07 novembre 2009
Tir’ eul’ bobinett’ eul’ ch’villett’ cherra (Papistache)
M’l’avait dit la mèr’, faut pas, faut pas, jamais, i’faut pas jamais s’mêler d's affair’s aux z’aut’. C’que l’pèr’ toujours i’y’répétait, eul’père,
Sous sa belle gueule d'apôtre
Et dans son cadre en bois
du temps qu’i suçait pas ’cor’ eul’ pissenlits par la racin’.
Eul soir, les gens i’disaient comm’ ça, qu’derrièr” la port’ à Mathurin, à des fois, comm’ ça, b’en, paraît — moi j’chais pas, jamais j’y suis-t-allé toquer à la port’ à Mathurin — paraît, à des fois, qu’y’avait des cris qu’on les z’entendait si qu’on collait s’n’oreill’ à la serrur’ à la port’ à Mathurin. Jamais r’en entendu. B’en trop peur qu’la mèr’ é’m’file un’ roust’ avec eul nerf eud‘ bœu’. Mathurin l’était pas l’genr’ qu’on fréquentait, nous autres, à c’tt’époqu’. Mathurin,
Qui fait rien de ses dix doigts
Mais lui qui n'en peut plus
Lui qui est complètement cuit
Et qui se prend pour le roi
Qui se saoule toutes les nuits
Avec du mauvais vin
Mais qu'on retrouve matin
Dans l'église qui roupille
Raide comme une saillie
Blanc comme un cierge de Pâques
Un’ fois, un’ fois seul’ment, j’lai poussée la porte à Mathurin. La mèr’ l’était ret’nue à la m’son rapport à sa phlébit’ qu’avait tourné façon manièr’ à des ulcèr’s. J’y’a collé mon nœil à c’tt’ foutue bon sang d’tabernac’ ed’serrur‘.
C’te porte è’ m’a chu
‘acristi’ bordel d’ hasard
Tout drêt su’ la goul’
B’en les voisins, l’en ont eu des cris, c’tt’ fois, c’taient les miens. I’m’aiment pas les voisins. I’disent
Que je suis tout juste bon
A égorger les chats
J'ai jamais tué de chats
Ou alors y a longtemps
Ou bien j'ai oublié
B’en
m’croyez pas ou b’en m’croyez pas, y’en a pas un qu’est v’nu m’aider à
m’rel’ver, j’m’en su’s traîné tout seul jusqu’au gourbi où qu’là mèr’
è’ braillait rapport à sa phlébit’ qu’avait tourné manièr’ d’ulcèr’s...
et p’is l’lend’main, b’en... la port’, l’était r’mise tout’ drête comm’
si que r’en n’eud’ r’en s’avait passé.
Comm’
j’vous dis, c’t un mystèr qu’est mystérieux, c’tt’ affair’. J’en sais
pas p’us que c’qu’j’en dis et pourtant j’y ai tout dit ce qu’j’en
savais.
Le commentaire de Valérie me fait songer que j'ai oublié de citer la source à laquelle j'ai puisé les paroles. Je suis allé écouter la version de Noir Désir, je l'ai aimée. Moi, bien sûr, vu mon âge, c'est Jacques Brel qui m'avait touché le premier. Je ne résiste pas à l'envie d'insérer une vidéo.
Commentaires
bah... dam'
alors lô chu sans voix, c't'un sacré bon dieu d'mystère, sûr.
Je me dis que ça doit être sacrement difficile d'écrire comme ça avec l'accent, surtout sur la durée.
Autrement, on a la culture qu'on peut, c'est à Noir Désir que je pense, moi, lorsque je lis ces paroles. Hey?
bravo
Je reviens du blog de biker, notre amiPAT et il y avait ton adresse sur son site et je suis curieuse mais quel plaisir, et surtout le fou- rire venir sur ton blog pour lire du t'chti , mi qui suis de ch'Nord , mais qui habite le midi hihihihihi!!! vive Mathurin bon week-end bises de CERET
Bou Diou quelle histoire !!!
Mais aussi, quelle belle illustration que l'Humain n'aime pas ne pas savoir ce qui se passe derière une porte close...
Bravo !
NB : c'est p't'êt le vent qu'a fait tomber la porte ;-)))))
Une porte battante en quelque sorte...
*<;o{ )
Qu'voulez-vous Poupoun', moi, les s'crets, j'trouv' qu'c'est cachés qu'i sont les p'us s'crets !
Pas tant si dur qu'ça, Val'rie. En fait, j'crois mêm' qu'c'est d'écrir' en français qu'est dur. Là, suffit qu'j'm'écout', que j'm'rapp'll' comment qu'caus'nt les gens qu'j'crois' tous les jours. C'est qu'j'fréquent' pas des baronn's mais des brav's gens tous simp's, moi, j'écout' et p'is...j'transcris. Et j'amus' en p'us.
