Chapitre 7 - Défi n°59, Les oiseaux de nuit... (Fafa)

 

- Bonjour Mademoiselle, je voudrais parler au juge Hais s’il vous plaît.

- De la part de qui je vous prie ?

- Lieutenant Roste.

- Un instant.

- ...

- Je vous le passe.

- Merci.

 

 - Lieutenant Roste !

 - Monsieur l’juge.

 - Quel bon vent vous amène ?

 - ...

 - Je plaisante, votre mandat de perquisition pour la BNG c’est ça.

 - Absolument. Sauf votre respect je commençais à trouver le temps un peu long.

 - Je comprends. Ecoutez je suis désolé mais je ne peux pas vous le donner. Vous n’avez aucun élément pour appuyer votre demande.

 - Monsieur l’juge, vous me connaissez, vous savez que je ne vous dérange pas pour rien. Si je vous demande un mandat c’est qu’il y a quelque chose de pas clair, je l’sens et vous savez très bien que j’ai le nez le creux pour les trucs louches !

 - Il n’empêche Lieutenant que je n’ai rien pour étayer cette demande.

 - Qu’est-ce qui se passe Monsieur l’juge ? Ce n’est pas la première fois que je vous demande quelque chose avec les mains vides et qu’au final je vous ramène une belle affaire !

 - Je sais, mais là je ne peux rien faire.

 - Vous ne POUVEZ ou vous ne VOULEZ rien faire ?

 - Doucement lieutenant, dois-je vous rappeler à qui vous parlez !

 - C’est si gros que ça la BNG ? Ou alors vous avez des actions chez eux !

 - Dernières sommations Lieutenant, vous êtes à deux doigts de l’outrage.

 - Je ne pensais pas que l’argent pouvait vous atteindre...

 - Là vous avez dépassé les bornes lieutenant, personne ne m’a acheté et personne ne m’achètera jamais, il y a d’autres poissons dans la mer, celui-ci est trop gros pour vous et pour moi c’est tout ! Je vous conseille d’être revenu à plus de raison la prochaine fois que vous me demanderez quelque chose, sinon je ferai en sorte que vos supérieurs vous rappellent à l’ordre plus formellement. Me suis-je bien fait comprendre ?

 - Parfaitement... Au plaisir Monsieur Le Juge.

 

 - Putain d’pognon ! Putain d’capitalisme de merde !

 - ... ?!

 - Durand, tu vas m’appeler la BNG et leur dire que le juge nous a filé un mandat pour fouiller tout leur siège et les labos !

 - Mais Lieutenant le juge ne vient pas de vous le refuser ?

 - Si, mais ils n’en savent rien. On va secouer un peu la fourmilière et voir ce qui en sort...

 - Entendu Lieutenant.

 

***

 

 - Un thé ?

 - Volontiers merci.

 

Le psychothérapeute quitta son fauteuil Barcelona et se dirigea vers la porte d’entrée du bureau derrière laquelle Il disparut pour ne réapparaître que dix minutes plus tard, portant un plateau sur lequel se trouvait une théière Oïgen, deux tasses et quelques biscuits disposés sur une petite assiette en porcelaine d’Imari.

 

 - Nous voilà fin prêt pour votre récit, dit-il en se rasseyant.

 

Il servit le thé, ne proposa ni sucre, ni lait, ni citron comme il se doit et attendit tranquillement que la jeune femme qui n’était plus allongée reprenne le cours de son histoire

 

 - ...

 - Je ne me souviens pas de grand-chose du parcours, j’étais endormie quasiment tout du long. Juste à un moment nous sommes passés sur un dos d’âne, j’ai ouvert les yeux et j’ai aperçu la vitrine d’un café qui faisait un angle de rue. Ensuite j’ai re-sombré.

 - Vous vous souvenez du nom du bar ?

 - Non je ne crois pas...

 - Dommage, sous hypnose nous aurions peut-être put le faire remonter...

 - Peut-être que le nom de ce café me reviendra plus tard...

 - SOURIS !

 - Qu’est-ce qui vous a pris de crier comme ça PHILLIES ?!

 - Excusez-moi, mais je vous ai programmé lorsque vous étiez encore sous hypnose avec un mot clé, « souris » en l’occurrence, pour qu’à chaque fois que je le prononce, le souvenir qui vous échappe ressurgisse aussitôt mais il fallait pour bien faire que je fasse un peu jouer l’effet de surprise à la première utilisation. Je crois que ça marche, vous m’avez appelé Phillies.

