12 septembre 2009

La consigne #73

Une plaquette de beurre
de 250 grammes a disparu
du réfrigérateur de l'internat.
L'enquête est confiée
à Mademoiselle Aufray, l'intendante.



Cette semaine, à titre expérimental,
vous devrez vous trouver
un sponsor*
si vous voulez conserver
l'opportunité d'être édité(e)
le samedi 19 septembre.


Envoyez vos textes à samedidefi@hotmail.fr,
on vous écrira.

* Si vous en aviez plusieurs, vous pourriez rêver** à l'édition de luxe...
** Le rêve n'est-il pas le compagnon de l'écrivain ?

Posté par Old_Papistache à 17:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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L’heure la plus courte… (Oncle Dan)

C’était un dimanche. On sortait de boite. On était bourrés complets et on tirait à la courte paille celui qui allait prendre le volant. C’est Paul qu’avait tiré la paille la plus longue. Fallait qui s’y colle. René qui était le proprio de la caisse lui a lancé les clés.
Ben, vrai de vrai, René lui a lancé les clés à 2 heures et Paul les a attrapées à 3 heures. Bourré complet qu’il était.
Après, il a dit que c’était pas vrai ; qu’il n’avait bu que de l’eau ; qu’on était le dernier dimanche de mars et qu’on venait de passer à l’heure d’été.

Posté par Old_Papistache à 08:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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L'heure vide (Tiphaine)

Je ne saurai jamais ce qui s'est passé le mardi 7 octobre 2008 entre 14 et 15 heures.

Je suis arrivée dans ma classe à 13H55, comme chaque mardi. J'avais fait rentrer les élèves. Ils étaient douze. Neuf garçons, trois filles. Pendant l'appel, l'un d'entre eux s'est levé puis a pris soudain ses jambes à son cou. Je suis sortie de la salle à sa poursuite.

Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, on me l'a raconté.
Les gosses de la salle d'en face m'ont vue traînant doucement le gosse par les pieds, dans le plus grand silence, un sourire figé sur le visage. L'enfant s'est caché sous une table, j'ai refermé la porte.

Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, on me l'a raconté.
Les élèves ont recommencé à chahuter, puis c'est devenu un immense bazar. Il paraît que j'étais comme une automate, je ne réagissais pas, je ne les voyais plus.
Une première bagarre a éclaté. Je me suis précipitée, j'ai séparé les deux ados et je me suis pris un coup. Sans doute qu'il ne m'était pas destiné…

Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, on me l'a raconté.
Je suis retournée à mon bureau, une deuxième rixe avait déjà recommencé. J'ai marché vers eux sans émotion, j'ai séparé les belligérants avec une violence qu'ils ne me connaissaient pas, j'ai pris un deuxième coup. Une gifle. J'ai gardé la marque sur mon visage. Sans doute qu'elle ne m'était pas destinée…

Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, on me l'a raconté.
Je suis restée assise un moment. Les insultes continuaient à fuser. Ça criait, ça hurlait autour de moi et je n'avais pas l'air de m'en rendre compte.
Encore une bagarre, plus violente encore que les précédentes. Je me lève, je me jette contre les deux corps, je sépare brutalement. Dernier coup. Une gifle encore. Sans doute encore ne m'était-elle pas destinée…
Je m'assois. Je baisse la tête.

Sonnerie de 15 heures. Je suis seule dans ma salle de classe, les élèves sont partis, je ne les ai pas vus partir… Je n'ai aucun souvenir de l'heure qui vient de se passer. Aucun souvenir. Une heure vide…
Une nouvelle classe arrive. "Vous n'avez pas l'air bien madame…" Je prends mes affaires, et, pour la première fois de ma vie d'enseignante, je quitte les lieux pendant un cours sans rien dire à personne. Question de vie ou de mort.

Posté par valecrit à 07:22 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
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TRAGÉDIE AU FORUM DES ASSOCIATIONS (Jo Centrifuge)

-Vous ne devez pas sauter jeune homme!

-Non mais moi je ne suis pas venu pour le salon de la voyance et puis je ne sais pas de quoi vous me parlez.

