7 h : 7 heures ? Oser me réveiller à 7 heures du mat’ un dimanche de vacances ? Ca va pas, non ?

8 h : Rasé de frais, l’esprit un peu plus clair, le Dimanche-Ouest-France dans le sac à dos et le croissant au beurre rendu au bout des orteils, j’admets qu’on l’avait bien prévue, cette équipée sauvage dans Nantes.

8 h 05 : La petite Peugeot est pleine à craquer. Assis à la place du mort bien qu'ignorant tout du bridge over troubled water, je suis même obligé de poser mes pieds sur un carton plat. J’espère que ce n’est pas un truc fragile, à l’intérieur !

1008229_0329 h 30 : La cliente, Mlle Fifille, est chez elle, rue Dumoulin, en compagnie de M. Fiston, venu prêter main forte. Il arbore un tee-shirt de geek qui lui va bien au teint.

9 h 45 : Evidemment, dans la rue des Kébabs, il n’y a pas de place pour stationner ! Heureusement, à gauche un peu plus loin on en trouve une dans la rue du Gus maffieux.

10 h : On a fini de crapahuter là-haut le premier chargement. 4 étages sans ascenseur ! On retourne rue Dumoulin en laissant des tréteaux sur la place de stationnement « pour ne pas qu’on nous la pique » dixit Madame Epouse. Moi je crains plutôt qu’on ne nous embarque les tréteaux !

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10 h 15 : Mais c’est quoi ces cartons ? Elle a jamais déménagé ou quoi l'étudiante ? La mini-chaîne avec ses deux baffles dans un carton même pas scotché au fond, elle a vraiment pas peur ! Faiche, comme on dit chez Claire Bretécher ! (Madame Wiki m’apprendra plus tard que cette native du bélier est née… à Nantes !).

10 h 30 : 1er étage : 10 marches, un coude, 10 marches ; 2e étage : 13 marches, un coude, 11 marches ; 3e étage : 6 marches, un coude, 7 marches ; 4e étage : 6 marches, un coude, 9 marches plus étroites et plus raides que les autres ! Ils ont vraiment tout fait pour qu’on se casse la gueule, les architectes nantais ! Mais les Rennais résistent !

11 h : Comme il n’y a que deux places dans la voiture, je laisse madame Epouse et M. Fiston faire la navette en caisse ( !) et je marche du studio à l’ex-piaule. Sur mon chemin, je trouve moyen de repérer une voiture décorée d’un fer à cheval et une boutique de coiffure qui s’appelle « Je reviens de suite » !

11 h 30 : Arrêt des hostilités pour cause d’estomac dans les talons. Les clients m’emmènent dans un « Routiers » où on avait bien tortoré la dernière fois qu’on avait fait du transbordement à Nantes.

12 h : En général les Routiers sont sympas mais plus celui-ci ! Le Gasthaus a changé de nom, de cuistot, de carte et de tarifs ! Je n’ai pas retrouvé ma pizza « Pescatore » et la « Rosa » tiédasse avec ses feuilles d’épinards crus décorées de trois gouttes de crème fraîche, c’est limite du foutage de gueule bobo, non ?

13 h : C’est aussi une drôle d’idée que d’installer la terrasse entre la piste cyclable et les rails du tramway : chaque fois que le bestiau passe, on n’entend plus ce qu’on mange !

13 h 30 : Le café gourmand est très bien ! A 6,50 euros, il peut ! Si je reviens ici, je ne commanderai que1008229_034 ça et un verre d’eau du robico parce que la carafe de rosé de Provence de 50 cl à 16 euros, ça donne envie d’aller faire bouffer au bistrotier sa baisse de TVA à 5,5% non répercutée au client !

13 h 45 : Comment ça, « L'addition est pour toi » ? Elle se paie ma tronche, la cliente, ou quoi ? Madame Epouse me fait valoir que le Bon Dieu me le rendra. Je me vois, tiens, en train de demander des comptes ou des contes à Ludivine ! Soit disant que Mlle Fifille et moi on serait parents à la mode de Bretagne ! Mais à ce tarif-là, on deviendra jamais riches non plus ! Déjà qu’on paie le loyer !

1008229_035bis14 h : On retourne au turbin, ce malgré l’ambiance « Millionnaires du dimanche ». En route on croise le Maneken pis, des bateaux sur l’Erdre, des orchestres qui font leur balance. Car non seulement on bosse un dimanche mais en plus on rate la Fête de la musique locale ! Consolons-nous : Favet Neptunus Eunti ! Neptune favorise ceux qui marchent !

15 h : Un transporteur au prénom espagnol est venu renforcer l’équipe avec sa Citroën Saxo. Il ne reste plus que le canapé, heureusement démonté, et le futon en trois morceaux. 2 voyages seront suffisants.

16 h : C’est fini. Après un peu de nettoyage dans l’ancien gourbi, on rentre à Rennes sous ce soleil radieux qui vient toujours narguer le monde l’avant-veille du retour au boulot !

17 h 30 : Je vide une demi-bouteille de limonade !

18 h : Pourquoi j’ai une soudaine envie de m’endormir dans mon bain, moi ?

19 h 30 : Pour le dîner, une bière blanche me suffit. Je suis encore en train de digérer la pizza et le verre de rosé bio de luxe ! (Le lendemain, je retrouverai dans ma poche de veste le ticket de la brasserie Paul à Rouen où la même prestation nous a été facturée 7,80 €, soit moitié moins cher !)

21 h : Bonheur-du-jour ! Seul devant mon ordinateur, j’ai enfin réfuté le coup. 6… f5 dans le gambit Morra de la défense sicilienne ! Je le savais que c’était un coup foireux  mais je me cassais les dents depuis vendredi sur cette partie d’échecs au niveau 6. Je vous donne la solution, elle vaut le jus, je trouve !

dds_2010_ete_9_gambit_morra1. e4  c5 2. d4  cxd4 3. c3  dxc3 4. Nxc3  e6 5. Bc4  f5 6. exf5  exf5 7. Qb3  Nf6 8. Bf7+  Ke7 9. Nf3  Nc6 10. o-o  d6 11. Re1+  Kd7 12. Nb5  Qb6 13. Be3  Qa6 14. Bc5  Na5 15. Qe6+  Kd8 16. Qe2  Ne4 17. Rad1  Nc6 18. Bc4  Qa4 19. Bxd6  Bxd6 20. Nxd6  Nxd6 21. Rxd6+  Kc7 22. Bb5  Qxa2 23. Red1  f4 24. Qc2  Kb8 25. Bxc6  bxc6 26. Ne5  Bb7 27. Nxc6+  Bxc6 28. Qxc6  Qa5 29. R6d5  Qb6 30. Rb5  Qxb5 31. Qxb5+  Kc7 32. Rd7+  Kc8 33. Qb7+

Comment ? Ca ne parle à personne, ici, ce charabia ? Même pas le sacrifice de fou au 14e coup ? Tant pis, je jubile quand même !


22 h : Finalement j’ai bien fait de poser le lundi 30 comme jour de congé avant de reprendre le travail mardi. Peut-être, par un coup de chance insoupçonné m’arrivera-t-il demain une espèce de miracle qui me fera sortir de la catégorie « Fous contemplaintifs de la 44e D.B.D.B.* » ?

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