03 juin 2009

Iowa-sal☺☻n du mercredi

salonmercredi

Où en sommes-nous ?

Joye, Tiphaine, tiniak, Joe Krapov, shivaya-warduspor, Poupoune, PHIL, Brigou, Virgibri, Vegas sur sarthe, Ondine, Zigmund, MAP

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A la mer (MAP)

L…… O….. 15 Juillet 2005

 

 

 

Ce matin, c’est décidé j’y vais … C’est une première ! Je vais prendre un bain de mer. J’avoue que je ne suis pas très rassuré ! Mais j’en ai assez que l’on se moque de moi !

 

- « Quoi tu ne sais pas nager !!! »

- « Oh le froussard !!! »

- « Tu ne devrais pourtant pas avoir peur de l’eau !!! »

- « Hi,hi,hi !!! Toi qui adores patauger dans les flaques !!! »

……………………………………………………..

Et voilà comment ça s’est passé !


A_la_mer

MAP

Posté par Walrus à 17:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
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Voyages à éclipses (Zigmund)

De mon enfance méditerranéenne, je me souviens de mon intérêt précoce et étrange pour le pays du Milieu.

eclipse

 Exilé sans retour possible, peu après ma première  éclipse totale de soleil inoubliable, j’ai longtemps   cherché un pays à aimer...

 Un grand morceau d’existence plus tard,  je me lance dans l’apprentissage de la langue et me voilà dans l’avion pour Pékin, avec cinq amis réunis entre autres  par la pratique du tai-chi-chuan.

 Première image désolante : le ciel est  gris : « j’aurais traversé le quart de la planète,  pour qu’il pleuve ? » mais non,  il ne pleut pas, ce n’est que la pollution, ( !) et dès la sortie, la chaleur humide étouffante m’étreint,  « jamais je ne supporterai 3 semaines comme çà ! ».

 Le choc est à la mesure de l’attente : la foule, partout, les façades grises de poussière, la foule encore, les vélos…

1996_beijing

  Choisi par notre amie traductrice, notre hôtel  est un petit bijou caché au fond d’une ruelle ancienne (çà s’appelle un hutong). A partir de ce vieux quartier insalubre mais hélas destiné aux bulldozers, nous découvrons la ville, les petites échoppes où nous faisons sensation (les longs-nez sont rares par  ici), la  librairie où je caresse chaque ouvrage sans en comprendre la signification, les coiffeurs de rue, les petits restaurants et les parcs.

 Pas terrible l’idée de visiter la cité interdite un dimanche d'été : toute la Chine est là avec la même intention ; il faut se faufiler entre les vendeurs de cartes postales, d’eau, éviter de gâcher les "photos à la chinoise " : tout le monde se groupe debout devant le monument, pose, sourit (ne me demandez pas comment on dit "ouistiti" -"sex" en chinois) et voila un beau souvenir dans la boîte.

 Non loin de la place Tian an men, se trouve le mur des minorités, c’est devant ce mur que je demande à être pris en photo en tant que minorité chinoise à moi tout seul.

 Au palais d’été, nous avons loué des pédalos pour une ballade sur le lac Kumming et attiré contre nos embarcations, des familles en mal de batailles navales clamant sans doute : « à l’attaque ! Sus aux  « lao wai » !  (=étrangers)

Bravitude requise pour escalader la grande Muraille au soleil de midi et échapper aux marchands de souvenirs.

 Peu connu,  le Ritan parc situé dans le quartier russe. Là, nous pouvons enfin nous fondre dans la foule sans être dévisagés ; là, nous essayons de déchiffrer les enseignes en cyrillique, c'est un petit coin d'"Europe" à Pékin. A l'entrée du parc, les hangars pleins des ballots de vêtements et de tissus destinés à l'Europe de l'Est sont impressionnants.

Dans le parc, c'est de nouveau la Chine, quelques pratiquants de Taiji quan, une maison de thé où on prend plaisir à s'éterniser, un bassin à poissons rouges où les enfants viennent pêcher leur futur compagnon, un kiosque à musique où un isolé étudie le saxo, des gens qui chantent, qui dansent ou qui jouent aux échecs chinois.  Il y a surtout une  grande aire centrale délimitée par un mur circulaire percé de quatre portes : là, se rencontrent les "papis cerfs-volants". Pour moi qui n'ai jamais réussi à faire voler les nombreux "inutiles pas volants" qui encombrent ma voiture, c'est fascinant, voire même un peu vexant. On pose le cerf volant contre le mur à un endroit précis on s'éloigne tranquillement en déroulant la ficelle à environ 10 mètres, on donne une micro secousse et la chose vole déjà loin par magie. Après, on s'assoit sur un pliant et on discute avec les copains en surveillant son œuvre haut dans le ciel.

