24 juillet 2010

Les défis -3- arrivent dans notre boîte aux lettres !

Relev_

Ont déjà posté leurs relevés de défis :

Joye (défi #4) ; KatyL (défi  #68) ; MAP (défi #11) ; Venise (défi #58) ; rsylvie (défi #8) ; Vegas sur sarthe (défi #9) ; Zigmund (défi #6) ; Lorraine (défi #2) ; Walrus (défi #113) ; Vanina (défi #9) ; Adrienne (défi #10) ; Fafa (défi #11) ;

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Chapitre 3 - Défi n°11, L’amnésie... (Fafa)

Elle reconnaissait la sensation mais ne comprenait pas pourquoi elle la ressentait ce matin.

Elle avait dû s’écrouler et dormir comme une masse car le lit était à peine défait.

Pas un bruit, elle était seule visiblement.

Pas de pantoufles, forcément, mais le sol en parquet était agréablement frais sous ses pieds nus.

Elle s’avança lentement vers la salle de bain dont elle apercevait la faïence de chaque côté du grand dressing qui faisait office de cloison.

Dans la grande glace au-dessus de la double vasque de béton ses traits n’étaient pas creusés, ses cheveux à peine décoiffés.

En allant vers la cuisine pour y chercher un verre d’eau ou mieux, un café, serré, elle remarqua le cadre photo sur la petite console baroque...

 - Merde ! C’est quoi ce délire ?

Elle se contenta d’un verre d’eau du robinet.

De retour dans la chambre elle fouilla dans le dressing et trouva de quoi s’habiller, sans trop savoir si cela lui allait ou non.

Par la fenêtre qu’elle venait d’ouvrir et qui donnait sur un grand balcon elle ne reconnut pas le quartier qu’elle voyait.

Elle ne reconnaissait ni les gens, ni les immeubles, ni les vitrines des magasins.

 - Je m’étais pourtant juré de plus jamais faire ça. Qu’est-ce qui m’arrive ?

Elle retourna dans le salon ou se trouvait la petite console et le cadre.

L’homme à côté d’elle sur la photo était plutôt séduisant, grand, bien habillé avec du charisme.

Elle, paraissait heureuse.

En arrière plan ce qui semblait être une belle maison de campagne, paysagée avec une piscine.

Cela devait bien faire dix ans qu’elle ne s’était pas saoulée à ne plus se souvenir de ce qu’elle avait fait la veille ni avec qui elle avait fini la nuit, cela remontait à la fête pour son diplôme.

Le plus étonnant était l’absence totale de mal de crâne et plus inquiétant, cette impression d’avoir perdu un morceau d’elle-même.

 - Bordel mais c’est qui ce mec ? Qu’est-ce que je fous là ?

Le vide complet, un vrai lavage de cerveau.

Pas de bosse, pas d’hématome, pas de douleur, rien qui puisse laisser penser à un accident...

Pas possible que tout disparaisse comme ça même après une nuit de débauche, il devait y avoir une autre explication.

Elle fouilla l’appartement à la recherche de son sac, en vain.

Quelle heure pouvait-il bien être ? Pas de montre, pas de pendules, la télé...

Le journaliste de la chaîne d’info répétait pour la énième fois son scoop du jour. De petits messages défilaient sous sa chemise pendant qu’une pendule électronique rappelait aux spectateurs qu’ils n’avaient plus rien à faire là et que leur place était au bureau.

Dix heures trente minutes et une poignée de secondes.

Qu’est-ce qu’il venait de dire... samedi vingt-quatre, Bison Futé voyait rouge pour les départs et orange pour les retours, chaud week-end de juillet...

Elle laissa le premier de la classe continuer sa litanie, elle se sentait moins seule.

Cela allait bien lui revenir, elle allait avoir un éclair et tout reviendrait, c’est sûr, maintenant !

 - Qui suis-je !

Malgré la télévision son cri déchira l’air vide de l’appartement.

Elle se mit à pleurer, doucement, elle tomba à genoux sur le carrelage froid du séjour, puis plus fort, des sanglots la secouèrent.

Il fallut plusieurs minutes avant que les spasmes cessent. Elle se releva, retourna dans la salle de bain et se passa une serviette humide sur le visage, elle se reconnaissait.