 - Phillies ? Oui maintenant ça me revient effectivement, un café assez vieillot avec une devanture en moulure et PHILLIES écrit en lettres dorées. Merci Docteur. Euh, Jean-François. Cela ne me dira malheureusement pas où ils m’ont emmené mais un indice au moins sur la direction prise...

 

Je commençais à me réveiller lorsque la voiture s’est arrêtée. Nous étions dans un parking souterrain totalement désert. La paire de bras inconnue et celle du chauffeur m’ont soutenu jusqu’à la porte d’un ascenseur et nous sommes montés au sixième et dernier étage.

 

J’avais la nausée et lorsque la cabine s’est immobilisée un peu vite j’ai vomi mon repas sur le pallier.

 

Là, sur le pallier, je me serais cru au labo, à la BNG, partout des sas, pas des portes. Ils m’ont emmené dans un box qui aurait pu être un cabinet de dentiste. J’ai été attaché par des sangles sur un fauteuil articulé qui a été mis en position table. Je leur demandais ce qu’ils allaitent faire, je suppliais de parler à Philippe...

 

 - Philippe ?

 - Oui, nous sommes, nous étions plutôt, comment dire... proches, il était un peu plus que mon patron ce pourri. C’est lui l’homme de la photo dans l’appartement. Quand je pense que cet enfoiré m’a...bref, vous voyez ce que je veux dire. J’avais confiance en lui, toutes les belles paroles, toutes ses belles promesses, une raclure qui marche pour les gros bonnets de la finance et un maquereau en plus ! Si je le coince je lui montrerai que moi aussi je sais faire des trucs avec des petites bêtes !

 - Des petites bêtes ?

 - Oui. Finalement Philippe est venu avant qu’on « m’opère », une fois que j’ai été bien attaché et qu’un bon calmant m’ait été administré, il m’a tout expliqué. Il m’a dit qu’il le faisait pour mon esprit de chercheur et que de toute façon, je ne risquais pas de le raconter après.

 

Vous voyez, la BNG a fait travailler énormément de chercheurs dans un tas de domaines très différents les uns des autres et comme pour moi, à chaque fois que les recherches aboutissaient, ils « volaient » les résultats qui tous risquaient d’aller à l’encontre des firmes qui se cachent derrière les bonnes intentions apparentes de la fondation.

 

Lorsqu’ils ont découvert l’état d’avancement de mon projet et surtout la partie production d’énergie que j’avais soigneusement caché jusque là, ils ont paniqué. Les firmes pétrolières, entre autres, ont vu leur avenir réduire comme peau de chagrin, toute la filière nucléaire itou, vous voyez la cata pour tous ces actionnaires. Ils ont décidé de faire appel aux oiseaux de nuit pour remodeler l’histoire à leur goût.

 

Il y a quelques années, un chercheur spécialisé dans les nano technologies a trouvé le moyen de créer de microscopiques robots, capables, après implantation dans la substance grise, d’aller détruire les plaques amyloïdes et d’autres, responsables de la maladie d’Alzheimer par exemple. Mais les laboratoires pharmaceutiques ont vu ça d’un très mauvais œil, leur ventes de soins palliatifs risquaient de chuter et leur dividendes par la même et comme ils comptent parmi les plus gros donateurs de la BNG, ils se sont arrangés pour « étouffer » l’histoire.

 

En lieu et place d’un remède miracle contre beaucoup de lésions cérébrales, ils ont mis au point le lavage de cerveau le plus efficace qui soit, jusqu’à votre intervention bien sûr ! Les nano robots isolent les neurones qui stockent les souvenirs à annihiler et empêchent ainsi le cerveau d’accéder à une partie de sa base de données. Mieux, ils sont capables d’implanter de nouveaux souvenirs, très simples, pour mieux faire passer la pilule à leurs patients. Ils appellent ça les oiseaux de nuit, ils passent sans plus de bruit qu’un froissement d’aile et après eux il ne reste qu’un trou noir comme la nuit.

 

C’est ce qu’ils ont fait avec moi. J’étais sensée me souvenir de mes recherches sur le traitement des déchets par les bactéries mais plus de l’application de production d’électricité.

 

 - Incroyable !