 

L’achat  des billets de train met  à rude épreuve les nerfs de notre traductrice. On se heurte à un mur administratif, teinté de racisme,  pas d’explication : « mei you » : y’en a pas…admettons… mais alors pourquoi le train dans lequel nous prenons place après d’épuisantes négociations n’est il pas plein ?

L’armée enterrée de Xi'an est une merveille, pour faire abstraction de la foule bruyante, je m’étais collé le Messie de Haendel sur les oreilles, et je me suis promené virtuellement très près (se munir de jumelles+++) de ces soldats de terre cuite  loin du  monde extérieur.

taerse

Quelques heures d’avion et nous voilà plus à l’ouest vers Xiahe et ses monastères. C’est la plus belle partie du voyage et malheureusement la plus courte, c’est aussi la plus dangereuse, elle se fait en car sur des routes approximatives, boueuses, où nous avons la sensation de risquer notre peau à chaque virage.

Pour nous donner du courage pendant le trajet, nous chantions des chansons de Brassens (les paillardes de préférence-finalement, c’est bien de parler une langue « rare ») Autour des temples, nous avons fait tourner les moulins à prières en prévision du voyage de retour.

Le retour à la civilisation( ?) est trop rapide.

A Chengdu, les filles font du shopping,  je me fais humilier dans une partie de go, je distribue des origamis, et je fais tourner mes toupies optiques dans les parcs, j’offre des graines de roses trémières (c’est peut être interdit, je l’ignorais).

1996_chengdu

Nous mangeons toujours dans des petits restaurants sympas à l’hygiène approximative. D’un de nos délicieux sandwichs à la viande se sont échappées des dents de rongeur…

Comme partout, les patrons de restaurant bombardent notre traductrice de questions indiscrètes, et rigolent de son impeccable accent taïwanais. (Imaginez un chinois parlant français avec un accent méridional). Et pendant qu’elle répond, sa soupe refroidit et sa bière se réchauffe.

 

Je suis le seul (hors la traductrice) à avoir voulu y retourner, malgré de grosses  déceptions, des petites galères mémorables, et  de temps en temps,  un trop plein de  chinois !

 Trois ans après,  j’ai refait ce voyage simplifié accompagné de mes fils,  et  là, c’était moi  le seul traducteur malgré mon chinois squelettique.

eclipse

Juste avant ce voyage  nous avions pu voir l’éclipse solaire totale de 1999, une merveille, tout simplement.

Et si je vous parle de cette éclipse c’est que la prochaine le 22 juillet 2009 a lieu en Chine entre Chengdu et Shanghai, et que depuis dix ans je me suis promis de ne pas rater ce rendez vous magique.

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Vi(a)n en cave (Ondine)

Une cave parisienne comme il en existait vraisemblablement des dizaines au siècle dernier, construite sur le roc. J'en franchis le seuil et me fonds dans une pénombre feutrée. Une guitare fait corps avec un piano droit, calé dans l'angle du mur. Un homme seul ordonne ses feuillets, à la recherche d'une cohérence. Perplexe, je me demande si j'ai noté correctement l'heure du rendez-vous. On m'apporte la carte et je laisse mon regard errer sur les noms des vins au verre. Je me décide enfin pour un rosé au nom prédestiné: Château de la prose. Je sens sa fraîcheur se couler doucement dans ma gorge, comme l'inspiration me surprend parfois certaines nuits d'insomnie.

Je détaille l'ensemble des lieux. La salle est sombre mais chaleureuse. Les murs lambrissés de vieux bois portent à la fois au repli vers soi et à l'accueil des autres. Les plafonds sont tapissés d'affiches aux couleurs passées. Le nom de Prévert accroche un instant mon regard. Quelques fragments épars de poésie se juxtaposent aux lieux qui les ont inspirés, arpentés il y a quelques jours à peine. En fond sonore, une vieille rengaine américaine des années 1940. De nouveaux arrivants pénètrent dans l'antre. Dans quelques minutes, une fois les baisers échangés, Boris Vian prendra possession des lieux: juxtaposition naturelle entre cette atmosphère de trame sonore de vieux film en noir et blanc et les mots de celui qui puisait son inspiration dans les sonorités alors extravagantes du jazz.