 - Je ne sais plus qui je suis mais je sais que je suis moi...

- Te v’la bien avancée avec ça !

Elle éclata de rire, un rire nerveux, à la limite de la démence, non elle n’était pas folle.

Elle reprit bientôt son calme, sa maîtrise d’elle et sa confiance. Elle était sûr d’elle, elle le sentait, elle avait l’habitude du stress.

 - Reprends toi ma fille comme aurait dit Desproges !

Ça aussi elle s’en souvenait, elle aimait les tirades acides et interminables de ce génie de l’humour pince sans rire que personne n’avait remplacé.

Sa mémoire ne revenait toujours pas mais son esprit commençait à nouveau à fonctionner comme il en avait l’habitude, méthodiquement.

Elle cherchait des réponses, maintenant bien sûr mais tous les jours aussi, c’était ça son métier, elle en était sûre, poser des questions et trouver des réponses.

Rien dans cet appartement ne lui rappelait quoi que ce soit.

L’idée qui lui traversa alors la tête aurait sans doute parut saugrenue à n’importe qui d’autre mais pas à elle...

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L’offre d’Adrienne (Adrienne)

Le défi n° 10 (11 mai 2008) disait : Offrez un lieu qui ne vous appartient pas (un monument, une ville, un pays, la maison de votre voisin…) à la (aux) personne(s) de votre choix.

« Bonjour ! Oui, c’est moi, votre prof de français cette année J Vous pouvez entrer. Les vestes au portemanteau, s’il vous plaît ! Bonjour, toi ! tu vas bien ? Pas de chewing-gum en classe, s’il te plaît ! La poubelle est ici… Bonjour ! Tu as passé de bonnes vacances ? Et ton frère, ça va ? Ah ! il ne recommence que le 20 septembre, lui ;-) Bonjour ! oh dis donc, tu es bien bronzée, toi J , tu as passé de bonnes vacances ? Bonjour, entrez, entrez… Tout le monde est là ? Je vais fermer la porte… Tout le monde a trouvé une place ? Il en reste une ici, viens te mettre ici, toi… Oui, toi… tu t’appelles J***, n’est-ce pas ? Tu es le frère d’A***, non ? C’est bien ce qu’il me semblait. Elle va bien, ta sœur ? Tu lui feras un petit bonjour de ma part…

Vous pouvez vous asseoir… Voyons, voyons, vous êtes combien, là ? 27 ? Et bien, heureusement que je connais déjà quelques-uns d’entre vous… Je vous préviens tout de suite, j’ai du mal avec les noms… mais je fais des efforts ! La preuve, j’ai déjà un peu potassé à l’aide des listes de l’année dernière J Oui mais voilà, il y en a qui ont drôlement changé leur look depuis l’année dernière… »

Et ainsi de suite, la première heure de cours peut commencer.

***

J’ai un lieu qui ne m’appartient pas mais que j’offre chaque année à une centaine d’élèves, un lieu où nous sommes toujours un peu à l’étroit mais que je voudrais rendre accueillant et convivial, à la fois confortable et propice à la réflexion, aux échanges, au travail. Un îlot de francophonie dans un océan de néerlandais et d’anglais, ma petite île généralement ensoleillée sur laquelle chacun est obligé de ne parler que le français.

C’est « ma » classe.

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Bellisama parle aux oies (défi #9) (Vanina)

Dans la ferme où elle vit heureuse, entourée de sa famille et d’animaux de toutes sortes, aujourd’hui, Bellisama a décidé de parler à Sidonie et aux oies.
Tout commença quelques jours plus tôt, lorsque Bellisama entendit parler le vétérinaire. Il avait employé des mots inconnus, auxquels elle ne voulait pas demeurer étrangère. Chaque jour depuis, elle s’appliquait à lire dans l’encyclopédie familiale la définition d’une espèce animale afin d’agrandir ses connaissances.

