28 mars 2009

Ont déjà cartooné

MAP ; Joye ; Zigmund ; Vegas sur sarthe ; rsylvie ; Virgibri ; Plume Dame ; Val ; Tiphaine ; Papistache ; Akel ; Caro Carito ; Cinderela ; Joe Krapov ;

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Consigne # 54

Cette consigne nous a été proposée par Cartoonita.

Dans la rue c'est décousu

Aujourd'hui, j'avais amené mes oreilles dans la rue, les transports en commun et les magasins et la récolte a été bonne : une pleine brassée de bouts de dialogue. Piochez-en une bonne poignée, tressez-les ensemble et faites-nous rêver, pleurer, rire, frissonner ou tout ce que vous voulez.
Trop facile ? N'en supprimez qu'une poignée ou pire gardez les tous !


Les fragments religieusement notés :


- de toute façon on se voit là-bas
- mon sèche cheveux m'a lâché ce matin, je sais pas comment je vais faire
- ah oui, l'excuse
- vas-y bébé, vite !
- faut valider valider valider
- il doit galérer 2 heures
- j'étais choqué(e) aussi
- c'est mieux qu'aux répétitions la DS (déesse?)
- il fait sec là il fait froid
- il est parti au cinéma avec sa copine
- il m'a tuée de rire au moins 4 heures
- ah ben c'est ça
- c'est des choses auxquelles il faut penser
- faut pas l'inviter celle-là
- oh ça y est bon ben j'm'en vais
- y'a un fournisseur et un (rires) et un client
- je sais pas si elle les a regardé(e)s
- c'est quoi ces trucs
- ...je maîtrise pas mais je maîtrise mieux que la finance
- tu es parti(e) 3 mois
- ah oui effectivement je pensais que c'était plus clair que ça
- ben nan genre ya ça tu vois
- ça a foiré parce que...
- ... va à l'école...
- putain ça va pas quoi
- maman moi...
- je suis vénère parce que je croyais que c'était neuf (9?)
- tu savais pas ?


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Défi 53 (Cinderela)

Depuis que l'on est rentré de vacances, Chat-Limar n'a pas l'air d'aller bien. Ca ressemble à une bonne vieille déprime, en pire.
J'ai essayé de lui parler :
- Ben alors mon chat, qu'est-ce qui ne va pas ?
- Tout !
- Tu as envie de faire quelque chose ?
- Rien...

Nous voilà bien avancé. En désespoir de cause, je l'ai emmené chez le vétérinaire. Quand j'ai récupéré le chat, je lui ai demandé ce qui n'allait pas (au véto, pas au chat). L'homme de l'art a pris un air docte, a chaussé ses lunettes et m'a dit :
- C'est une grossesse nerveuse.
- Chez un mâle ??????

Ca alors, je savais que la science faisait des progrès, mais pas à ce point. Il se trouve qu'un charmant vieux monsieur qui habite plus haut dans ma rue se trouve être psychologue à la retraite. Je lui ai donc expliqué mon problème et il a accepté d'ausculter mon chat.

Voici le récit par le minet contrarié :
- Alors il m'a dit : inchtallez vous ichi et détendez-vous. Il m'a demandé de m'imachiner dans un chendroit confortable.
- Le jardin ?
- Non
la couette. Et de choichir mon chactivité préférée.
- Dormir.
- Nan, MANGER !!!!
- Et ?
- Il m'a demandé de lui raconter un chouvenir particulièrement plaisant...
- Les chuchettes à la chouris ?
- Che chais même plus quel goût cha a depuis que TU M'AS MIS AU REGIME !!!!! (sanglots déchirants)
- En même temps, euh, là tout de suite, impromptu, je reviens juste de chez le marchand avec un énorme sac de chuchettes à la chouris, tu en veux une ? A la réflexion, prends-en plutôt deux ! Tiens, et une troisième pour la route...

Ndlr : avant que l'on m'accuse d'être une mère à chat indigne, je tiens à préciser que Chat-Limar, qui devrait faire dans les 4 kg max vue sa taille, s'approche allègrement des 6 kg. Mais oui. Ceci expliquant le régime...

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Samedi dernier (Cartoonita)

Une fête. Un hommage. Pour célébrer sa première bougie. Une fête. Sa fête. Ils s’attendaient à quoi ? Un poème ? Une chanson, « Y’a la Joye. Bonjour, bonjour Val et Kloëlle. Y’a la Joye ? » Nan, alors là, rien de tout cela.