-Ne sautez sous aucun prétexte, il en va de votre vie!

-...J'accompagne ma copine au forum des associations à côté là...

-Écoutez moi, jeune homme...

-'Pas le temps, Fabi m'attend!

Seb était en retard bien entendu. Au stand "Chorale Coincoin" Fabi fulminait.

-Ah ben quand même! Qu'est-ce que t'as foutu? Tout le monde t'attend!

-Quoi?

-T'as gagné à la loterie des assoces...

C'est à ce moment que, sorti de nulle part, un animateur hystérique lui ficha brutalement un micro sous le nez. Dents blanches et petite moustache :

-Le voilàaaa! Félicitations à vous mon cher Sébastien, vous avez gagné le premier lot offert par l'association "A plat ventre". Laissez moi vous serrez la maiiiin...sous vos applaudissements!

Des flash crépitaient alors qu'une foule de badauds commençait à s'agglutiner autour d'eux.

-Cher Sébastien, je vous donne rendez-vous dans une heure précise pour l'atterrissage. A tout à l'heure!

Comme la foule se dispersait, Seb sentait monter en lui une désagréable inquiétude :

-Fabi, je ne comprend rien. Qu'est-ce que j'ai gagné déjà?

-Un saut en parachute. Tu vas atterrir juste à côté sur le parking de l'aérodrome, devant tout la ville. Alors essaie de bien te tenir pour une fois!

-Quoi?.. Ah non, je ne pourrais pas. J'ai déjà le vertige sur un tabouret et en plus une voyante m'a...

Mais les yeux de Fabi s'assombrissaient dangereusement tandis que les commères de la chorale commençaient à ricaner:

-Tu ne vas pas me faire honte devant tout le monde, n'est-ce pas? menaça-t-elle les dents serrées.

Le piège se referma subitement lorsqu'un colosse se présenta à Seb en tant qu'ancien para-commando et lui apprit qu'il serait l'instructeur de son baptême de l'air.

Quelle étrange chose que le temps qui passe. Seb s'étonna de découvrir comment 90 kilos d'un entrain tout militaire et surtout la promesse d'une catastrophe prochaine peuvent faire s'évaporer 60 minutes. Brieffé, équipé, harnaché, embarqué dans un avion, il flottait à présent en pallier à 300 mètres.

"Vous ne devez pas sauter" Les mauvais augures de la voyante hantaient ses pensées : "...il en va de votre vie"

La porte de l'aéronef s'ouvrit et il fit face au vide. Etait-ce l'ivresse de l'altitude ou bien l'étrange sensation de vivre ses derniers instants, mais le temps paraissait maintenant s'étirer. Seb était comme transfiguré, il prenait conscience de tout ce qui l'entourait, l'air qui lui gifflait le visage, le soleil qui lui réchauffait les joues, la beauté du paysage, la poussée ferme mais amicale de son instructeur... Il bascula comme au ralenti, bras écartés, les yeux grands ouverts sur le monde en bas, avec un immense sourire.

Chacun de nous connaitra plusieurs vies.

La vie de Seb prit fin ce jour là. L'atterrissage se présentant assez mal, il se cassa une jambe sous le poids de son instructeur, le tout sous les yeux des commères de la chorale Coincoin et de la presse régionale. Fabi, morte de honte, mit bien vite fin à leur relation.

Mais dans sa nouvelle vie, Seb coule des jours heureux auprès d'une gentille fille. Il est désormais membre d'honneur de l'association "A plat ventre". Il saute régulièrement et gagne même quelques compétitions à l'occasion.

Posté par valecrit à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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Participation de Gilsoub

Le bip de son téléphone le tira de la profonde léthargie dans lesquels son travail l’avait plongé. C’était Irma et son étrange dialecte techno djeun’s :

« 1h 10po 2m1 rd kfé méri 16h »

Le temps de déchiffrer, de s’assurer de son auteur et déjà il ne tenait plus en place…

— Chef, je prends mon après-midi de demain, une urgence familiale !


