J’étais d’abord emballée à l’idée de partager une anecdote de voyage mais bien vite, je me suis trouvée à hésiter, laquelle choisir ?  Il me revenait tant de souvenirs.

Me fallait-il parler de Madagascar, cette ile merveilleuse qui m’a donné le goût des voyages et des destinations lointaines ? Aurais-je fait les mêmes choix de vie si je ne les avais pas décidés là-bas ?

Me fallait-il parler des émotions vécues lors des séjours dans la brousse africaine, quand je m’enrichissais paradoxalement au contact de la pauvreté et de la maladie. On croit partir pour aider l’Autre, on en reçoit énormément.

Me fallait-il parler du Kilimandjaro et du défi que je relevais ? De ce message que j’adressai à mon intruse en montant assister au lever du soleil depuis le sommet de l’Afrique.

Me fallait-il parler du pouvoir des voyages quand pour la première fois, lors de la grande traversée du Zanskar, je racontai mes petites histoires à la veillée et parlai de mon intruse, sans écran interposé ?

Me fallait-il parler des sourires de ces gosses des rues et des campagnes, ces enfants qui jouent avec un ballon fait de tissus et de sacs plastiques quand nous voulons toujours plus ?

Me fallait-il parler de la paix retrouvée lors du Tour des Annapurnas ? Au-delà des paysages magnifiques, la dimension philosophique et spirituelle de ce voyage m’a ouvert des perspectives inespérées.

Tellement de pages remplies de souvenirs et toutes celles, encore vierges, à vivre et à écrire pour mon plus grand bonheur. Les voyages ne forment pas que la jeunesse.