Je lui ai fait sa fête. Ben ouais quoi, ça suffit. J’avais pas que ça à foutre les week-ends. Fallait le supprimer ce blog. Une secte ! Oui, une secte que c’était. Je voulais retrouver ma liberté. Et briser les fers de tous mes compagnons d’infortune, eux-aussi opprimés par ces défis. Je dis que c’était folie de rester enchainés plus longtemps. Bien sûr, ils m’en veulent. Leurs paupières n’sont pas encore désilées à ces esclaves volontaires. Lorsque j’ai agi et mis un terme à cette tyrannie, leur nombre ne cessait d’augmenter, aux « participants », comme ils aimaient les nommer. C’était effrayant, une armée de samediens-défieurs étaient en train de se former. Ils embrigadaient en France, Navarre, Gelbik, … partout, même en Iowie. Le gang des quatre. A terme, il y avait risque de dictature totalitaire, bientôt il aurait été obligatoire d’être samedien. Ils prenaient pas garde ces idiots, ils voyaient rien ! Alors il fallait que cela cesse, je lui ai fait sa fête au blog… Un jour on me remerciera !

Un feu d’artifice final. Ça a giclé, des octets partout. Je leur ai fait misère. Après le site, à la nuit noire, ça a été la fête des « admins », surtout les deux mères fondatrices… Ah ces deux-là ! Noméo, quelle idée d’instaurer cette dictature de l’écriture ! Elles l’ont bien mérité, l’ont bien cherché. Elles ressemblaient à plus rien après j’dois dire. Vous connaissez la recette de la chair à saucisse ? Non ? Moi oui. Voila. Finito. Le défi du samedi, y’a plus ! Je vous ai tout dit. Je lui ai fait sa fête, docteur.

Ça schlingue dans cette piaule… Vous avez fumé du chichon ou quoi ? Pas très confortable votre futon, au fait. Et c’est quoi ce barbu en photo partout dans la pièce ?

Bon, c’est à votre tour de causer. C’est bon, vous m’avez écoutée ? Vous avez bien vue que je suis folle. Folle à lier. Pas avec des foulards en soie dans une chambre éclairée aux bougies. Mais folle à lier, à lier de chez à lier, avec la camisole de force, la camisole chimique, la totale. Alors, c’est bon ? J’ai le droit à l’irresponsabilité pénale, einh ? C’est ça doc, pas de zonzon pour ceux qu’ont plus leur raison ? Et puis, à propos, dites-moi, on a accès à Internet dans les H.P. au moins ? Faut pas déconner ! Sans ma dose de Web, j’en aurais bien de la peine car je vais être enfermée pour longtemps.

Eh oh, j’vous parle. Vous pouvez au moins répondre à ma question !! Elle va pas s’envoler, vous pouvez lever deux minutes le nez de votre grille de mots croisés !!


Merde, le con, il est s’est endormi.


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"N'oubliez pas de me rendre ce sourire" (Alice)


Je suis allongée dans la prairie. Le soleil grignote doucement chaque parcelle de mon corps et de petits insectes essaient timidement de le parcourir. Je voudrais bien les chasser, mais il faudrait bouger et je n’en ai pas envie. Les brins d'herbe chatouillent mon ventre, je crois que je n'ai jamais été aussi bien.


Il est à côté de moi, il me regarde, je le sais mais ma tête dit bonjour aux fourmis. Les feuilles des arbres bruissent timidement.


Au loin, j'entends le bruit de la route


Loin, très loin...

 

Nous avons pris les chemins buissonniers.


Nous avons roulé jusqu'au bout du chemin, et marché jusqu'à nous perdre.


Il s'est assis sur un bout de la couverture et il a regardé le paysage d'un air un peu gêné.

 

J'ai souri de sa timidité et j'ai enlevé ma robe. C'était la première fois qu'il me voyait nue et je n'avais pas peur de son regard. Je me suis déshabillée comme la fleur s'ouvre le matin à la rosée sans pudeur, sans crainte, et j'ai attendu que le soleil vienne m'embrasser.

 

Le soleil n'a pas résisté.


Il m'a embrasée...

 

Éblouie, j'ai fermé les yeux quand ses doigts de feu se sont posés sur mon ventre. C'était doux et brulant à la fois.  Ses mains ont frôlé mon bassin, lentement, comme une torture délicieuse.  Il a posé sa bouche sur la pointe de mes seins et c'était comme si enfin il pouvait boire à mon âme.

