BIP BIP BIBIP BIBIP BIIIIP BIIIIP

 

Zig lança une main au hasard, il l’aurait ce satané réveil et sa sonnerie insupportable !!!

 

BLING !

 

Il l’avait eu, il en serait simplement quitte pour en racheter un autre …

Se lever si tôt un dimanche pour cause de contrôle inopiné de l’URSSAF, il n’était pas prêt de s’en remettre !

 

Sa tendre moitié avait prudemment demandé l’asile politique chez leur fille aînée : « Tu comprends, il est en pleine crise, il a paumé ses papiers, c’est un vrai capharnaüm de toutes façons dans son gourbi, alors vaut mieux laisser passer l’orage, faire comme les pigeons et se planquer la tête sous l’aile en attendant que ça passe ! ».

 

Zig pestait : « J’ai vraiment une cervelle de moineau, c’est pas possible de ne pas se rappeler où je les ai mises ces satanées liasses ! »

Il avait fait l’autruche depuis des semaines, se disant qu’un miracle peut-être lui ferait retrouver les précieux documents, mais rien à faire et maintenant il payait sa tête de linotte et il devait faire face : Demain, à la première heure, l’inspectrice des contributions et spécialiste du recouvrement des impayés sociaux allait se précipiter sur lui comme l’aigle sur sa proie et n’en faire qu’une bouchée !

 

AAARRRGGHH !!

 

« Chéri ! Oh, Zig, !!!

 

« MMM ???

 

« Réveille-toi, t’entends pas le réveil ?

 

« HURMPH ;

 

« Que, Quoi, Comment ?

 

« Oh, toi, t’es encore en train de faire ton cauchemar annuel ! Elle est revenue, ta chère inspectrice de l’URSSAF ? Franchement, depuis le temps tu ne devrais plus arriver à te mettre dans des états pareils, chaque année c’est la même chose ! Tu sais bien que tes liasses tu les mets sur la table à la mi-décembre, et chaque année avant le réveillon tu balances tout dans un grand sac et tu le planques derrière le frigo ! Il n’a pas bougé, le sac, tu retrouveras tout dedans, les liasses, mais aussi le reste, la liste des courses du réveillon, l’ordonnance du véto pour les vers des chats, le programme du ciné, le plan des bus, quelques sachets de thé au jasmin, un bout de crayon mâché et tes grilles de sudoku, et même les papiers des papillotes avec leurs blagues que tu voulais lire au petit au repas de noël, tu te souviens ?

Allez, rendors-toi, on ira plus tard le dénicher ce satané sac aux cauchemars !!!

 

Zig soupira, ah oui, le cauchemar annuel, c’était comme ça, un truc de saison, un peu comme les cerises de juin, les colchiques en automne, janvier, c’était le mois du cauchemar URSSAF, y’avait des trucs comme ça, c’était immuable, on était bien obligé de faire avec.

 

Il cala sa tête dans le creux préféré de sa belle et se rendormit.