À partir de ce moment-là, les minutes commencèrent à s’égrener lentement, très lentement, trop lentement ! Chaque geste du quotidien le rapprochait un peu plus du moment tant attendu…


Puis vint le temps de la préparation. La douche, avec inspection et récurage du moindre repli de peau, l’apparition de l’inénarrable bouton sur le nez, le triple rasage quadruple lames, l’astiquage de quenotte pour un sourire ultra-brillant !


Reste la scène de l’habillage et ses choix cornéliens : cool ou strict ? Rayure ou unis ? Avec ou sans veste ?

Dans le métro, le détail qui tue, deux pompes dépareillées !

Quinze heures trente, trois fois le tour du quartier pour calmer son stress. Ne surtout pas arriver en avance ; mais pas en retard !


Et puis… et puis la voilà, son sourire, ses beaux yeux, Irma dans toute sa splendeur ! Elle l’embrasse ...


c’est une heure qui dura une seconde d’éternité… 

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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Une heure de repassage (rsylvie)

Une heure de repassage »! s’exclama-t-elle.

« comme vous y allez… Ché donc bien long, mAdame.

Mais chi ché comme vous l’dites, vais la faire » !



Nadine, nouvellement embauchée au manoir n’ose répondre que ce soir elle a rendez-vous avec son amoureux. Alors sans rien dire, la demoiselle tourne sur elle-même pour se diriger vers le tas de linge disposé dans d’énormes paniers d’osier, quand elle se rappelle avoir laisser quelques morceaux à peine secs sur l’étente, afin de profiter des derniers rayons du soleil automnale.


Ni une ni deux, la voilà en direction du jardinet quand

au détour de la grande bâtisse, elle se souvient devoir

contourner les écuries, là où travaille son prétendant.

Comment résister à l’appel de l’amour ?

ne pas regarder dans sa direction,

surtout ne pas penser à ce soir,

à sa main dans la sienne,

à ses épaules accueillantes,

à l’odeur de sa peau au travers de la chemise entr’ouverte,

ne pas penser….




Et Nadine de passer et repasser devant la sellerie, les bras chargés de linge, sans oser lever les yeux de peur de croiser le sourire envoutant de son amoureux. Quand l’horloge du clocher se met à sonner l’angélus du soir, la fin des corvées journalières au Domaine.

Quoi déjà », s’écrit Nadine sans regarder les autres blanchisseuses. Le tout, en rangeant le plus délicatement possible l’ouvrage qu’elle reprendrait le lendemain

avec tous tes aller-r’tourmurmure la Jeanette, d’une voix moqueuse.

La plus ancienne de toutes qui a bien compris le manège de la petite nouvelle,

C’est l’heure de passage et repassage la plus courte que j’connaisse »

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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de la relativité du temps (Poupoune)

Après des années d’heures trop longues et de temps qui s’étire, les minutes et les secondes semblent maintenant me filer entre les doigts.

Une heure.

Rien qu’une heure pour savourer ce repas que j’ai mis tellement de temps à choisir ; j’ai envie de laisser chaque bouchée fondre sans mâcher et imprégner mes papilles de ses parfums délicats, mais j’ai peur de ne pas avoir le temps de finir mon assiette si je m’en délecte trop lentement.

Une heure.

Je devrais sans doute m’attarder sur des considérations plus… profondes ? intelligentes ? symboliques ? Mais mon esprit tout entier est concentré sur l’explosion de saveurs dans ma bouche.

Et pour ce que ça changerait…

Ne pas gâcher ma dernière gorgée de vin à me perdre en réflexions fumeuses. Il est trop tard. Juste le temps de boire mon café avant d’y aller.

A quelques kilomètres près, j’aurais été jugé au Nouveau-Mexique et non au Texas.

La vie tient parfois à peu de choses.

 

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Capable de pitié ? (Joe Krapov)

Une heure c’est court ou  bien  c’est  long

C’est ceci cela, c’est selon

Qu’on est au lupanar ou  bien  chez  le  docteur,

Qu’on a ou pas un pantalon,

Qu’on  est  sur  le  billard ou bien dans un salon,

Qu’on  est  dans  l’autocar ou bien dans un avion,

C’est court ou  bien  c’est  long, saucissonnée, une heure.