 

Je ne sais dire comment le soleil fait l'amour.


Je sais ses mains de feu, sa bouche assoiffée et  son corps brûlant qui enveloppait le mien.

Un instant, j'ai cessé d'exister parce que la vie meurt à approcher de trop près ce qui la nourrit.

 

    Un instant, j'ai cessé d'exister et mon corps tout entier a oublié qu'il était corps et âme aussi.

 

Une brindille dans une prairie, un fétu de paille emporté par le vent de l'été...

 

Le soleil m'a regardé jouir et il a souri.


Je ne sais pas dire le sourire du soleil mais je sais qu'il est resté en moi.

 

Alors, monsieur, quand vous me verrez pleurer parce que le monde est cruel, quand vous me ferez une belle ordonnance remplie de petites pilules qui font voir la vie en rose, n'oubliez pas de me rendre ce sourire.

 

Sans quoi ma vie n'est plus nourrie.

Sans quoi la vie n'est plus la vie.


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La chambre (Caro Carito)

Je me sens mal à l’aise chez ce psy. Je ne les aime pas de manière générale. Leur retenue glacée m’effraie. Il me demande un moment heureux. Ce ton tranquille me ramène au temps du collège, à cette prof de français détestée. Elle aussi avec la même tranquille assurance. Elle aussi nous demandait de nous dépouiller de notre intimité. Il nous fallait coucher sur le papier – quatre pages minimum -  des extraits de nos vies, des sentiments, des impressions. Tout ça pour inscrire une mauvaise note bien en vue, surlignée de rouge, au bas de la copie.

Il répète la question, je ne réponds toujours pas. Je jette un coup d’œil alentour pour prendre contact avec la chambre inconnue. Le canapé est recouvert d’un frais liberty et la fenêtre s’ouvre sur un jardin. J’aperçois les corolles rosées d’un cerisier et un merle qui se balance avant de plonger dans le vide. Sur le mur crème, deux ou trois estampes japonaises et une photographie en noir et blanc, un garçonnet sur le chemin de l’école. Un souvenir agréable ? C’est si simple en fait…

 

Tu es trop grand maintenant, je vais te couper… Il enfouit sa bouille ronde dans mon cou et s’arrache à mes bras. J’aimerais t’enlever quelques années. Je regarde s’éloigner la silhouette emmitouflée dans le caban bleu marine qu’une amie a prêté et qui lui va si bien. Un dernier signe de la main avant que la voiture des grands-parents ne disparaisse.


J’attrape l’un des doubles du doudou originel qui traîne dans l’entrée et gravis les escaliers. Sa chambre se trouve à gauche, au bout du couloir. La couette est roulée en boule comme toujours. Je serre contre moi l’oreiller Barbapapa et ne peux m’empêcher de le porter à mon visage. Son odeur d’enfant est restée là, incrustée dans les replis de coton.


Je m’allonge sur le lit en chien de fusil et je ferme les yeux. Je viens de fermer le livre d’images. Les volets sont clos. Nous nous pelotonnons l’un contre l’autre. Je chantonne. Toujours cette même comptine. Les notes se taisent dans le calme de l’après-midi. J’entends son souffle, je compte ses soupirs. Déjà le sommeil m’entraîne dans le paradis accueillant des rêves. Juste une minute, savourer mon tout petit.

 

Au loin, j’entends une voix étrangère qui me demande à nouveau : un moment heureux ? Je n’ai toujours pas appris à répondre. Et puis, tout se mêle : hier, demain, aujourd’hui. Le  désir de la fillette, de la jeune femme. D’une vieille dame au seuil de sa vie aussi, silhouette fragile qui se dessine le long de mes jours. Avec ce besoin inchangé de respirer encore une dernière fois, l’odeur de sommeil de mes brigands.  Jusqu’au bout.

 

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La dernière séance (Joe Krapov)

 Mon épouse m’a dit que je ne devrais pas raconter ça. Bien sûr elle a raison. Les jolies femmes ont toujours raison. Mais en même temps, quand on va chez le psy, c’est bien pour accoucher de quelque chose, non ? La psychanalyse, c’est un accouchement qui dure plus de neuf mois. Sans forceps et au tarif de 500 francs la séance à l’époque, on comprend que certaines libérations soient longues à venir.

