Quand le directeur du musée de Seebüll est venu jusqu’à moi avec son beau sourire dentifrice pour m’annoncer dans un français impeccable que j’avais le droit d’emporter un tableau, j’ai cru qu’il plaisantait tout d’abord.

Mais non…

Un reporter de DR1 filmait la scène avec enthousiasme, j’allais passer aux infos du soir, l’événement était de taille…

Emporter un tableau de mon peintre préféré, j’avais l’embarras du choix…

Mais non…

J’ai répondu dans un danois que je croyais impeccable, histoire de lui montrer mon agacement dans un langage que des milliers de téléspectateurs seraient en mesure de comprendre : « Nej ! Jeg ønsker ikke at tage en tabel i mig! ». Non, je ne veux pas emporter de tableau chez moi…

Ils m’ont regardée, désappointés. Ils se faisaient déjà une joie de ma joie, ils l’avaient imaginé, eux, le beau tableau que cela ferait, la petite française qui repart de la fondation Nolde avec une œuvre sous le bras…

J’ai refusé.

Je suis repartie, mais j’ai eu le temps de prendre ça :

nolde



La photo est chez moi.

Le tableau continue de s’offrir à tous les regards.

PS : Si vous passez à Paris au grand palais entre le 25 septembre 2008 et le 19 janvier 2009 ou si vous patientez un peu et allez à Montpellier au musée Fabre du 7 février au 24 mai 2009, vous aussi vous aurez le bonheur de rencontrer le frère et la sœur mais aussi l’enfant et l’oiseau, la vie du christ, le soleil des tropiques, la femme en hiver, les deux diables, les nuages d’été