Une onde.
Une onde de choc.
Une pulsation.
Un nerf. Un muscle. Je ne sais quoi. Qui vibre.
Et qui ne vibrait pas. Depuis si longtemps qu’elle a oublié que ça bougeait, avant. Quand elle était petite. Quand elle avait l’âge des boites à musique et des rêves qui tournent.
Un sillon. Une ombre creusée. Une ligne marquée.
Et son cœur qui saute.
Et son cœur qui explose.
D’émotion indicible.
Même pas une joie.
Une onde. Une onde de choc.
Qu’elle n’attendait pas.
Qu’elle croyait perdue. Enfouie dans ses espoirs tués.
Le reflet d’elle qui se dessine. Autre.
L’impossible qui gagne.
Les frémissements qu’elle sentait. Qu’elle savait. Qu’elle a laissés au creux de leurs certitudes.
Son visage enfermé dans la boîte à musique.
Et la danseuse qui se remet à danser. La vie qui calligraphie.
Sur sa joue droite, la commissure des lèvres comme une fossette.
Sur son front, trois plis esquissés, pour une suite à la partie gauche.
Une ombre fugitive. Et pleine.
Des larmes en battements.
Parce qu’elle se souvient. De sa moitié de visage, figée.  Du courant électrique dans ce nerf facial. Qui faisait mal et la condamnait. La musique chuchotait trop bas. On ne voyait que le silence.
Une onde.
Un espoir fou. Comme un galet dans un lac.
La peur aussi.
Le presque trop.
La boîte à musique qui l’affole. Les rêves qui tournent.
Peut-être qu’elle enfermera les douleurs. Une partie.
Peut-être que…
Un nerf, un muscle. Qui se dé-paralysent. Jusqu’où ?
Une onde en question.
Une pulsation.