Il était donc une fois un psychanalyste parisien chez qui moi, Jean-François Lejolusse, je me rendais depuis un certain temps déjà. Tout allait bien : je commençais à m’habituer aux silences du praticien, à ses questionnements insidieux et surtout à son divan moelleux. Je me sentais un peu comme madame Récamier dans ce canapé, mais une madame Récamier en bois de cercueil, comme dans le tableau de René Magritte.

Ce jour-là, comme je lui avait raconté un rêve de ciseaux, il m’avait demandé de lui évoquer un endroit agréable où j’aimais à me rendre, où je me sentais bien, où tout ce qui se passait était bon. A l’époque, je n’étais bien nulle part et tout ce qui se passait autour de moi, pour ainsi dire, ne me concernait pas. J’étais là sans y être tout en y étant. Je faisais souvent par exemple le rêve du pyjama et des pantoufles. C’est une journée normale, vous prenez le chemin de l’école ou du travail et quand vous arrivez dans la classe ou au bureau vous vous apercevez que tout le monde est habillé normalement alors que vous êtes en pyjama et en pantoufles.

Finalement, en cherchant bien, je trouvai le biais pour satisfaire mon Siegmund. Il y avait un autre endroit comme ça dans la réalité où le fait de se trouver vêtu de manière différente amenait un certain malaise bientôt suivi d’une sorte de bien-être passager, voire d’une déliquescence proche de la béatitude. Un moment de bonheur trimestriel où le fait d’être mêlé à un autre groupe d’hommes de tous les âges ne générait aucune angoisse. Une espèce de sport rituel qu’on pratiquait depuis l’enfance. On nous y avait initié en nous accompagnant, en nous aidant à prendre place sur le fauteuil de bois pour devenir aussi grand que l’officiant. Et puis, en grandissant, on y allait tout seul, arrivant rarement le premier même à l’heure de l’ouverture. Du coup on attendait parmi les rois et présidents de républiques, les actrices de cinéma, les dessins humoristiques et les joueurs de football. On feuilletait « Marie Splatch », on regardait le merlan frire ou plutôt faire, et puis bientôt c’était notre tour. Le coiffeur tendait la blouse de nylon vert amande, bleu ciel ou même rose pâle, on y enfilait les bras comme un condamné tend ses mains aux menottes et puis on s’installait sur la chaise électrique.

Tout le public présent assistait à l’exécution, entendait vos dernières volontés.

- Pas trop court !

Intérieurement vous ajoutiez : « … qu’au moins maman me reconnaisse ! »

- Bien dégagé sur les oreilles ! « … et sur la queue, comme prient les taureaux aux arènes espagnoles. »

- Les pattes à mi-hauteur ! » « … sous entendu d’oreille » et les ciseaux démarraient leur fandango.

Chute des tifs et « chut ! » des substantifs. Pas question que je pipe mot à ce mâchouilleur de vieux mégots. Est-ce que ça existe encore les Gitanes maïs ? Et l’eau de Cologne du Mont Saint-Michel ? Et les grands miroirs dans lesquels on peut voir les autres clients qui attendent, ceux avec lesquels le garçon-coiffeur fait la causette puisque vous ne daignez pas discuter avec lui des résultats du dernier match du P.S.G., de l’augmentation du coût de la vie, de votre travail ou de vos études. A vrai dire, ces deux derniers points, le coiffeur s’en fout. Votre goût immodéré pour la lecture, la « grande » musique, le théâtre, vous avez bien fait de le laisser dans la poche droite de votre manteau. Ici la conversation sent bon le concierge voire le ragot de quartier. Déjà, vos lunettes vous ont trahi. Si jeune et déjà intello…

- C’est intéressant ! commenta le psy. Continuez dans cette voie-là ! »

Remarquez, à Paris, le coiffeur de la rue Chabanais, il a dû passer toute sa vie à en remettre sur le nez de ses clients, des lunettes : toute la Bibliothèque nationale venait se faire coiffer chez lui ! Bon, à l’époque, tout comme aujourd’hui, il y avait surtout des dames à chignon dans cette noble institution, mais la rue de Richelieu, entre la Bourse et l’Opéra, et les vieux messieurs qui avaient connu d’autres dames dans cette même rue Chabanais… Est-ce qu’il avait imaginé qu’il atterrirait un jour ici, le Pied-noir d’Oran aux fines moustaches, aux gestes distingués, aux doigts boudinés et doucereux, à l’accent de « Po po po dis » parfaitement similaire à celui d’Enrico Macias quand Paris l’avait pris dans ses bras ? Allez savoir !