L'univers déjanté de l'auteur s'épanouira progressivement sous nos oreilles attentives, esquissant d'attrayantes volutes dans l'espace avant de se couler par strates dans le coeur de ceux présents. Les mots dansent, ludiques, pudiques, prégnants d'esprit, de musicalité. Des extraits de L'écume des jours, de L'arrache-cœur, de L'herbe rouge, de nouvelles, s'emmêlent en un contrepoint aussi improbable que les images conjurées, caressant une seconde les touches du pianocktail, se glissant dans l'herbe moelleuse qui abrite une conversation tendre, dense, dansante entre deux amoureux, devient un instant bébé taupe, dragon fatigué, René ou Claude, portés par la voix de lecteurs soucieux d'en extraire l'essence.

Je rejoins le soleil chaud d'une fin d'après-midi, laissant une part de moi derrière.

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Vacances mai 1968 (vegas sur sarthe)

J'ai voulu voir Vierzon et on a vu Menton,
tout comm' dans la chanson mais ça rime en citron,
le musée Jean Cocteau et le limoncello
ça te mont' à la tête, pourtant ça rime en eau.

T'as pas aimé Cocteau, pas plus les pédalos,
j'aurais bien voulu jouer, t'aimes pas les casinos.
Au clos du Peyronnet j'aurais pu te noyer
si tu ne vivais pas toujours avec ta bouée!

J'ai voulu voir Lisieux et on a vu Honfleur,
qu'est c'que t'as dans les yeux, t'es bien comm' ta soeur...
qui est bien comm' ta mère. Honfleur, ça te plait bien?
ça m'étonne à moitié c'est là qu'est né Boudin.

Dans le bassin à flot j'aurais pu te noyer
si tu ne sortais pas toujours avec ta bouée...
alors on a quitté Honfleur et ses musées,
ses vieux greniers à sel où t'aurais pu rester.

T'as voulu voir Paris mais c'était en travaux
je te l'avais bien dit, en mai c'est Waterloo;
tous ces tas de pavés et ces flics en armure
jaillis de la fumée, ça t'avait une allure!!

C'est bien pour les photos mais c'est pas très pratique,
mes tongs avaient pris l'eau, et toi une sciatique.
On a été déçus, le Mont ne valait rien,
Pigalle était désert... la grêve du tapin?

Alors quand tu m'as dit "Je n'irai pas plus loin"
et puis tous tes Bla Bla et tes "Je te préviens"
je t'ai plantée ici, c'était rue des Martyrs,
ta bouée en plastique te seyait à ravir. 

A toi l'accordéon, les flons flons, le musette,
Madeleine et sa bouée, tu dois faire un tabac,
tandis que libéré, bientôt sur la Croisette
je vais enfin m'offrir des vacances de roi.

chauffe Marcel

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City trotteuse (Virgibri)

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Je suis de tous les voyages, quand je le désire. Je vogue dans l’espace et dans le temps.

Ce matin, j’ai commencé par l’Espagne avec un jus d’orange, puis saut de puce vers les Caraïbes, avec un yaourt citron vert coco. Et l’Italie, comme tous les jours, avec mes deux espresso.

Puis direction la ville lumière en scooter.

Quand j’enfourche mon fidèle destrier à moteur, je me sens comme une jeune femme outrancière du XIXème siècle qui osait monter à cheval à la cavalière. Une fois mon casque mis, je deviens pilote d’une 500cc, ou encore spationaute, peu importe.

Ma galaxie est vaste.

Place Péreire, Villiers, Malsherbes, Saint Sulpice, Madeleine, Opéra, le Louvre : quartiers chics, mais leurs pavés tape-cul qui fanfaronnent tout du long, me projettent en Inde ou en Afrique.

Le long des quais, j’ai droit à ma petite madeleine proustienne, qui me ramène des années en arrière, quand je me baladais là, à pied…. Mais quand était-ce ? Un été parmi tant d’autres, sans doute.

Le bazar de l’hôtel de ville, empli de bourgeois bohème, de vieilles dames qui cherchent un tapis d’évier, mais surtout de touristes, me rappelle où je suis. Des housses de coussins splendides m’emmènent encore en Inde, et le thé Kusmi en Russie…

L’hôtel de ville en lui-même, d’où je ressors armée de paquets, sous ce ciel divinement parfait, me fait penser à la piazza Navona, à Rome...