Isdael, b'en j'su's ravi content. C'est b'en vrai qu'c'est un' grand' chain' d'amitié eul blogosphèr', on s'y fait tout plein d'nouveaux zamis. Mais, ici, faut pas croir', c'est pas chez moi, ici, c't'un blog coopératif où s'que j'su's un' des quat' roues, (si jamais s'avait été un caross', b'en sûr) r'en d'p'us.
B'en moi Teb, j'voulais aussi dir' qu'la curiosité c'tait un sacré tabernak eud défaut, la curiosité. Sinon, l'vent, p'êt'e mais alors qui c'est qui la r'dressée eul port' ? Hum ?
Sûr Walrus, j'euss' préféré eul ner' eud' bœu'.
Le titre laisserait à penser que Mathurin mangeait les grands-mères. Mais bon, il y a déjà des horreurs chez Joye alors du coup, merci pour le mystère entier, le rappel du grand Jacques et bravo pour le haïku en patois qui laisse pantois !
BRAVO
eeeeuh, c'travail !
et même avec un peu de crème on n'en saura pas plus ?
Papistache, dingue héritier du maquis Surcouf ne pipera chique, bernique!
et c'est tant mieux pour nos rêves...
et la version audio on pourrait avoir? bien ce mystère non résolu.
Hilare je suis, hilare je reste !!!!
Une chute à laquelle on n'aurait pas pensé ! Je vous reconnais bien là Papistache ! Votre version audio serait vraiment très bienvenue !
Etait-il nécessaire de préciser de qui était cette chanson grandiose, vraiment ? :-)
Et quel travail de syntaxe, Papistache !
Avant de lire ton texte, le seul ch'ti que j'avais lu était sur un t-shirt à Lille, alors, je suis mal placée pour savoir à quel point ton texte est bon, mais je suis sûre que c'est le cas. Faut dire que je me débrouille beaucoup mieux en vyeux françoys.
Quelle rigolade! C'est super bien écrit, mais qu'est-ce que c'est dûr à lire! J'suis du sud-ouest moi 'tain!
Encore bravo! :-)
B'en oui, Joe, l'titr' c'tait surtout qu'ça m'a amusé d'laisser un verb' désuet "cherra" à côté d'mots tronqués.
Merci, Laura.
Comm' vous voyez tiniak, plac' aux rêv's zet aux mystèr's.
Zigmund lors du dernier plantag' d'mon ordi, j'ai perdu tous les logiciels qui m'permettaient d'faire entendr' ma vilain' voix. J'sais p'us comment les r'trouver. J'sais p'us, j'su's perdu.
Riez, MAP, riez, ça soulag' la douleur à c'qu'i'parait. Vous m'direz, mais s'couez pas trop les népaul's.
Vous verrez Virgibri, j'parl' tout comm' j'écris. Vrai deud vrai.
En fait, Joye, c'est pas du cht'i. J'su's Perch'ron, mâtiné Beauc'ron, en fait. Mais j'ai piqué queuequ'mots aux Québecois. J'su's assez emprunteur foi d'animal.
Borsolina, sûr, arriver à fair' chanter les mots écrits comm' vos amis l'font avec leur langu', ce s'rait eune bell' gageür'.
Ah, ah, le commentaire de Borsolina me rassure !!!
(elle aussi est très mignonne, elle)
Bravo !
Bravo pour cette vidéo du grand Jacques !
Je voudrais moi aussi mettre une vidéo sur mon blog mais ca ne fonctionne pas j'ai copié le code sur you tube mais rien j'ai juste un code html sur ma page...
Help !
Il ne fallait pas vous inquiéter, Joye, j'ai lu un jour un billet chez vous qui montrait que les accents, aux Etats Unis, avaient leur place dans la communication.
Nicochan, j'ai fait un saut sur votre blog et j'ai vu que vous avez trouvé comment faire. Merci du compliment.
On dirait une chanson populaire qui court dans les rues. J'aime bien !
(euh, je fais partie des rares pour qui la référence au grand Jacques - comme à Noir Désir - n'était pas évidente... bien que j'ai déjà entendu cette chanson magnifique. Mais ne pas avoir la référence ne changeait rien à votre texte.)
J'aimais bien cette chanson par le groupe Ange.
Merci Captaine Lili.
Phil, oui, Ange, j'avais en tête leur interprétation mais j'avais oublié le nom du groupe. J'avais une k7, jadis, dans la voiture.
=) Aïe! Pauvre garçon, ça doit être bien douloureux. En attendant, le mystère reste entier.
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