 - Je vous avais promis du lourd...

 - Comment peut-on en arriver là pour quelques millions d’Euros ?

 - Des milliards Jean-François, des dizaines de milliards d’Euros ! Certains sont prêts à tuer pour bien moins ! Mais grâce à vous nous allons pouvoir les stopper. Il faut que je réunisse quelques pièces à conviction et ensuite j’irai voir la police. En attendant je vais jouer leur jeu.

 

 - Depuis combien de temps avez-vous « disparu » ? Quelqu’un a bien dû s’inquiéter de ne pas vous voir et prévenir la police.

 - J’en doute. Vous savez, à part mon travail au labo, mes seuls moments de libre je les passais avec l’autre enflure. Mes parents, mes frères, ils n’ont pas reçu de mes nouvelles depuis belle lurette... Tout ça va changer.

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Une petite fille parlait aux oies…-défi #9- (32 octobre=

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Note de Walrus

Suite au commentaire de Joye, je joins un fichier au format pdf

Fille aux oies

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Liste de courses d'un désordonné -défi #6- (Joe Krapov)

Chez Nature et découvertes :
- un coffret de santal et un collier de griffes
- un nuage en pantalon
- des illuminations

A la librairie du Furet du Nord :
- un roman inachevé, des histoires de jadis, des paroles de naguère, et, parallèlement, des cantilènes en gelée
- du papier à lettres de mon moulin

Chez le fleuriste :
- un bouquet de fleurs du mal
- des roses pour aller voir si les mignonnes ont point perdu cette vesprée leur teint de légende des siècles et de dames du temps jadis en balade

A la jardinerie :
- un peu du bonheur d’Adrienne pour le mettre dans le pré

A l’agence de voyage :
- un ticket d’entrée dans un rêve étrange et pénétrant

A la droguerie :
- de la Soupline de Paris
- des paradis artificiels
- des alcools et des calligrammes
- des lés pour les reines qui font tapisserie pendant que les murènes chantent des hymnes d’esclaves

A la maison de la presse, acheter les « Dernières nouvelles des étoiles »

Chez le taxidermiste :
- une cigale, une fourmi, un rat des villes et un rat des chants (deux mâles) d’aurore
- un raton laveur.

A la pharmacie : faire prendre ma scansion pour savoir dans quelle étagère.

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Un tramway nommé désir (chanson) (Sebarjo)

J'arriverai par le tramway, sur ce même quai demain

Tu me verras j'en suis certain, j'aurai des fleurs à chaque main.

 

Alors, si tu le veux, viens me chercher

Alors, moi j'aimerais, viens me retrouver...

 

Je descend de ce tramway, sur le même quai qu'hier

En te cherchant parmi la foule, qui peu à peu se fait légère.

 

Allez, si tu le veux, viens me chercher

Allez, moi j'aimerais, viens me retrouver...

 

Je me suis assis sur ce banc vert, le quai était déjà désert

Je t'attendrai encore une heure, en écrivant ces quelques vers.

 

Allez, si tu le veux, viens me chercher

Allez, moi j'aimerais, viens me retrouver...

 

Je suis remonté dans ce tramway, nommé désir de te revoir

Je rentre seul encore une fois, mais en gardant toujour l'espoir

 

L'espoir, qu'un jour tu viennes me retrouver

L'espoir, que ce jour devienne réalité...

 

Car je remonterai dans ce tramway, sur le même quai demain

Tu me verras j'en suis certain, j'aurai des fleurs à chaque main...

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En 2018, bientôt ... fermez le ban ! (Zigmund)

En 2018,  bientôt ... fermez le ban !


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En 2018, ces arbres sans aucun intérêt commercial auront enfin disparu.

Une fois qu’ils seront coupés(et les lauriers aussi) nous pourrons licencier les trois jardiniers  qui devaient ramasser les feuilles et nettoyer les allées du parc. Un robot avec K*rcher intégré permettra que le revêtement reste beau et propre.

En 2018, le parking du fast food aura enfin pris la place de cette partie du jardin : qui regrettera ces sièges qu’il fallait repeindre régulièrement à force d’accueillir les fesses des mémères  à chien chien ou des « cas soc » à gros chien ?

