Le soir, à la veillée, Pénélope chante…

Première minute,
Le fil s’étend.
La vie est luttes
Et firmaments

L’heure s’écoule,
Le fil se casse.
La vie est houle,
Parfois fugace

La demie sonne,
Le fil s’enroule.
La vie étonne :
L’émoi est foule

Une heure de plus,
Le fil est bleu.
La vie, ma puce,
C’est amoureux

Il est cinq heures,
Le fil est pêche
La vie enfleure
Le feu, les mèches

Et la chanson s’arrête.  Cinq heures sur douze ! Lorsque je lui demande pourquoi il n’y a pas d’autres strophes, pourquoi le chant ne dure pas une journée, elle me répond dans le cliquetis des aiguilles : « le temps, ma fille, il file ! Moi, sur le cadran, je m’arrête au fil d’amant. »