30 mai 2009

Consigne #63

Cette semaine, nous partirons en vacances avant l'heure.
Nous vous invitons à nous offrir une page de votre
carnet de voyage.

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Partagez avec nous le récit de votre tour du monde en stop, les images de votre traversée sur désert, ou vos déboires au camping des flots bleus à Royan.
Parlez-nous donc de votre périple dans la foret amazonienne, de votre tour de la Creuse en solex, de la grande muraille de Chine ou encore de la cathédrale de Chartres ou de votre croisière à bord d'un vaisseau spatial.

Vous l'avez compris, vous êtes tout à fait libres d'inventer (ou pas!) tant que vous nous donnez à lire une ou plusieurs pages de votre carnet de voyage.

Posté par valecrit à 09:01 - - Commentaires [43] - Permalien [#]
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Petite musique dans la tête... (Stipe)

J'ai toujours une petite musique dans la tête.

Ma vie est comme une comédie musicale. Quand je parle, avec la musique ça fait comme si je chantais. Je dis "quand je parle" mais je devrais dire "quand je me parle". Je me parle qu'à moi, que dans ma tête.

Ma tête c'est là que je vis.

Maman a passé ma jeunesse à me bringuebaler chez des docteurs puis chez des spécialistes. Au début ils pensaient que j'étais muet. Mais je ne le suis pas, puisque je me parle.

Et j''ai toujours une petite musique dans la tête.

On m'a fait des tas de tests. Pour les gens j'étais débile. Puis un jour le professeur Moiron a dit que j'étais différent. Maman a bien aimé ça. Depuis elle a toujours dit "il est différent" ou "il est rêveur", "il est dans son monde". Du moment où j'ai été diagnostiqué différent, ma débilité était pas grave.

J'ai eu une scolarité normale. La seule chose qui me différenciait, mais c'est normal puisque je suis différent, c'est que parfois je loupais l'école pour aller voir le professeur Moiron.

Maman aimait bien le professeur Moiron, elle disait qu'il est sérieux. Moi je le savais con comme une barrique percée. Et j'hésitais pas à lui dire, à maman. Dans ma tête.

Il parlait gravement à maman, me tournant le dos comme unique paravent à ses inepties. Puis il se retournait vers moi avec un grand sourire et me parlait très fort, comme si j'étais débile, pour me dire que j'étais pas débile.

Mais c'est lui le débile, je suis sûr qu'il a même pas de musique dans la tête.

Moi, j'ai toujours une petite musique dans la tête.

Un jour que j'étais plus grand, ils m'ont mis en traitement. Ceux qui étaient différents c'était les infirmières vu qu'on ne se retrouve qu'entre gens différents pareil. Maman disait que j'étais mieux en traitement. Elle disait ça parce que je souriais.

Faut dire qu'on me gavait de pilules : des anti-déprimants, des euphorisants, des calmants, des dopants, des lobotomisants, des stimulants. Tous ces substituts de santé qui servaient sûrement à donner du crédit au débit du compte en banque de maman, mais qui pour de vrai s'avéraient aussi pertinents qu'un anneau gastrique chez l'anorexique.

Sauf que moi, l'anneau gastrique on me l'a posé dans la tête Du coup je vivais dans un endroit encore plus restreint, oui mais je souriais. Alors maman souriait aussi et le professeur Moiron était plus sérieux que jamais.

Mais, j'ai toujours une petite musique dans la tête.

Un jour, un professeur de la ville s'est occupé de moi. Il me parlait comme si j'étais seulement différent. Il m'a dit que j'étais comme les autres mais que je vivais dans un autre endroit. Que ma cabane était perchée hyper haut et qu'elle était pas très grande mais que le principal c'était que je sois heureux d'être dans ma cabane, même si des fois j'avais le vertige, même si des fois les murs étaient trop proches. Ce professeur là, il devait être sérieux.

Alors il a dit qu'on allait un peu arrêter les médicaments, pour voir.

Mais moi je souriais toujours.

En plus, j'ai toujours une petite musique dans la tête.

En plus, maintenant c'est toujours la même. Elle tourne en boucle.

Et en plus je l'aime pas, elle est moche. C'est un violon qui geint, un violon qui pleure parce qu'il se fait découper par l'archer.

Le violon, je trouve que c'est un instrument triste et maltraité. Un violoniste, on dirait qu'il découpe une mortadelle avec un grand couteau. Alors la mortadelle crie.

Et ma musique, elle joue de la mortadelle toujours.

C'est à cause de l'anneau dans ma tête et de mon sourire. Le violon découpe ses tranches, ma tête pleure dans sa tête mais mon visage sourit.

Le professeur sérieux a dit que j'allais mieux, même si je souriais toujours.

J'ai toujours une petite musique dans la tête.

Je suis sorti du traitement depuis quelques jours. Je souris alors la dame m'a souri.

Elle m'a dit que j'avais l'air heureux, j'ai répondu non sale poufiasse dans ma tête. Elle m'a dit oui ça se voit que je suis heureux.

Le violon crie, la mortadelle est ritournelle, le couteau découpe fort. La dame crie, la mortadelle est éternelle, le couteau découpe très fort. Maman crie, les gens crient, la mortadelle est désaccordée, l'anneau gastrique a fermé tous les volets.

J'ai toujours une petite musique dans la tête.

Les médecins ont dit débile alors le juge a dit débile.

On a posé des électrodes sur ma tête, maman m'a regardé en pleurant, pourtant je souriais.

Un grand larsen a crié chez moi, toutes les fenêtres ont volé en éclat, la porte a explosé et ma vie est sortie par le sang de mon nez.

La petite musique dans la tête s'est arrêtée.

Posté par Old_Papistache à 07:01 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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La mélodie du bonheur (Pandora)

Des regards qui s’échangent
Des sourires qui se croisent
Les timides s’apprivoisent
Avant de faire connaissance

La rencontre est magique
C’est comme une évidence
Ils se prennent par la main
A deux on est plus fort

Il aime son rire
De fée, clochette
Lumineux et sonore
Qui tinte pour lui

Elle aime son rire
D’enfant, joyeux
Léger et contagieux
Qui chante pour elle

Mais à la nuit tombée
C’est en silence qu’ils s’aiment
Pour guetter les doux battements
De leur amour. De leur enfant

Posté par Old_Papistache à 07:01 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
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