Chapitre LXVII (Tiphaine)

 

Le plaisir ne dure qu’un temps.

Akinisi et Anosmik étaient étendus, comme sans vie, ils regardaient le ciel.

Cette planète était étrange et ne ressemblait guère à la leur.

L’herbe rose, le ciel orange et jusqu’à ce soleil aux rayons bleus ne cessaient d’émerveiller la jeune voyageuse.

Son compagnon, lui, essayait de calculer l’éternité que devrait leur prendre le trajet retour.

 

Akinisi : Regarde ! Mon amour ! Comme ils sont beaux ces nuages !

Anosmik : Oui, oui…

Akinisi : Oh ! Vise un peu celui-là ! On dirait notre fusée !

Anosmik : Moi je trouve qu’on dirait une bite…

Akinisi : Pffff… Tu ne comprends vraiment rien à la poésie du monde, toi… Oh ! Tu as vu le gros nuage là-bas ? Regarde ! Tu ne trouves pas que ça ressemble à un de ces angelots joufflus qu’on voit dans les vieux livres ?

Anosmik : Hum…

Akinisi : Quoi ?

Anosmik : Rien, rien…

Akinisi : Mais si, vas-y…

Anosmik : On dirait juste une grosse paire de fesses, c’est tout.

 

Akinisi se leva rageusement et fit mine de s’en aller. Anosmik ne dit rien. Il avait la rage profonde mais discrète. De même que la douleur.

Relevant la tête, il aperçut au loin l’adversité. Comme tous les soirs, elle tissait… Voulant se rattraper de sa précédente maladresse, et peut-être motivé par le fait que cette romantique personne était la seule du sexe opposé à des années lumière à la ronde,  il interpella courtoisement sa compagne qui s’éloignait à présent :

- Mignonne ! Regarde l’adversité tout là-bas ! Que te semble-t-elle tisser, ma douce ?

Akinisi scruta l’horizon un long moment, puis déclara pensivement :

- Desseins… de noirs… desseins…

Perplexe, Anosmik se rembrunit soudain.

Il ne comprendrait décidément jamais rien aux femmes…