En 2018, les animaux seront interdits dans la ville et les vieilles dames rejoindront leur place dans la maison de retraite «  les petits pas » prévue au bout du parking du centre commercial près des  pompes  à essence, et la prison mitoyenne accueillera les délinquants. Des caméras seront installées à cet endroit pour surveiller cette partie de la zone industrielle.

En 2018, la zone commerciale qui verra le jour à la place du jardin des plantes sera bien plus utile que cet îlot de verdure sale.

En 2018, seuls quelques écologistes  attardés  et chevelus regretteront ce jardin public et ces grands arbres, ces allées sales (pleines des  feuilles des arbres …beurk ! ) . S'ils veulent faire dans la nostalgie, qu’ils se contentent de mettre cette photo  en fond d’écran sur leur ordinateur.

Néanmoins, nous leur conseillons la discrétion car en 2018, la loi  anti opposition permettra de remplir la prison en toute légalité.

 En 2018, vous n’aurez même plus besoin d’aller voter il vous suffira d’aller à l’hypermarché et de valider votre carte vitale consommation.

En 2018, notre cité sera devenue un pôle d'attraction pour les investisseurs et un exemple pour nos voisins. les travaux ont déjà commencé...

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DIX VIES EN UNE -défi 11- (Cédille)

 

Chaque matin je me levais et ouvrais les yeux sur un décor ou le pharaonique le disputait à la grandeur solennelle d'une cathédrale. La soie des draps me caressait délicatement à chaque mouvement et j'éprouvais un plaisir sans bornes à promener mes jambes sur le tissu précieux. Puis venait jusqu'à mes oreilles le chuchotement des vagues du lagon comme un appel à l'amour dans une eau qui avait la pureté d'un diamant noir...

Le miroir me renvoyait l'image d'une jeune femme blonde qui aurait pu être belle si elle n'avait abusé la veille d'une petite mousse, suivie d'une autre petite mousse, suivie d'une, non de beaucoup de petites mousses ! Je pris une Royale menthol en chantonnant : j'sais plus qui j'suis, j'sais plus qui j'suis !


Un appel retentit : Ève ! Ève !... Je mis un temps avant de réaliser qu'il s'agissait de moi... Je ne savais plus, après tant de vies vécues en une seule !

Ce que je savais c'est que j'avais très envie d'un diamant, d'un gros diamant. Depuis la veille cette envie ne me quittait pas.


D'ailleurs parlons diamant pensais-je... ne pas oublier de suggérer au grand Zig qu'il n'y a pas meilleur cadeau pour prouver son attachement, mais fais gaffe Henriette (Henriette je crois que c'est moi mais j'ai un p'tit doute,) veille surtout à ne pas pousser le pépère dans les orties... et pendant que tu y es veille aussi à ce que ta caboche garde bien en elle que tu es Ève ici... et prends bien soin de laisser Henriette là où tu aurais bien cru la voir finir son existence : au Juvénat de l'île trucmuche ou sur les planches du Fol Amant ! Penses-y bien ma toute belle me disais-je en me levant pour savourer le petit déjeuner qu'un tahitien musclé à souhait venait de déposer devant moi (faudra que je trouve un instant pour lever le tahitien pensais-je).


Ève ? Henriette ? Sœur Maria de Jésus ? Ninon Bouche en Cul ? Lova Roploplo ? Je ne savais plus très bien. Faut dire qu'il y avait de quoi !


Née Henriette LEGROS dans les années cinquante, j'avais passé mes quinze premières années en cité d'urgence avec quatorze frères et sœurs, deux parents alcooliques professionnels, une grand-mère voleuse de poules et fille de joie à ses heures (on l'appelait encore La Grande Lola), un grand-père qui à quatre-vingt ans estimait encore être le parrain du coin même s'il n'était  plus charrieur à la mécanique (Fred Pied Léger qu'on le surnommait, car il était aussi leste qu'un danseur étoile), c'est vous dire !


A quinze ans, ivre de l'univers (que je croyais m'appartenir) j'étais partie un matin sans demander mon reste. Las ! Qui n'a pas connu la rue ne peux comprendre. Un temps je crus à l'amour, le vrai, l'éternel, celui qui vous fait briller dans les yeux de l'autre, je suis une passionneuse qui dévore tout au propre comme au figuré, faut l'savoir !


Voilà ce que j'étais jusqu'à ce que Bébert le Toulousain, mon homme, mon marlou chéri aux yeux fauves me prête à Yamamoto Kadératé un japonais ex sumo au regard plus torve que torve !


