Il est passé 22 heures quand mon téléphone tinte. Ta voix de basse n’a eu le temps que de dire « bonsoir » que je me sens fondre. Pas besoin de plus, pas envie d’entendre des mots du quotidien se greffer à la fondamentale, simplement nécessité de percevoir ton souffle, là, dans mon oreille, si près. Tu as fini d’énoncer ton thème et j’hésite une seconde avant de répondre. J’écoute les relents de cadence rompue, la douleur de l’accord du sixième degré qui s’effiloche, suspendu. Incapable de résoudre ailleurs qu’à la dominante, j’attends; puis j’échappe un soupir.