Et, c’est ainsi qu’elle s’adressa aux oies : Oie_de_Vanina

« Chère Sidonie, elle s’adressait à l’oie de tête,
chers oies,
On peut différencier les oies sauvages et les oies

domestiques. A ce sujet, si tous les petits s'appellent des

oisons, le terme de jars ne s'applique, lui, qu'aux mâles

des oies domestiques.
Aussi, que vous soyez cendrées, rieuses, naines,

des moissons, des neiges et j’en passe…
vous êtes des oiseaux de la famille des anatidés : les

canards et les cygnes en font aussi partie.
Sachez que l’on qualifie d’« oies » les bernaches mais aussi

les ouettes et quelques autres oiseaux... »

Bien qu’intéressées par les propos sur leurs lointaines

cousines, les oies commençaient à montrer quelques signes d’impatience, à être moins attentives. Bellisama ne se démonta pas ! Elle reprit son souffle et orienta le sujet différemment :

« On retrouve les oies dans la mythologie ! Esope a écrit une fable sur l’histoire d’une oie qui pondait des œufs d’or… dit-elle en prenant un ton mystérieux.
Moi, je connais l’histoire de Nils Holgersson qui migra avec les oies, ajouta-t-elle avec un brin de fierté. Maman m’a offert le dessin-animé. Et puis dans ma chambre, j’ai un jeu de l’oie ! Tout ça va si bien avec mon prénom !
Savez-vous que Belisama est représentée chevauchant une oie chez les peuples gaulois…
Quand je serai grande, je ferai partie de l’OIE (Office International des Epizooties -désormais appelé Organisation mondiale de la santé animale) ainsi j’aiderai et les hommes et les animaux !

Sachez pour conclure, que si moi je discours, vous les oies, vous cacardez !
Merci de m’avoir écouté. »

Elle esquissa un salut. Les oies avaient été attentives jusqu’au bout. Emplie de la satisfaction du travail accompli, elle s’en retourna jouer, observée par Aglaé et les autres cochons, Saturnin et les canards, Chantecler et son harem : chacun se demandant si eux aussi auraient le droit au savant discours, de Bellisama, sur leur espèce.

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J'ai bien étudié la question (Walrus)

... surtout la lumière.
Les enfants, vus en contre-plongée, sont penchés vers l’avant car ils terminent l’ascension du dénivelé. Leurs pieds entrent dans la lumière et leurs ombres nous indiquent que l’éclairage  vient de la gauche et que le soleil est assez bas.
Il faut donc, comme je l’ai supposé dans mon premier billet, que le sentier tourne vers la gauche, faute de quoi la végétation cacherait cette lumière que le buisson rose prend de plein fouet. À moins, bien sûr, qu’il y ait  sur la gauche une interruption du boisement, une zone de coupe par exemple.
Ces informations sont imprécises car l’orientation et la longueur des ombres portées ne sont pas tout à fait pareilles pour tous les pieds. Il règne donc sur la question un certain flou que nous qualifierons d’artistique.
L’avant-plan, lui, est plongé dans la pénombre des frondaisons, sauf le gros rocher à droite qui bénéficie sans doute d’une trouée dans la canopée.
À cause de l’ombre profonde du coin inférieur gauche et de la nature rocailleuse du sol, je continue d’imaginer que la sente sort d’une caverne ou, à tout le moins, d’un encaissement rocheux.
Reste un mystère : si l’on constate une fois encore comme le vert va bien aux rousses et que les modelés du bras et des jambes de la gamine confirment l’orientation de l’éclairage au déboulé de la zone ombragée, il n’en est pas de même pour sa chevelure. Dommage, car Vegas et moi y aurions grandement apprécié un brin de flamboyance née du semi contre-jour.

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sur le banc de l'entrée (Zigmund)

Rentré tôt du boulot, et pas mal fatigué

Trouvai cette liste de courses par Gabrielle, laissée *

"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Tu pousseras ton caddie au pays de cocagne.
D'abord tu passeras chez le vétérinaire,
Prendras pour les matous de nouvelles pinces à tiques
Pense au produit à puces, Elvis en est couvert
Peut-être des croquettes light, nos chats sont boulimiques
Bien sûr il faut des fruits, pense aux légumes aussi
Eh oui, des nouilles encore, et du riz basmati !
Partout dans les rayons chasseras les promos
Il manque des surgelés, surtout des esquimaux.
Carte de fidélité : sur le banc dans l'entrée
Je te laisse également paniers,  chéquier et clefs ".