 

Une  heure  c’est  vraiment  long

Pour  l’éjaculateur  des  prés  d’Ecosse

Mais ça n’est vraiment rien pour le lapin et les gars de Rennes :

Il suffit d’offrir ses hommages à plusieurs lapines à la suite

Du coup l’heure devient très petite.

On voit à peine le temps passer qu’il est déjà l’heure de rentrer

Pour dire un madrigal,

Prendre un repas frugal,

Remplir de bonne humeur le terrier familial

Et le devoir conjugal.

 

Une  heure  c’est  long  quand  tu  attends

Le  départ  d’un  enterrement,

La  fin  du  règne  du  Président,

Le  moment  du  débarquement,

Une  distribution  de  diamants,

L’début d’une  éclipse  à  Shangaï

Ou  l’réparateur  d’Internet.

 

Les heures passent trop vite

Quand on est à Venise, à Jersey, en vacances.

Elles  durent  chacune  trois  plombes

Quand  l’boulot  recommence.

 

Une  heure  c’est  long  quand  tu  poireautes,

Que  tu  espères  comme  une  poire  blette

Un  bus  4  à  l’arrêt  du  Mail,

Une  fille  sous  la pluie  sans  chandail,

Quand  tu  veux  régenter  la  fête,

Que  tu  voudrais  les  cons  moins  bêtes

Ou  bien  même  qu’Henri  IV  arrête

De  mâchonner  des gousses d’ail.

 

Une heure c’est court vraiment pour ce que j’ai à dire

Une fois que je délire :

Je pourrais vous en tartiner

Des soirées et des matinées !

C’est pourquoi, mes ami(e)s,

Pour épargner vos yeux qui ont besoin d’lunettes,

Comme disait le merlan qui trouva un bifteck

Sous une frite à la Mecque :

« Ben c’est ici que je m’arrête ».


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Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
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S’il te plaisait (Captaine Lili)

Une heure

Dérobée à l'habitude

Livrée au coeur

Une heure, seule avec toi

Si courte !

Si pleine !

Une heure entre tes bras

A dévorer

Nos yeux, et puis le reste

3600 secondes qu'on ne compterait pas ...

Une heure

Sans solitude

Prise au temps ravageur

Une heure, sablier d'émois

Si courte !

Si pleine !

Une heure en de beau draps

A décorer

De nos faits et gestes

60 minutes qu'on n'oublierait pas

Une heure ...

Une heure sans faute

Une heure

Et puis une autre.

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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La nuit s‘avance (Virgibri)

Sous un soleil de plomb Sur les marches glacées Mes pas résonnent Ma bouche est sèche J’ai mis mon habit d’oiseau noir Sans ailes Celui qui me ceint Les larmes se retiennent Et puis tout se restreint Regards portés vers les Autres Que je veux plein d’amour Mais tout est aveugle Tout est assourdi Il n’y a rien sur mes lèvres Juste le silence Parfois l’ébauche d’un sourire Je me retourne Tout le monde est là Les assis Les debout Les vivants Qui voudraient le rejoindre Et le mort Tellement vivant Que l’on entend son rire Taper contre les vitraux Ma voix s’élève Je dis des mots Auxquels je ne crois pas Je ne retiens que l’Amour C’est déjà trop Et pas assez Ma voix s’élève Et se fait plus sûre Ma voix assène Ma voix martèle Il faut aimer Nous devons aimer Face à la bière C’est dérisoire Et puis si vrai Ma voix s’arrête Les larmes coulent La gorge sèche J’enveloppe d’un regard Tous ceux qui l’aiment Tous ceux qu’il aime Le savent déjà trop C’est le manque qui est insupportable C’est l’absence Qui devient présence Et que l’on hait Quelques gouttes bénies Sur son corps meurtri Sur son corps éteint Au-dessus du portrait Au sourire immense Un défilé sans fin Un amour sans fin Une douleur sans fin La fin la fin Je ne veux pas achever Il le faut bien A-t-on le choix?

Posté par valecrit à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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