Nouvelle fuite, nouvel univers, nouveau nom ! Je fus recueillie par une dame patronnesse, comtesse de son état, qui me confia au Juvénat des Filles du Christ. Je mis un temps à m'adapter. Par exemple les sœurs n'aimaient pas du tout me voir dévaler les étages sur la rampe d'escalier, n'appréciaient pas vraiment de m'entendre proposer la botte au jardinier du monastère (moi j'étais gentille, j'voulais faire plaisir à ce pauvre homme). Je mis un an avant de répondre lorsque j'entendais « Sœur Maria de Jésus, au parloir ! »


Il fallait que je me regarde dans la petite glace de ma cellule et que je me répète : si t'entends Sœur Maria de Jésus tu réponds, Sœur Maria de Jésus, c'est toi !


Le Juvénat c'était pas si mal, sauf qu'il fallait se lever au milieu de la nuit pour aller à la prière alors qu'auparavant c'était l'heure à partir de laquelle je commençais à trouver un certain goût à l'existence ! Je garde encore le souvenir de nuits de salsa et de samba dans les bras de Bébert !


- ah c'que t'es belle ! Ah c'qu'e t'es bonne Ninon Bouche en Cul me serinait-il ! La danse tu l'as dans l'corps comme du bon pinard !


Hélas ici, au Juvénat, salsa et samba ne faisaient pas partie de l'ordinaire des nonnes et le seul exercice physique autorisé était la génuflexion et l'exercice terrible du Prie-Dieu ! Faut l'voir pour le croire ! Deux heures à genoux sur un Prie-Dieu est un exercice de niveau olympique et vous en sortez aussi moulue qu'après passage dans un presse-purée ! Ajoutez à cela que j'avais une voix qui arrachait des cris d'effroi à la chorale des nonnes et vous aurez compris !


- Vous roucoulez Sœur Maria me répétait la Mère Abbesse, vous roucoulez, c'est indécent !


Il y avait aussi mon vocabulaire qui ne satisfaisait pas et j'avais du mal à faire comprendre à la Mère Supérieure


- qu'aller au canard ça faisait du bien,

- que « les dessous de Paris » n'étaient que mon porte-jarretelle et ma petite culotte,

- que lorsque je disais que Sœur de l'Enfant Roi se parfumait à l'essence de chaussette ça voulait dire qu'elle puait des pieds

- qu'un étalon n'était pas un cheval, encore moins un bourrin mais un homme qui faisait bien l'amour

- que je n'étoufferai plus jamais la bouteille de vin de messe... je disais vrai !


Bref les nonnes se déliquéfiant et la Mère Supérieure s'étranglant, j'avais l'impression désagréable d'être de la Paroisse de la Nigaude, et entre roucoulades et Olympiades du Prie-Dieu j'ai déclaré forfait au bout d'un an. Adieu l'habit immaculé, adieu le voile qui me coupait le front, à moi bas noirs, bouche rouge et tout le reste... Et puis une année sans amour... rouillée que j'étais !


Ce fut alors que des envies de salsa me reprenant j'eus l'audace de me présenter à la porte du Fol Amant, une cave où paraît-il on cherchait des danseuses. Il fallait un cul, une bouche, des jambes, des seins... J'avais tout le matériel sur moi ! Ce fut avec succès que je passai l'examen. L'on me baptisa Lola Roploplo (mon tour de poitrine).


J'eus un succès fou, les hommes se disputèrent mes faveurs (j'étais partageuse), mais un jour IL vint, lui, le Président «de» ou «du», je ne sais plus très bien. Le pouvoir est une drogue savez-vous, surtout lorsque vous l'avez sur un homme tel que lui. J'avais tout : la beauté, l'amour, le pouvoir, l'argent, le Président !


J'avais trouvé ma vraie place. Certes je ne porterai jamais son nom, mais aujourd'hui encore il m'a à la bonne, et c'est moi et non Bobonne qui s'étale dans l'eau du lagon. Si j'osais je chanterai bien Voilà Ma Gloire, mais je dois rester digne, Ève je suis devenue, Ève je dois rester... même si c'est un peu dur d'être plusieurs !



