Mon amour aux ailes coupées,
Tu es parti là-bas, au pays de la raison.
Je me souviens du bateau qui s’éloigne doucement.
Je suis sur la rive de la passion avec ma valise.
Je te regarde sans comprendre.
J’ai couru vers toi, je t’ai hurlé de revenir, comme dans les mauvais films.
Je t’ai lancé une pelote de laine rouge, tu l’as attrapée, je tenais l’autre bout, très fort.
Et le fil se dévidait à mesure que ta silhouette s’éloignait.
Plus rien.
Un fil à la surface de l’eau.
Un sillage rouge.
Tu m’as écrit : « je reste troublé de notre rencontre ».
Comme cette eau.
Mais l’eau redevient lisse quand le bateau est parti…
En moi, elle fait des ondes à l’infini.
Mon amour aux ailes coupées,
Tu es parti là-bas, au pays de la raison.
Ton cœur est resté dans ma valise.