Ce chapeau, avant tout, c’est la vie parisienne
Les fiacres, les secrets, les rendez-vous volés,
Bel-Ami attendu derrière les persiennes,
La trahison d’un soir, les espoirs exaltés

L’amante aux baisers fous, confiante et amoureuse,
La chambrette là-haut, l’éventail refermé,
Ce chapeau, c’est l’adieu qui laisse la pleureuse
Face à ses souvenirs désormais consumés

Ce chapeau huit-reflets défraya la chronique
Dans les salons huppés au temps de Maupassant
Il passa du boudoir au perchoir politique
Avec diplomatie et succès fracassant

Ce chapeau d’autrefois rangé dans une armoire
A perdu tout éclat comme tout romantisme
Il dit modestement comment s’écrit l’Histoire
Oubliant pour toujours qu’il fut roi du dandysme.