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Une liste de courses poétiques -défi #6 (Lorraine)

Je pars, pardon, je m’envole. J’ai des ailes, oui, oui, regardez bien, diaphanes, ourlées d’or, doucement nervurées. Aujourd’hui rien n’est normal, c’est un jour hors du monde, un jour imaginaire, un jour inventé où tout est permis, à condition d’établir une liste de courses poétiques.  Je n’hésite pas, je vous la montre, j’ai tout noté :

 

- D’abord, le ciel de mon enfance. Il effacera tous les chagrins de ma vie.

- J’y ajoute  une robe à crinoline. J’en ai tant rêvé ! La voici, dansante, parsemée de roses, découvrant les épaules, serrée à la taille, et belle, belle !

- Pour me contempler, le miroir des fées. Elles me l’offrent avec indulgence, il donne vingt ans à tout le monde, et me revoici prête à aller au bal.

- Comment oublier l’oiseau des îles ? Il chante,  il virevolte, il enivre, il apporte le parfum des fleurs polynésiennes, il charme.

-  Et pour l’accompagner, un air de guitare un peu guttural, un peu ardent, très sensuel et si évocateur !

- Une anthologie. Ils y sont tous, mes poètes d’autrefois, mes poètes de vie, ils me lancent une poignée d’alexandrins lorsque j’entrouvre le livre, un sonnet, une balade. Sans eux, que serais-je ?

- Enfin,  pour m’accompagner dans ce périple qui m’entraîne , le regard bleu de mon amour. Ce regard perdu à jamais et retrouvé en cet instant où l’illusion est reine.

 

       Je clos ma liste.  Elle contient le bonheur du rêve. C’est bien.

 

LORRAINE

 

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À chacun sa chanson (Joye)

Défi n° 12

Le “défi # 12” sera au fromage ou ne sera pas !

Ah ! Une petite contrainte pour la route, quand même : insérez, incognito, un titre d’une chanson de Joe Dassin dans votre texte. Les lecteurs s’amuseront à le retrouver.
Et puis... interdiction de commencer une seule phrase par une consonne.
Voyelle exigée !


À  la folie

 À la santé d'hier

 Amour , anneau aisé (Amou, Annot, Aisy)

  Allez roulez !

 Alors qu'est-ce que c'est?

 Un petit carré, souvenir du passé.

 

Il était une fois nous deux

 Aux caprices des dieux

 Entre deux adieux

 Et l’amour s’en va comme ça, comme ça

 Et l’amour s’en va comme ça

 

Après la fête

 Au bout des rails

 Où c’était ? (Oussetet) Moi, J’oublie…

  On se connaît par cœur

 Abondance d’bonheur

 Il a plu, notre brin d’amour

 

 Il était une fois nous deux

 Aux  caprices des dieux

 Entre deux adieux

 Et l’amour s’en va comme ça, comme ça

 Et l’amour s’en va comme ça

 

 Un baby bébé

 Un peu comme toi

 Un peu piquant, un peu poivré

Un cadeau de papa

 Un peu de paradis

 Il a plu…il n’est plus…on s’en va

 

 Aux bleus des cieux

 Ah ! si  délicieux

 À chacun sa chanson…

 Et l’amour s’en va comme ça, comme ça

 Et l’amour s’en va comme ça

 

 Et si tu n’existais pas

 Entre deux adieux

 Et l'amour…

je m'en irais

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Où se dilue DIX LU -défi #82- (MAP)

Eh oui ... j'ai osé ! En même temps ça fait du bien ..... enfin c'est vous qui voyez ...

Allons-y pour  DIX LU majuscules :

(Bon courage !!!)

:-)

1 - Je n'ai fait que passer à LUre à toute allure !


2 - Très aimable le Père LUstrucru, c'est une bonne pâte !


3 - On n'arrive pas à trouver les frères LUmières ! Ils doivent encore être partis au ciné !


4 - C'est un vrai pari que de s'appeler LUtèce !


5 - LUlly, arrêté pour tapage nocturne, a été mis au violon !


6 - Jean LUrçat n'a jamais été invité au bal. Il a toujours fait tapisserie !


7 - A LUgdunum on avait coutume de nourrir les lions avec des dandelions !


8 - A LUnéville on sort son chat tôt !


9 - Raymond LUlle était un vieil ARS MAGNAque !


10 - A LUxeuil-les-Bains on peut mettre un terme à l'isthme !

Vous êtes arrivés jusque là !!!! Eh bien vous êtes drôlement courageux !!!

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