Des moments en dehors du temps. Tout s’arrête et l’on n’entend plus que le bourdonnement régulier de la tondeuse électrique.

Plus tôt, il y avait eu les cosmonautes. J’habitais encore en province. Le salon, sur une petite place bordée de platanes, était tenu par elle et lui, la femme et le mari, tous deux revêtus « à la Bogdanoff » de combinaisons blanches brillantes. Je n’y suis pas resté longtemps, même si c’était bon de sentir aussi près de soi un corps de femme qui s’agitait rien que pour vous. Mais bon, peigne et ciseaux en main, ça limite les épanchements et le mari tout près et pas de placard où se cacher, ça craignait pour les émois quand même. Surtout, je n’ai pas aimé qu’elle me demandât, comme ça, la deuxième fois, ma date de naissance. Ca ne se fait pas de demander ces renseignements-là à un jeune homme ! En fait, c’était pour calculer mes biorythmes. N’importe quoi ! J’ai changé de coiffeur, je suis allé chez Jean-Marc, comme tout le monde !

C’était marrant ! D’évoquer auprès du psy posté derrière mon crâne le moment dangereux où le rasoir attaque les petits poils au bas de la nuque, sous les pattes ou au-dessus de l’oreille fraîchement dégagée, ça me faisait presque autant de bien que lorsque je m’étais mis à accepter le shampooing avant la coupe ! Le fauteuil qui pivote, bascule en arrière, l’eau chaude, les doigts qui vous massent les cheveux tandis que vous fixez du regard le plafond en écoutant la soupe de Cherry FM sur la radio du moustachu qui ne lit et donne à lire que France Football !

- Je vous fais une friction ? »

- Non, merci. Ce n’est pas la peine ! »

A vrai dire, je ne saurai jamais ce que c’est qu’une friction. Je refusais les surplus, de peur qu’ils ne soient facturés en supplément au moment de payer.

Et je ne saurai jamais si le psychanalyste était à même de me guérir de ce dont je souffrais : quand je m’étais rendu compte que ce… dégénéré me caressait les cheveux, alors que je dégoisais sur son divan, je n’avais fait ni une ni deux. Je l’avais planté là et j’étais parti en claquant la porte, sans le payer. Lui, de sa voix efféminée, bredouillait encore des choses du genre : « Vous savez, Jean-François, il n’y pas que les garçons-coiffeurs à vous trouver du charme. Moi-même, si vous vouliez… ».

***

Je n’ai renoué avec la psychanalyse que bien plus tard, au moment de mon mariage avec madame Lapsi. Madame Lapsi est une psy. Ce que j’apprécie, chez mon épouse, c’est qu’elle se mêle très peu de ce que j’écris ici ou là. D’autre part elle m’a guéri de ma pingrerie d’une façon abrupte mais efficace : c’est elle qui s’occupe de toutes les questions d’argent à la maison. Enfin, elle m’a fait découvrir le nirvana suprême. Je n’ai plus besoin d’aller dépenser des sous chez le coiffeur ou chez un monsieur Siegmund : c’est elle qui me coupe les cheveux désormais et m’écoute raconter ma vie.







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Petit matin gravé (Tilu)

8H

Juillet

Soleil d’été

Petit vent léger

Attente

Grand espace vide

Route qui vient

Attente

Cœur qui bat fort...

Petit point à l’horizon

Question :

C’est lui ?

Cœur qui bat fort...

Petit point qui grossit

Qui se rapproche

Nœud dans le ventre

Cœur qui bat fort...

Chemise au vent

Sur son vélo

Sourire soleil

Yeux mordorés

Aigues marines

Cœur qui bat fort...

Mots échangés

Mais superflus

Joues effleurées

Regards croisés

Temps suspendu…

Cœur arrêté

……

Premier baiser…

Douceur exquise…

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Son p0v’e mari qui s’doute de rin (rsylvie)

Quand je vais chez le psy, je n’ai pas besoin de beaucoup d’artifices pour me sentir bien. Car, la main qui m’accueille est tellement chaleureuse que je suis déjà toute apprivoisée. Le « bonjour Sylvie » est si tendre et sincère, que je me blottirais entière dans la douceur de ses yeux.

