.

Depuis je gis ici à l'ombre d'une clairière,
J'ai perdu ma superbe, de rayons je n'ai plus,
Comme un métal rouillé je m'effondre en poussière,
Les hommes ne m'aiment plus, les Dieux ont disparu.