que vois-je croustiller, là, juste à la surface
de cette déflorée naguère virginale
qu'une ombre liquéfiée, coulante et dégueulasse
aura bien mise à mal à force de moitir
et avant de sécher ?

ma feuille, confidente où j'aime à l'ordinaire
imprimer mon carné, seul dans ces sanitaires,
tu fais bien triste mine

pour t'ainsi maculer, il faut un cœur de pierre
l'âme en acier trempé et l'esprit mortifère
que plus rien n'ébousine

j'ai tenté de licher cette croustade abrupte
ma langue aurait fini tarmacadamisée
pour peu, on m'eût prêté le goût pour la turlute
qu'ont d'autres audacieux sur l'aire de Carpiquet

je n'ai pour le goudron vraiment pas d'appétit
et ces grossiers boudins à tes bords godronnés
n'ont pas l'heur de me plaire, oh! le vilain gâchis
tu n'es pas de ces feuilles que l'on peut drageonner!

misère! misère!

je me tue la gamberge à trop me demander
quel idiot plaisantin a pu folichonner
sur ton pli de la sorte ?

et je n'ai alentour personne à rameuter
je ne suis pas de ceux sachant bolchéviser
sur le pas de la porte.

l'acte est aussi absurde et vain que le dessin
abstrait, obscur, abscons, stérile et hermétique
n'évoque rien pour moi que de très pathétique
d'où que j'aille fouiller mon cerveau reptilien.

je suis un terre-à-terre et ne sais vétiller
comme sur la frontière un ancien cardinal
le fit raillant l'armée de Monsieur de Turenne

si je tente un bon mot, on vient me titiller
tout au long du repas, du radis au Cantal
je ne suis pas au self de ceux qui la ramènent.

je ne suis pas violent, mais pourrais houssiner
celui qui s'en est pris à mon très cher feuillet
car c'était le dernier qui se puisse oringuer
en ce lieu où je suis entré en grande presse

me voici croupionnant les parois rudentées
et lustrant cet émail que je fais japonner
car je ne puis issir de ces commodités
sans m'être proprement warranté l'entre-fesse,

merde !

et merde, tiens ! qu’ils aillent se faire ziber…