Chez moi, la nuit, dans mon appartement, le genre d’appartement refait à neuf où tout est blanc, tout est calme. Il n’y a aucun bruit. Il arrive de temps à autre, lorsque je suis couchée, que ma voisine fasse une machine après 22h, pendant les heures creuses. Cela est un peu gênant car son essorage reste souvent bloqué. Mais bon, ce n’est qu’un rendu pour un prêté !

 

Chez moi, il n’y a pas de vieilles charpentes qui craquent ou d’escaliers en bois qui travaillent. Enfin si, j’ai un escalier en bois, mais il ne travaille pas ! Ou alors il travaille, mais comme j’entends rien quand je dors… bref !

 

Chez moi, il n’y a pas de vieilles comtoises qui sonnent à chaque heure ou de réveils qui font tic-tac. Et… heureusement car je trouve ce bruit impossible !

 

Chez moi, à l’extérieur, il n’y a pas de branches effeuillées qui viennent taper les carreaux de la fenêtre, ou de chouettes qui hululent dans l’arbre du voisin. Non rien de tous ces bruits qui pourraient être effrayants et qui rendent lugubres certaines demeures dès l’obscurité tombée.

 

Chez moi, quand je me glisse entre les draps, que je retrouve avec délectation l’épaisseur de ma couette, seul le ronronnement de ma chatte vient me bercer et m’aide à m’endormir. Sauf quand elle a décidé en même temps de me pétrir la poitrine avec ses pattes !

 

Chez moi, ma minette est un peu spéciale. Après avoir ronronné, elle commence son rituel pré-nocturne. D’abord elle va manger quelques croquettes : et crac et croc et crac. Cela dure toujours quelques minutes, mais en général, je commence à sombrer dans les bras de Morphée avant qu’elle n’ait fini.

Ensuite, elle revient d’un pas feutré dans la chambre et là, l’insupportable se produit : elle commence à gratter le coin de la porte du placard pour la faire coulisser. Juste pour m’embêter parce qu’elle y est rentrée plein de fois et qu’il n’y a rien de plus ni de moins.

Alors, comme tous les soirs, attrapant ma peluche diplodocus par la queue, devenue professionnelle du vol plané en direction du placard, j’hurle : « Cléo ! Maintenant ça suffit, j’en ai marre de toi ! »

Je me rendors aussitôt.

 

Chez moi, finalement, il n’y a pas de bruit la nuit.