* la liste of course

gab_courses

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LA CONQUETE (Lorraine)

Jupe au ras des fesses et petit fichu

Eloïse avait l’air d’une nymphette

Nous allions au bois, le chemin herbu

M’invitait, ma foi, à faire la causette

Eloîse dit : « Il m’est défendu

De boire du vin, il me rend pompette »

C’était désolant, car dans mon bahut

J’avais emporté pas mal de canettes

Nous nous arrêtames à l’endroit branchu

Qui nous séparait , saperlipopette,

Des voyeurs, passants, et sur la carpette

De mousse bientôt je fus étendu

Eloïse aussi. Quels beaux yeux, mazette !

Quels genoux, quels cils, quel profil de nu

Dans l’ombre bleutée! Quelles galipettes

Au bord du ruisseau Je n’aurais pas cru

Qu’Eloïse et moi allions à la fête

Quand je l’invitai comme un ingénu

A m’accompagner sur la douce herbette !

…Nous y retournons chaque soir venu…

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Fais-moi un cygne (Vegas sur sarthe)

Il était une fois une fille qui parlait aux oies... Elle avait reçu ce don en naissant, d'une méchante fée sarladaise et passait ainsi le plus clair de son temps à cancaner et le plus sombre à dormir ce qui lui laissait peu de temps pour la gaudriole.
Elle cancanait tant qu'elle en gavait son entourage et ses parents priaient saint Martin chaque jour qu'un galant plus malin que les autres vienne lui clouer le bec.
Vint à passer un gars qui lui, parlait aux jars... Il tenait ce talent d'un ancêtre normand mais passait tout son temps à picoler du cidre.
Pourtant dès qu'elle le vit la fille n'eut qu'une envie... qu'il lui fasse un cygne... et entre deux bolées il lui fit, si bien que deux oisons bavards naquirent qu'ils nommèrent Aphrodite et Sarturnin.
Puis ils partirent s'installer bien loin, dans un pays étrange qu'on appelle la Cacophonie Occidentale, là où bipèdes et palmipèdes vivent en harmonie, enfin c'est ce qu'on raconte 

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consignes 8 - INVISIBLE‏ (rsylvie)

« pour mes filles chéries… ou ce que mère dit »

Je viens juste de croiser son regard, que tout m’est revenu en mémoire. J’avais été ensorcelé !

Ou plutôt non, j’avais été victime des menaces de ma mère !

Tu verras un jour, à force de faire des grimaces… un courant d’air et tu resteras ainsi » !

Ce jour-là, avec mon frère nous étions en peine d’idée. C’était un bel après-midi d’été. Tandis que nos parents et voisins étaient aux champs à préparer le matériel pour la journée de moisson du lendemain. Mon cadet d’à peine 2 ans de moins que moi, était venu me chercher, pour qu’ensemble, nous allions passer le temps au bord de l’Orne. Petite rivière qui coule au bas de la location de mes parents. Exploitants agricoles qui travaillaient dure afin de nourrir leur famille et pouvoir payer le fermage de l’humble cabane qui nous servait de logis.

Nos sandalettes en bandoulière autour du coup, assis sur un rocher, nous étions là à regarder passer des bancs de fritures argentées, quand je vis mon reflet dans le miroir bleuté de l’onde fraîche du courant. Mon visage, puis celui d’Arthur qui s’amusait à singer les poissons multicolores. Il avait mis ses mains en forme de nageoires derrière ses oreilles, tout en formant des va et vient rapides, la bouche comme un O, l’œil fixe…. Il mimait la carpe au fil de l’eau.

Je décidais de l’accompagner dans le jeu, et me mis à mimer une mouche. Une bien vivace, qui attirerait le regard du poisson, et l’inciterait, d’un bon, à sortir de l’eau pour l’avaler en plein vol. Accroupi sur le gros cailloux, je me hissais sur la pointe des pieds pour feindre l’envol de l’insecte. Les 2 bras recroquevillés sous les aisselles, je fixais mon frère du regard, caricaturant à merveille l’air absent de l’animal. Quand Eole amusé par nos grimaces, pouffa de rire avec tant de décontraction que les peupliers non loin de là, se mirent à danser sans que je n’y prenne garde.