Quelques pas de plus, et je suis dans une petite pièce assez impersonnelle, où vous attendent 3 gros fauteuils de velours bleuté. D’une apparente sérénité, que je m’y love avec gourmandise, en prenant soin de vivre? pleinement chacune de mes sensations. Et là, confortablement installée, je confie ma vie…Et j’y suis bien.

-« On m’l’avait dit,,, mais j’le croyais poâ » !
-« Elle est maboule de la citrouille ».
-« Elle consulte » !

-« Moi j’crois qu’elle est amoureuse... Son p0v’e mari qui s’doute de rin » !

Quand je vais chez m’ameBoul, je suis tout de suite dans la ZenAttitude. La pièce aux lumières tamisées respire la magie des parfums de l’orient. Et la fontaine d’eau de pluie, égraine goutte à goutte les secondes de quiétude volées à la course du temps ! Nue sous l’éponge orangée, ma peau s’offre aux biens faits d’un massage aux huiles essentielles. Petit à petit, mon esprit se détache de mon corps pour courir sur les plaines sauvages de mon imagination. Et je quitte ce monde matériel, pour devenir petite poussière qui virevolte aux rythmes de la mélodie…. Et je suis bien

-« On m’l’avait dit qu’y s’passait des choses louches lâ-bas…. Mais j’le croyais pôa » !

-« E’ dit qu’elle a mal partout ».

-« Drôle de r’bouteuse c’te M’ameBoul »!

-« Moi j’crois qu’elle aime les femmes … Son p0v’e mari qui s’doute de rin » !

Quand je prends rendez-vous pour une coupe, je sais déjà que le résultat ne sera pas à la hauteur de mes espérances. C’est ainsi à chaque fois que je sorts du salon. Mais je sais qu’au moins j’aurai, en plus d’un carré bien coupé, un instant de plaisir entre les 10 doigts de la shampouineuse. Impatiente sur mon fauteuil, je me prêterai volontiers aux parlottes de bienvenue et aux patatis et patatas,,,, car bientôt tout cela cessera, dés que je sentirai un filet d’eau glisser de ma tête vers la nuque. Et que par la suite, j’offrirai ma chevelure aux milles petites caresses actives qui la parcourront de long en large, et de haut en bas. Les yeux fermés je profiterai pleinement de cet instant de détente. Plus rien n’aura d’importance…. Je suis bien.

-« Moi j’prèfére la faire v’nir à domicile !

-« Comme ça vot’Maurice y peut veiller qu’é prend rin pendant qu’z'avez l’dos tourné !.

-«Bin vrai ! L’a quand même de drôle de mœurs dame Roulleaux…

-" c’est une jouisseuse » ! 

-« Et son p0vre mari qui s’doute de rin » !
……KD G H BJ…..
-« Hé Georgette, vous pensez qu’m’ame Roulleaux  elle pourrait … »
-« Enfin Raymonde, vous z’y pensez pâ !
et pi votre Maurice qu’est-qui dirait d’tout ça,  hein »?
-« ben rin,,,,,,,
-«  Raymonde, à quoi qu’vous pensez don‘ ?
-« Ben, à c’p0v’ mari qu’est tout seul…  » !

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Petit-déj, enfance et psychanalyse (Captaine Lili)

Sur le divan, paupières closes, je divague.

Mon vague à l’âme se dissout dans le sifflement de la bouilloire rouge.

L’eau bout, posée sur la vieille cuisinière à bois qui ronronne, qui s’essouffle, qui crache, qui gémit.

La chaleur valse avec les courants d’air clandestins, insinués entre les mauvaises planches du chalet. Et ce n’est pas grave.

L’odeur âcre, de poussière et de bois humide, me grise.

Sur la toile cirée rouge de deux grandes tables, des vases improvisés pour des brassées jaunes de coucous.

Le plancher craque. Les bûches éclatent. La bouilloire chante.

Je sais que tout près, il y a le grand champ à roulades, la forêt, la rivière.

Sur le divan, paupières closes, je joue à la bataille de peluches et je peux toucher le toit avec mes pieds.

Le volet est percé d’un sapin.

« Oui, docteur, vous disiez ? Vous n’êtes pas là pour les images ricoré ? Vous voulez du drame, de la tragédie, des lapsus révélateurs, de l’inconscient croustillant ? Là, ça fait trop cliché de bonheur ? Ah ben je crois que vous vous êtes trompée de patiente… Comment ? Le salon détente, c’est la porte à côté ? Oh pardon… je me disais bien qu’avec votre tête de vieux grincheux… »

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