Tu m’avais fait courir sur le sable ce soir-là. À bout de souffle, alourdi par les années et les kilos superflus, criant grâce, je t’avais proposé un bain de minuit. Trois secondes pour te dévêtir, un baiser acidulé sur mes lèvres et tu fonçais vers l’écume, sirène au corps d’albâtre. Des années après, la morsure du sel s’alliant au moelleux de ta peau saturée du soleil de juillet me bloque la gorge. Je ferme les yeux et retrouve intacts le goût des algues enchevêtrées à ton sexe, le craquant du sable sous la dent, la voracité des regrets.