Je prends le temps de tout admirer avant de repartir. La tour Saint Jacques, sur le trottoir gauche de la rue de Rivoli (encore l’Italie), et c’est Breton avec sa clique. Desnos. Soupault.

Auber, Place de Clichy, boulevard du même nom : me voilà au Moyen-Orient, avec le roi du poulet hallal, les odeurs de merguez, Tati qui m’appelle. Ben J, le roi de la frite, fait ses livraisons.

Tout est parfait… Jusqu’au moment où une berline blanche se réinsère sans prévenir. Paris. Les voitures qui déboîtent, les deux roues qui défilent, qui défient la ville, qui finissent en boîte…

Tati m’offre une huile de lotus qui m’envoie en Egypte, des maillots de bain bariolés dignes de Miami, des marshmallows américains, des t-shirts faussement punks qui me ramènent à Londres, alors que je suis au milieu du quartier musulman…

Je repars, toujours chargée, avec un sac posé tant bien que mal sur le siège arrière et tenu par un tendeur : je suis sherpa à moteur.

Le temps est parfait. Ni trop chaud, ni trop frais. A peine une brise pour de temps en temps me caresser le visage. Je pourrais être à Madrid, Rome ou ailleurs. J'aurais presque envie de pleurer devant tant de beauté.

Je finis mon voyage sous le soleil de mon balcon, devant une assiette italienne. Mon petit New-York me fait face, sans un nuage pour lui donner de l’ombre. Je termine sur deux ou trois gâteaux que ma mère a rapportés d’Algérie : cornes de gazelle, pâte d’amande, fleur d’oranger… Et sur un verre de menthe et de citron, qui pourrait être un mojito… sans alcool.

Je suis en France. Je suis partout. Je suis bien : je ne vivrais nulle part ailleurs.

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Extraits du Carnet de Voyage – Grèce – Juillet 2000 (Brigou)

Comme dans la croisière s’amuse …     bat

On s’est retrouvé vingt aujourd’hui sur le pont pour le  réveil musculaire comme dit Martin. Il en a de bonnes le moniteur : « Allez, levez les jambes, plus haut, rentrez le ventre, inspirez, expirer ». Une véritable torture matinale !
Il faisait déjà très chaud et Martin était en sueur… quant à moi fraiche comme une rose !!!


Côté restauration …      table
Le premier jour, on a voulu tout goûter, tout essayer… de l’onctueuse tarama aux douces amères feuilles de vigne sans oublier les lentilles à l’huile d’olive, le tzatziki, les feuilletés au fromage, les poivrons et les aubergines grillées… puis les brochettes de mouton, les boulettes de viande, la moussaka … les médaillons de langouste, les crevettes, les crabes… 
C’était la folie devant le buffet… A croire que les gens ont jeûné pendant des mois : de véritables ogres ! En rentrant chez eux, ils diront « on a bien mangé » au lieu de dire  « c’était beau » …


Dans une heure, commence dans le grand salon la « Nuit des déesses ».. tout un programme ! Martin s’est déguisé en Dionysos, dieu du vin. Il porte au front une large couronne de feuilles de vigne, sa robe aux multiples plis tombe, bien heureusement, jusqu’à ses pieds et ne s’arrête pas comme certaines au-dessus des genoux, offrant le spectacle de grosses jambes velues ou trop maigres mollets… d’autres ont même gardé leurs chaussettes…
Martin s’est carrément prosterné à mes pieds quand il m’a découvert en nymphe, « tu es la plus belle !  » .

Terre !! …              mais
Pendant une heure, le bateau s’est vidé. Au bout du quai, les autocars nous attendaient. Visite guidée de l’île. 
Comme d’habitude, une poignée d’irréductibles sont restés à bord, ceux là ne sont venus que pour le bateau, la mer, le jeu …
Pour échapper au troupeau des touristes, on a décidé d’emprunter d’autres chemins… envie de découvrir l’île sous un autre angle. Le paysage était magnifique, paradisiaque même .. des oliviers à perte de vue, des vignes omniprésentes et surtout cette odeur dans l’air chargée d’agrumes : citrons, oranges..
On s’est arrêté dans un petit village puis ballade dans les petites rues pavées. Bien sûr à la première échoppe je n’ai pas résisté à m’offrir un joli napperon. Une petite dame, au visage buriné par le soleil et le temps, vêtue de noir, m’a regardé avec un grand sourire. J’ai craqué !

Posté par valecrit à 17:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
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