Moi je vais vous dire je pense à rien.. bon d'accord j'ai triché parce que j'ai pas de bougie et que la semaine dernière c'était l'anniversaire de mon grand mais on avait mis des trucs qui font des étincelles ! J'allais pas, en plus, aller chercher des bougies quand il fait jour, soleil et chaud ! Faut pas abuser les défieurs du samedi !

Si j'avais eu une bougie, chandelle ou cierge ( fais comme tu veux !) J'aurais, je le sais, fait comme d'habitude : trempé mon doigt dans la cire chaude, soufflé dessus pour faire refroidir et puis retiré délicatement pour voir mes empreintes digitales en creux.. Vous n'avez jamais fait ça vous ? Moi c'est depuis toujours, dans les églises et les chapelles où me trainaient mes mère, grand'mères, et tantes. À la procession du « mois de Marie » (le mois de mai ndlr) où on me faisait défiler en robe bleue et voile blanc chantant des « Ave Maria ».

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Dès que mon chaperon avait les yeux baissés en contrition ou levés en adoration, je prélevais une goutte de cire sur mon index, pour l'en retirer au moment exact où elle était assez dure pour avoir fixé mon identité et assez molle pour ne pas se fendiller.

Je me rends compte qu'au lieu de m'unir au peuple de Dieu, à la sainte famille et à l'Église catholique je me préoccupais de ma petite identité personnelle, je refermais les voiles de ma mantille, j'introspectais plutôt que de m'élever dans la grandeur de Notre Seigneur..

Petite flamme vacillante, soufflée par les vents matériels de la société individualiste; mon âme a fondu dans le feu des passions terrestres, s'est tordue dans des bras chauds et charnels, mais il me reste, au bout des doigts, la douce coque de cire gardienne d'une inimitable identité.