De retour à la maison, je me dirigeais vers le grand évier blanc qui nous servait tout autant de lavoir que de bac pour la toilette, afin de me nettoyer les mains et rincer le visage avant de passer à table, quand j’eux le sentiment que quelque chose d’étrange était entrain de m’arriver. L’eau glissait au travers de mes doigts, que j’avais pourtant mis en croix les uns sur les autres, afin de faire un petit récipient dans lequel j’aurais trempé ma bouche. Seulement voilà, l’eau ne voulait pas y rester.

Aussi surprenant, quand je me suis approché de la table pour m’y asseoir en essayant d’enjamber la bancelle. Impossible de passer, il n’y avait pas de place sur le  banc. Et pire que tout, personne ne bougeait afin de m’aider. Je jouais des coudes, hurlais à qui voulait m’entendre… rien !

… Rien serait mentir, car je sentis comme une violente tape me frôler le ventre que j’en perdis l’équilibre et me retrouvais les 4 fers en l’air, à même la terre battue. Surpris, j’essayais à nouveau de m’approcher de la table, quand j’entendis la grosse voix de mon père vociférer, qu’une fois de plus j’étais en retard pour le souper, mais que cette fois-ci était bien la dernière. Car, j’allais recevoir une telle correction, que jamais plus je ne serais en retard pour le repas du soir !

-« Mais je suis là….. Hé le père, regardes donc par ici, je suis là » ! criais-je. Seulement personne ne semblait entendre mes cris désespérés. Pas un regard vers moi, pas un mouvement en ma direction… l’assistance se comportait comme si je n’existais pas.

Droit comme un I, les deux bras sur les hanches j’hurlais un « nom de dieu, j’suis tout d’même là…. devant vous…. Hé ! regardez-moi » ! Seul le bruit des cuillères dans les bols de soupe faisait résonance à mon appel.

.

I N V I S I B L E…. j’étais devenu invisible aux regards des autres. Mais qu’avait-il bien pu

se passer pour que je devienne imperceptible aux yeux des membres de ma famille ?Je me posais encore la question quand je m’aperçus de l’étrangeté d’être en équilibre sur la corniche de l’unique meuble de la pièce. Effectivement, j’avais bel et bien les 4 pattes ventousées sur le vaisselier. Et le plus drôle dans tout cela, c’est que je n’en ressentais aucun désagrément. Comme si cela m’était naturel, j’allais et venais d’un coin de la pièce à l’autre. Tel un funambule, j’avançais gracieusement d’une étagère à l’autre, d’un rabat du meuble à l’anneau du tiroir, avec une aisance qui aurait certainement fait plaisir à notre professeur d’éducation physique. Ce n’est qu’une fois sur pausé sur le revers du col de chemise de mon frère que j’eux un sursaut d’inquiétude. Un coup d’œil dessous, un coup d’œil derrière, j’étais une mouche ! Microscopique, parmi la cohorte d’insectes qui envahissent nos pièces en ces périodes de grande chaleur, je n’étais ni plus ni moins qu’un parasite bon à écraser d’un revers de main !

 Il me fallait alors redoubler de prudence et faire preuve d’une grande intelligence pour esquiver toutes tentatives malines n’ayant pour but que la destruction massive de toutes bestioles volantes, quelque soit leurs liens de parenté. Un coup d’aile à gauche, un coup d’aile à droite…. pas si simple tout de même. Surtout l’atterrissage... qui se doit d’être en douceur, si on ne veut pas attirer l’attention du prédateur. Quelques envolées plus tard, je suis devenu excellent au jeu du « manqué… encore raté… »

Je m’amuse tant, à taquiner mes frères d’une caresse d’aile chatouilleuse, que j’en oublie mon peu d’expérience et fonce droit sur le nez de ma mère. Qui, d'un revers de la main, esquive le projectile et me projette vers la fenêtre. Rétablissant la trajectoire après multiples roulés boulés, je viens juste de croiser son regard, que tout m’est revenu en mémoire. J’avais été ensorcelé ! Ou plutôt non, j’avais été victime des menaces de ma mère !

 tu verras un jour, à force de faire des grimaces.... un courant d'aire, et tu resteras ainsi !

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contribution défi samedi 58‏ (Venise)

venise24

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